‹ Contribution à l'étude des fièvres typhoïdes du chevalChapitre 16 sur 26 · OBSERVATIONS · texte numérisé non relu

OBSERVATIONS

Ors. N0 I, — Le premier cas observé se rattache à une jument gros demi-sang vide, qui ne mangeait pas depuis deux jours. Vue la première fois le soir : aspect stupide 400,8, respiration accélérée, soufile tubaire doux, gorge sensible, rein inflexible, n’urine pas, erottins naturels, muqueuse oculaire rouge brique. Traitement : abeès de fixation au poitrail : 20 centimètres eubes du mélange éther essence à parties égales en 4 piqûres de 5 centimètres cubes, grand sinapisme autour du tronc, purgation énergique, diurétiques à haute dose, Sachets de son sur la région lombaire renouvelés toutes les trois heures, lavements, 30 centimètres cubes de sérum antigourmeux Dassonville et Wissoeq. Le lendemain 419, Le surlendemain 410,5. (Je n’ai pu revoir l’animal avant le surlendemain matin à cause de la distance.) La maladie est à son point culminant. L'animal est non seulement stupide mais figé, pétrifié. L’essoufflement a augmenté. IL est très accusé, toutefois la respiration n’est pas dyspnéique. L’inappétence est complète. L'animal n’a rien mangé et rien bu, Il n'a même pas eu l'air de se douter qu’on lui offrait à boire et à manger des barbotages, Il a fait des excréments d'aspect normal, Je pense à part moi que l’animal possède bien le Ctrépied typhoïde » mais que ce n’est pas une typhoïde ordinaire. Je songe qu’une saignée aurait peut-être eu au début de bons résultats ! En tout cas, aujourd’hui il est trop tard, la saignée ne le désintoxiqerait probablement pas et elle l’affaiblirait probablement, sans pouvoir amener la réaction

favorable,

Comme les abeès de fixation ont «pris» ainsi que les sinapismes Je conserve quelque espoir et j'ordonne des diurétiques auxquels j'adjoinsle bromure de camphre (30 grammes en électuaire). J’injecte à nouveau 30 centimètres cubes de DW. Je ne peux revenir qu'au bout de deux jours. L'animal est mieux, il a uriné assez abondamment, il a relevé la tête, la veille au soir il a bu du lait doux. T. 400, Je lui injecte encore 30 centimètres cubes de DW.

La température descend le lendemain à 39% et l’animal s’achemine

vers la guérison.

Os. N° IT. — Ecurie de 7 juments vides et une poulinière isolée en box avec son poulain.

Tous ces animaux sont atteints en trente-six heures. Muqueuse rouge brique, 4095 en moyenne. Inappétence, essoufflement, flanc cordé, Souflle tubaire assez net, râle erépitant faible. 4ne jument de 7 ans, la plus robuste, chancelle de son train postérieur lorsqu’on la déplace et en la faisant marcher on a l'impression qu’elle va tomber. Deux juments ‘poussives, âgées, qui sont atteintes présentent une réspiration soubresautante, et manifestent une angoisse respiratoire marquée. L'une d’elles qui a l'artère plus tendue est saignée.

À toutes les juments j'institue le traitement suivant : abcès de fixation sur la face externe du long anconnet, injections journalières de 20 centimètres cubes de sérum antistreptococcique et de 20 centimètres cubes de sérum polyvalent.

Frictions énergiques à l’embrocation sur toute la longueur du rachis — et sur les membres. (À cause du grand nombre de malades je renonce aux sachets chauds sur la région lombaire.) Purgatifs, diurétiques.

Là jument de 7 ans la plus atteinte au point de vue pulmonaire a reçu en plus le 17 jour un sinapisme. Les deux poussives sont soumises à un traitement à base de strychnine, Mais Pécurie est exposée au nord sur un plateau, à 8 kilomètres de la mer, 1l y fait trop chaud Quand on ouvre les portes un courant d’air violent vient glacer les deux juments qui sont derrière,

r— 46 — ni Tous les bâtiments de la ferme sont occupés. Je prends la détermi-

nation suivante : les deux portes sont ouvertes jour et nuit, Un drap solide de grosse toile est destiné à servir de porte. L'une de ses extrémités est fixée au haut de l’embrasure, l’autre est fixée sur le sol, au dehors du bâtiment à 4 mètre de l’écurie. Le drap est donc oblique de haut en bas et de dedans en dehors, et soutenu latéralement par deux piquets.

Il constitue en somme un immense vasistas renversé, situé en dehors du bâtiment ; l’air entre latéralement (les gens aussi).

L'écurie est aérée suffisamment sans qu’il existe aucun courant d'air, J'espère ainsi éviter les complications pulmonaires secondaires qui pourraient résulter de l’a confiné et surchauffé ou des refroidissements, par la greffe possible de gourme, pneumonies infectieuses, pleurésies, ete.

Tous ces animaux guérissent. Au mois de novembre de la même année ils sont frappés de pneumonie infectieuse. Symptômes parallèles mais moins de stupeur, coloration différente de la muqueuse oculaire, 4003 en moyenne. L’adynamie musculaire n’est pas comparable à ce qu’elle était au cours de la typhoïde. Ils ont guéri, mais ils ont toussé pendant plus de six mois malgré des soins etl’abreuvement à l’eau tiède.

