SYMPTÔMES DE LA FIÈVRE TYPHOÏDE PROPREMENT DITE
Cette maladie éclate brusquementsans prodromes visibles. Il y a cependant un prodrome palpable c’est l’hyperthermie qui se manifeste déjà deux jours avant l'apparition du facies typhique. Nous reviendrons plus loin sur ce point important quand nous traiterons du traitement prophylactique.
Brusquement le malade présente 3 symptômes :
Une stupéfaction profonde,
Une forte hyperthermie.
Une coloration rouge brique ou capucine ou violacée des muqueuses.
STUPÉFACTION. — « Les animaux semblent être soumis à l’action d’un narcotique puissant » (Cadéac). La tête est basse, appuyée sur la mangeoire ou encore l’animal se tient à bout de longe. L'animal très faible par conséquent ne se couche pas. L’un des deux membres postérieurs est toujours en flexion. La démarche indique une grande atonie musculaire. Elle est malassurée, traînante. Les animaux chancellent, titubent, ne réagissent plus vis-à-vis de l'excitation du fouet. D’après Trasbot ces signes sont d'autant plus accusés que ces animaux étaient précédemment plus sensibles et plus énergiques, ce qui semble approuver l’adage bien connu. « Chacun a son mal à la force de son tempérament.
Le rein est absolument raide au pincement. Les prati-
ciens de jadis accordaient à ce sytiptôme une grande vas leur au point de vue pronostic, La souplesse du rein était le baromètre de la résistance. Tout en reconnaissant à ce signe une réelle valeur, je pense qu'il ne faut pas être trop exclusif. J'ai remarqué que beaucoup de chevaux typhiques ne réagissaient pas au pincement lombaire au début des fièvres typhoïdes et ils ont guéri fort bien dans la suite.
HYPERTHERMIE. — Elle commence à se manifester pendant les quarante-huit heures qui précèdent le moment précis où le cheval se révèle malade à son entourage. Vingtquatre heures avant ce moment, il a en moyenne 40°. Le premier jour la température est souvent de 4005, 410, 4105. Elle se maintient à son maximum pendant plusieurs jours, puis dans les cas heureux, elle décroît très vite et disparait rapidement.
TROUBLES OCULAIRES, — La muqueuse oculaire et 1 corps clignotant sont de couleur rouge brique, capucine ou violacée. Parfois la muqueuse oculaire est œdématiée et présente un bourrelet rouge jaunâtre qui déborde les paupières.
La sclérotique est parfois Jaunâtre formant un anneau grisâtre autour de la cornée (Cadéac). Au début la cornée est onctueuse ; elle devient bleuâtre ou laiteuse.
EC l’on peut assister à des troubles divers qui frappent l'iris l'humeur aqueuse.
Il y a parfois des lésions qui simulent celles de la fluxion périodique. Il y a photophobie larmoiement ; les paupières sont à demi fermées. Les deux yeux ne SonL pas toujours atteints au même degré. D’après Nieder quand les poumons sont malades, l'œil qui présente les troubles les plus accusés se trouve du même côté que le poumon le plus malade. Un fait correspondant existe paraît-il en médecine humaine : la pommette du malade est plus rouge du côté où le poumon est le plus atbeint,
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À pt, | Dee
Taousits Catontoues, — La péau du tronc et des pat Lies supérieures des niembres est chaude, par contre la peau des oreilleset des extrémités des membres est souvent froïde.
TRouBLEs Dicestirs. — L'appétit est complètement supprimé, La muqueuse buccale est chaude sèche foncée et il existe un liseré violet de 3 millimètres de large bordant les incisives. La muqueuse linguale est souvent recouverte d’un enduit grisâtre, Parfois il existe des coliques.
Au début il existe de la constipation comme dans tous les états fébriles accusés. Les crottins sont secs, recouverts d’un léger mucus ét dégagent souvent une odeur infecte,
TROUBLES RÉNAUX. — Les urines sont plutôt rares, à réaction acide püisque l'animal vit à même ses réserves pendant plusieurs jours. Elle renferme parfois des pigments biliaires de l’albumine et aussi des cylindres épithéliaux qui signalent alors l’existence de la néphrite.
