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CHAPITRE PREMIER

INTRODUCTION A LA DESCRIPTION DE LA FIÈVRE TYPHOIDE A FORME PULMONAIRE ET RÉNALE (Ou grippe équine).

J'ai donc observé une fièvre typhoïde à forme pulmonaire et rénale. Il peut se faire et il est même fort probable que cette affirmation soit fortement mise en doute à priori.

Cela est bien compréhensible. Je ferai toutefois remarquer que même à priori cette assertion est possible. Ici-bas tout évolue même les maladies, certaines maladies tout au moins. Dans l’espèce humaine, la tuberculose devient beaucoup plus rare qu’autrefois, et la forme clinique appelée jadis phtisie galopante n’est aujourd’hui qu’une exception. Par contre, le cancer est plus fréquemment rencontré qu’autrefois, malgré les progrès réalisés dans l'hygiène en général et la désinfection en particulier.

Dans le domaine vétérinaire, la fièvre vitulaire se manifestait il y a encore une quinzaine d’années sous une forme d’agitation extrême ou de coma ; aujourd’hui les vaches atteintes sont presque invariablement frappées par la forme paralytique à symptômes discrets.

La période d’incubation de la rage a changé également, Jadis la durée de la période d'observation d’un chien mordeur était de quatre jours. Aujourd’hui elle est de quinze à

jours. Cela lient certainement à la répercussion sur l’organisme du chien de modifications inconnues du virus rabique.

Ces considérations précisées dans la pathologie comparée n'ont rien de démonstratif évidemment pour le cas qui nous occupe. Je veux seulement Labler sur ces faits pour insinuer qu'après tout, il est possible que le virus typhique ou les virus typhiques peut-être, puissent se modifier et posséder dans certaines circonstances vis-à-vis du poumon et du rein un pouvoir «fixateur » qu'ils ne possèdent pas généralement.

J'ai pensé qu'il était bon de faire valoir ces arguments pour mettre en garde les incrédules contre la tendance à rejeter des innovations.

L’'Epizootie de grippe équine que j'ai observée a sévi dans la région où J'exerce en mars-avril et mai 1922.

Le nombre des sujets atteints a été de deux cents environ répartis dans une trentaine de fermes.

L'industrie agricole de la région consiste en une culture très bien faite et qui demande un travail soutenu tant aux cultivateurs qu’à leurs chevaux ; production chevaline très sérieuse (dans toutes les fermes il y a presque exclusivement des juments). La race chevaline consiste en un croisement de quelques demi-sang avec des percherons plus où moins purs et des boulonnais. Production bovine.

Les premiers cas se sont déclarés vers fin mars au bord de la mer près de Saint-Valéry-en-Caux ; puis l’épizootie s’est développée vers le sud jusqu’à Cany.

L'effectif atteint était loin d’être homogène. Il y avait des chevaux hongres très peu nombreux d’ailleurs, des juments en état de gestation avancée, haut-pleines, à terme, et récemnrent poulinées (la mise-bas commence au début de février el se poursuit Jusqu'au début de juin), des poulains de lait de 8 ou 19 jours, de 1 mois. |

Suivant les fermes il y avait des organismes robustes bien nourris, plethoriques même ét aussi des sujets légèrement

déprimés. Je fais allusion en ce moment à des poulinières bonnes laitières qui sont mises trop tôt au travail après la mise bas, qui ont parfois des vers et qui de ce triple fait sont plus ou moins épuisées, Il y avait de plus de tout jeunes poulains.

Ces animaux avaient par contre ceci de commun, c’est qu’en général ils étaient logés dans des écuries anti-hygiéniques insuffisamment aérées, dépourvues de cheminées d'aération et de vasistas. En temps normal à cause de ces circonstances, la gourme sévit d’une façon plus ou moins intense. Toutefois, je signale qu en 1922 ou plutôt au cours de l’hiver 1921-1922 je n'ai rencontré la gourme dans aucune ferme. Et c’est là un fait d'exception dont la connaissance n’est pas dépourvue d'intérêt.

Dès les premiers cas, je sentis la nécessité de préciser la variété de typhose équine devant laquelle je me trouvais, et me remémorant mes souvenirs après avoir bien examiné les premiers cas, je conclus que je ne me trouvais pas en présence de la fièvre typhoïde proprement dite. Ce n’était pas non plus l'influenza dans lequel les symptômes pulmonaires s’accompagnent de toux violente,

C'était de la grippe équine ou typhoïde à forme pulmonaire sans toux et rénale.

C'était bien une fièvre typhoïde car les trois symptômes pathognomoniques étaient là : hyperthermie, coloration rouge brique des muqueuses, stupeur profonde, et c'était une maladie de pays.

Le poumon et le rein étaient atteints d'emblée et dans toutes les écuries ; et l'intestin n’était jamais malade.

Je vais faire dans le chapitre suivant un tableau des symptômes observés sur mes malades. Mais pour éviter les répétitions je signalerai surtout les différences existant entre les symptômes de la fièvre thypoïde proprement dite et ceux de la grippe équine,

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