Dans là même ferme, une poulinière âgée de 9 ans et son poulaur âgé de 15 jours sont atteints lorsque l’écurie est en voie de guérison. Normalement avant sa maladie cette jument harpait des deux postérieurs, sa démarche aggravée par la maladie est presque indescriptible.

. Même traitement.

Le poulain reçoit une injection de 30 centimètres cubes de polyvalent et est légèrement atteint.

C'est dans cette écurie que J'ai constaté pour la première fois l’œdème des paupières d’un seul côté,

Os, N° JIT. — Jument poulinée depuis trois jours. Est d’après le

propriétaire molle des reins et sans appétit. À mon arrivée l’aniraal

est acculé dans un coin et peut à peine se remuer,

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Il transpire, 1l est essoufflé. Il a les jarrets enflés, On le fait avancer cependant pour l’examiner. Il a 410, Pouls fort, artère tendue, muqueuse rouge-brique, Murmure respiratoire très fort. Souffle tubaire faible. Je lui tire 7 litres d’un sang noir, pas très épais. Cataplasmes sur les reins. Diurétiques. :

Par précaution avant mon départ je pratique la fouille vaginale pour exclure à coup sûr toute possibilité d'infection utérine due à une rétention placentaire. Il arrive souvent en effet qu’au moment de la mise bas, après le poulinage, un petit morceau d’enveloppe reste dans la matrice. Cela amène généralement la fourbure bien entendu mais aussi parfois un état particulier d'infection se traduisant ainsi au point de vue de la clinique : Température, flanc cordé, sueurs assez profuses, pouls assez fort, paresse urinaire, hébétude, lei rien de semblable. Il s’agit bien d’une forme paraplégique de fièvre typhoïde. Il y a des symptômes pulmonaires et rénaux essentiels, mais ce sont les paraplégiques qui dominent la scène et sont les plus impressionnants. |

Le lendemain à 14 heures, je trouve la jument en décubitus latéral complet et elle ne peut se relever. Le propriétaire qui l’a gardée à vue constamment et lui-même depuis la veille m’aflirme qu’elle n’a pas uriné malgré l'administration à minuit de 30 grammes de bromure de campbre. |

Je pratique le cathétérisme de la vessie et je retire un litre à peine d'urine foncée à l’odeur peu ammoniacale.

En même temps je pratique la fouille rectale pour essayer d’apprécier l’état des reins. Je ne puis atteindre que le gauche et j'apprécie parfaitement qu'il est plus petit, plus dur et plus sensible que normalement, Je signale ces faits au propriétaire en lui exprimant des craintes sur l’issue de la maladie, Je mets la jument dans l'appareil de suspension. Elle y fait assez bonné figure. Je la fais, séance tenante frictionner par tout le corps à l’embrocation ; on continue à appliquer des sachets chauds sur les reins. Je fais un ab cès de fixation à cha que épaule; j'injecte 20 centimètres cubes d’antistreptoçoccique et

20 centimètres cubes de polyvalent, tous les jours,

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La juinent guérit rapidement mais incoinplétement, car ellé est atteinte dans la suite de myélite chronique et présenté de la parésie du train postéricur, Au pas la maladie est plus accusée qu’au trot. Je prescris l’iodure de potassium,

La jument n’est jamais redevenue normale. Îl est facile de concevoir que le rein gauche fonctionnant mal (et je ne puis faire que des réserves pour le rein droit), l’'épuration complète des toxines élaborées au cours de la maladie n’a pas eu lieu ; et ces toxines ont amené des dégénérescences incurables des tissus nerveux.

Quelques jours après dans la même ferme une jument en bon état demi-sang, à terme, présente des symptômes typhiques avec un essoufflement accusé et une insuffisance urinaire très marquée. Mais elle n’est pas trop abattue. Elle a l’air de lutter davantage contre la somnolence qui envahit les autres animaux.

Traitement : saignée 7 litres.

Séton; au poitrail, diurétiques, sachets lombaires journellement sérums antistreptococcique et polyvalent, Cet état se maintient

/ quatre Jours. 4

Le 5€ jour brusquement comme c’est l’usage la jument pouline. Le poulain naît vivant mais dans un état comateux et meurt trois heures après. La jument se délivre sans effort quelques heures après.

Au bout d’un mois elle tombe emphysémateuse, Aussitôt après la jument est méconnaissable. On sent qu’elle est guérie,

Dans la même ferme un vieux cheval de 20 ans typhique fat au bout de quelques jours de l’abcédation des ganglions de l’auge et des manifestations gourmeuses nettes, avec laryngo-pharynaite. Il gué-

rit parfaitement après être resté longtemps faible,

Ogs. N° IV, Jument poulinée depuis soixante Jours en bon état, Ne mange pas depuis deux jours, Flanc très coupé 410 aspect typhique, muqueuse rouge briqué sombre. Essoufllement très prononcé, Bruit de gouttelette net aux nascaux. Souflle tubaire assez net. Râle crépitant doux. Pouls rapide mais pas très fort. Jé ne saigne: pas

gstimant que cette jument est affaiblie par la lactation et Le travail,

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