TROUBLES CIRCULATOIRES. — L'appareil circulatoire est souvent le siège de troubles marqués. Au cours de certaines typhoïdes la toxine Cyphique présente une réelle prédilection pour le muscle cardiaque. Le nombre des pulsations peut-être augmenté et atteindre 90, 100, 120. Dans ce cas l’on peut supposer que ce sont le système nerveux intrinsèque du cœur ou les centres modérateurs bulbaires qui sont intoxiqués par le virus typhique. Mais il existe parfois des modalités inattendues et il n’y a pas concordance au cours de certaines épisooties entre le nombre des battements et l'hyperthermie. ,
TROUBLES DU SANG. — Sur ce point également il n’y a rien de fixe suivant les épizooties il y a diminution ou excès de la coagubilité. |
Dans les cas foudroyants à allure seplicémique 1l y a disparition de la coagubilité.
TROUBLES RESPIRATOIRES, — Légers sauf complications secondaires,
ses DD me
Complications possibles
Elles peuvent être dues d'après Coquot et Basset à des localisations spéciales de la maladie dues à sa gravité particulière. D’après Cadéac elles seraient dues à des infections secondaires qui se surajouteraient à la fièvre typhoïde.
Ces deux facons de voir sont probablement justes. Tout dépend de la variété d’épizootie qui est en jeu.
Quoiqu'il en soit les principales complications sont :
LA FourBüRrEe. — Elle atteint souvent les membres postérieurs. Elle peut se déclarer d'emblée ou passer à l’état chronique.
La MyocarDpiTE. — Elle peut apparaître avec tout son cortège d’intermittences et d’inégalité en force des battements.
LES ŒDÈMESs. — Dus au ralentissement de la circulation. Ils sont par conséquent froids et insensibles et apparaissent en divers points, ventre fourreau poitrail, membres postérieurs,. FA
COMPLICATIONS INTESTINALES. — Parfois très accusées ; elles consistent surtout en une diarrhée intense, parfois très difficile à combattre et qui conduit rapidement les animaux à l'épuisement et à la mort |
COMPLICATIONS NERVEUSES.— Diverses : Il y a des vertiges et MM. Coquot et Moussu ont vu des convulsions épileptiformes avec pirouettement des yeux dans les orbites. On peut constater la paraplégie ou des paralysies locales du pénis, du rectum. Il peut exister aussi une congestion cérébrale particulière se traduisant par de l’état comateux.
COMPLICATIONS OCULAIRES. — Keratite. Iritis. Irido choroïdile.
COMPLICATIONS PULMONAIRES. — (Cornage aigu dû à l’œdème de la glotte, Congestion pulmonaire bilatérale conduisant à la pneumonie et à l’asphyxie,
COMPLICATIONS SUR L'APPAREIL GÉNITAL. — Chez les femelles pleines l’avortement est de règle.
COMPLICATIONS GÉNÉRALES. — Ce sont des complications
d'infeclion générale secondaire occasionnées par la gourme et la seplicémie.
Remarque
Tous les auteurs en général, séparent la pneumonie de la fièvre typhoïde. Cette conception peut sans doute se soutenir dans la plupart des cas. M. Cadéac formule à ce sujet son avis d’une façon très nette en disant dans son encyclopédie : « La forme thoracique de la fièvre typhoïde n’existe pas. » Et il ajoute même : « Les séries de pneumonies regardées comme typhoïdes ne sont que des pneumonies contagieuses. Cette distinction est pour longtemps irrévocable. »
MM. Coquot et Moussu disent à propos d’une communication de M. Nieder qui relate une épizootie au cours de laquelle tous ses typhiques étaient pneumoniques (1921), qu'il y a dualité entrela fièvre typhoïde et [a pneumonie et qu’en général cette manière de voir rallie tous les suffrages. »
Personnellement j’abonde dans ce sens et c’est pourquoi je ne déclare pas avoir rencontré la forme thoracique de la maladie. Je dis que j'ai constaté l’existence d’une fièvre. typhoïde à localisations pulmonaire et rénale, c’est donc une fièvre typhoïde particulière, tout en étant très proche de la fièvre tyhpoïde proprement dite. EC pour ne pas prêter à la confusion je la désigne sous le nom de grippe équine que je définis ainsi: «fièvre typhoïde d'un type particulier avec localisations pulmonaires et rénales,
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