SYMPTOMES DE LA GRIPPE ÉQUINE
Conlagion. — Les fermes ont été infectées les unes après les autres à quelques jours d'intervalle. Sans que l’on puisse déterminer l'agent causal.
Slupeur. — Les animaux présentaient au maximum ce - symptôme. C'est la véritable sidération. La démarche est vacillante. Le train postérieur se balance latéralement.
Toutefois le cheval ne traîne pas les membres. Il les soulève avec peine c’est vrai, mais néanmoins à une certaine hauteur. On sent qu'il fait pour cela un effort immense et le sabot retombe lourdement sur le sol. Pour employer une comparaison, la démarche est celle d’un animal qui serait ataxique et qui aurait des sabots très pesants.
Hyperthermie. — Elle est considérable. Je n'ai jamais vu 400, mais 4008, 41, 41 1/2, 41 8/10 (je parle des premiers jours bien entendu).
Vers le cinquième jour la température déeroît subitement, et en trois jours elle atteint la normale.
Troubles oculaires. — La muqueuse oculaire est rouge brique sombre et les deux paupières d’un seul côlé sont œdématiées très nettement (œil poché).
Troubles digeslifs. — L’appétit est complètement supprimé et cela pendant trois, quatre, cinq jours. Même beaucoup d'animaux n’acceptent que peu de boissons pendant ces quelques jours. La Corpeur dans laquelle ils sont plongés par suite de l'injection du système nerveux et
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l'hyperthermie considérable sont sans doute cause de ceb état de choses bien regrettable d’ailleurs car il contribue à entretenir l’anurie.
Le liséré ginaival existe net et constant (son existence a été reconnue par M. Richart vétérinaire départemental de la Seine-[nférieure lors d’une tournée d'inspection). La langue est d’aspect assez normal. Je n’ai observé aucune colique ai douleur ventrale. Les crottins sont normaux, Aucune constipation, aucune diarrhée.
En somme à part l’inappétence, aucun trouble digestif.
‘Troubles rénaux : anurie. — Ce trouble est net, saillant indiscutable. Il frappe tous les propriétaires qui d’ailleurs sont habitués à le rechercher car dans le pays de Caux il est fréquemment observé chez les juments pleines qui travaillent à la plaine par tous les temps et ontles «reins refroidis ». Je dirai en passant que depuis cette épizootie je me suis aperçu que cette rétention urinaire très accusée dans la grippe équine existe manifestement à un degré moins élevé toutefois dans la gourme ou plutôt les affections gourmeuses et la pneumonie infectieuse.
Parfois la jument atteinte de grippe équine est trente-six heures sans uriner et l’urine sombre, épaisse avec un reflet légèrement verdâtre chargée en phosphates est expulsée en très petite quantité. Ce trouble est tellement saillant si j'ose ainsi m'exprimer que le propriétaire du cheval pense que « la grande faiblesse vient de l’empoisonnement par l'urine».
Quand cet arrêt de la sécrétion urinaire est traité convenablement, la situation s'améliore quelque peu.
Il est je crois intéressant d’insister sur ce point en faisant ressortir que cette paresse rénale existe dès que l'animal est malade.
Dans la plupart des traités de pathologie en effet il n’est pas signalé que cette insuffisance urinaire soil aussi manifeste au début de la maladie, C’est plutôt lorsqu'elle arrive
à ce degré une complication de la maladie qui attaque le parenchyme rénal.
Troubles circulaloires. — Contrairement à ce que M. Nieder a observé en 1921 au cours d’une épizoobe de fièvre typhoïde proprement dite, les troubles circulatoires sont presque nuls. Pouls 70-80. Presque jamais 90 pulsations. Peu d’arythmie. En général le pouls est fort, l'artère lendue. Ce dernier symptôme existe souvent au cours des insuffisances urinaires.
Troubles du sang. — Les animaux que j'ai soignés ont laissé s’écouler un sang noir, se coagulant un peu moins vite que d'habitude. ï
Troubles respiraloires. — L'examen de l’auge dénote une infiltration œdémateuse des ganglions plutôt qu'une adénite constituée. la gorge-est sensible, la toux peu fréquemment entendue mais facile à provoquer. -
L'examen du flanc montre une accélération accusée de la respiration (29 à 30 respirations à la minute en moyenne). Vers le 7€ jour la respiration commençait à redevenir normale. Les deux mouvements inspiration et expiration semblent aussi laborieux l’un que l’autre et leur durée est égale. Bien entendu les naseaux présentent une dilatation anormale et le bruit de gouttelette est fréquemment observé. Aucun jetage.
La poitrine est parfois assez sensible à la percussion.
À l’auscultation il y a atténualion du murmure respiratoire et il existe un léger bruit de crépitalion., À mi-hauteur des côtes l’on perçoit un souffle tubaire doux-qui n’est pas celui de la pneumonie.
Dans l’ensemble la gêne respiratoire donne des craintes mais elle n’est pas angoissante. Je pense bien qu'il s’agit de l’ædème pulmonaire.
Complications
Avorlement (30). — Il était constant, se faisait brusquement, et l'expulsion des enveloppes fœtales s’est toujours faite naturellement, quelques heures après la sortie du mort-né,
Cette «complication » au point de vue technique n'en
était pas une au point de vue pratique. Elle semblait avoir
une influence très favorable su la patiente. On avait l’impression qu'elle se trouvait soulagée et le propriétaire presque invariablement faisait remarquer que c'était heureux que la maladie se soit portée sur le poulain. Il faut ajouter qu'il n'y a d'ailleurs eu aucune suile du côlé de la matrice : ni métrite, ni métro-péritonite, ni vaginite ; el cependant quelques-unes des jJuments ont été contaminées semble-t-il par un étalon. C’est là un fait imprévu intéressant à signaler.
On comprend que l’avortement était fatal car le placenta n’apportait au fœtus que du sang vicié par le virus typhique d’abord, par l'insuffisance de la teneur en oxygène ensuite et enfin par les produits toxiques qui encombraient la masse sanguine, faute d’être expulsés par le filtre rénal.
Quant à l'impression de soulagement manifesté par la mère, elle est bien compréhensible car chez la jument hautpleine, le jeu du poumon est certainement gêné par le voisinage du fœtus qui forcément comprime le diaphragme. Et il ne faut pas oublier que dans le cas actuel, le poumon n’est pas intègre puisqu'il est alteint d'oœdème.
Celte complication qui s'explique aisément à la lecture des raisons ci-dessus n’est cependant pas un fait courant dans beaucoup de pneumonies et d’infections gourmeuses dans lesquelles il est même un fait d'exception. J’ai souvent constaté que des juments pleines de 7 et 8 mois et atteintes de pneumonies sourmeuses, présentant une oppression con-
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sidérable, ayant recu sinapismes et abcès de fixation, ’avortaient pas et donnaient même naissance dans la suite à des poulains forts et bien constitués qui ne se ressentaient nullement de la maladie qu'avait eue la mère. Il y a là un fait d'expérience bien établi qui au point de vue du raisonnement n’est pas logique.
Nous pouvons doné conclure que l’avortement est de règle dans les fièvres typhoïdes du cheval contrairement à ce qui se passe dans beaucoup de maladies infectieuses notamment la gourme.
Fourbure (3). — J'en ai vu trois cas seulement sur trois juments vides. (Je n’ai eu aucune fourbure de parturition sur aucune jument avortée). L'une de ces deux juments vides est tombée fourbue (fourbure latérale gauche) vers le 8€ jour de la maladie.
Cette complication a rétrocédé assez facilement. (La jument avait été saignée le premier jour de maladie}. L’autre est tombée fourbue d’emblée et des quatre membres. Elle a guéri de la maladie mais non de la fourbure et elle a été abattue pour la boucherie en très bon état trois mois après. (Le propriétaire ne m’a pas appelé à temps).
La troisième saignée au début, est tombée fourbue le 10€ jour alors qu’on la considérait guérie. Elle a guéri parfaitement.
Chose curieuse, deux ans après, cette même jument est tombée fourbue au poulinage à la suite d'infection utérine et, fait à peine croyable je lui ai retiré avec la main de la matrice le 3° Jour après le poulinage 3 litres de pus. La jument a résisté à cette deuxième attaque de fourbure et elle fait au travail à la plaine un excellent service (jument alzane) âgée de 9 ans appartenant à M. Poulet Canouville).
Myocardile. — Jamais observée.
Par contre j'ai observé sur plusieurs animaux des troubles cardiaques antérieurs à la maladie, J'en ai tenu compte
dans le traitement et je suis allé au-devant des défaillances possibles des cœurs qui m'inspiraient des craintes.
Œdèmes (un œdème généralisé). — Ils ont été rares el peu importants puisque les cœurs étaient généralement intacts.
L'œdème (peu accusé) était de règle aux membres postérieurs. À part cela, aucun œdème aux membres antérieurs
J'ai eu un seul cas d’œdème des quatre membres très aecusé et aussi de la tête (peu accusé) avec un léger exorbitisme (guérison).
Troubles nerveux (3). — Sur un animal j'ai observé des vertiges avec tourner en cercle.
Aucune crise épileptiforme.
Pas d’immobilité.
La paraplôgie a été observée sur deux animaux. L'un d’eux une jument suitée est restée infirme à cause de lésions de myélite chronique qui lui donnaient la démarche que possèdent les poulains normands atteints du mal de chien.
Infeclion gourmeuse (1). — J'ai vu sur un typhique de 20 ans se greffer l’infection gourmeuse.
C'est le seul gourmeux que j’ai soigné cet hiver-là dans la région Où à sévi la grippe équine.
Iclère (1). — A existé sur une jument haut-pleine qui a donné un poulain mort et qui a guéri en huit jours de sa jaunisse par un traitement simple.
Pneumonie (2). — Deux pneumonies secondaires bien caractérisées avec hépatisation complète du poumon et souffle tubaire remarquablement net,