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Un praticien qui conseillerait, dans une épizootie dé typhose la mise au bivouac en hiver s’exposerait à perdre la confiance de ges clients. 71
Par contre il faut se préoccuper de l’aération des écuries en employant le procédé que j'ai indiqué.
Lorsque dans la ferme il y a par hasard en dehors de l’écurie des appartements libres, il est bon de diviser l'effectif et de lui faire occuper des bergeries, étables, etc.
‘Cela doit constituer un excellent moyen d'éviter les comphcations pulmonaires secondaires.
20 SAIGNÉE. — Si l’on pose la question, Faut-il saigner dans la fièvre typhoïde? il vaut mieux ne pas y répondre, Certains auteurs cependant se prononcent assez catégoriquement :
M. Huguier par exemple dit : « La saignée préconisée
-par de nombreux auteurs est considérée comme franche-
ment mauvaise par Roger, Cocu, Nieder. « Nous n’en sommes pas partisan sauf dans le cas de fourbure aiguë. »
Cette formule est défectueuse et ne peut servir de guide à un Jeune praticien. Il peut se faire que l’avis des auteurs ci-dessus soit juste, vis-à-vis des cas qu'ils ont rencontrés, mais leur conclusion ne peut être érigée en règle générale.
M. Cadiot se rapproche beaucoup plus de la vérité en disant qu'il est avantageux de saigner les sujets les plus vigoureux et les plus plethoriques. »
Cet avis est inspiré par un sens clinique judicieux et il est conforme aux axiomes de la pathologie générale. Avant tout en effet, le praticien doit s'inspirer de l’état du sujet, de l’allure de la maladie, de ses localisations, de l’état du pouls et même de l’aspect du sang. En général quand le sang est noir la saignée est indiquée.
Par ailleurs il n’a nullement à se préoccuper de l’état de gestation. La jument atteinte de typhose avorte toujours,
tout au moins au cours de l’épizootie que j’ai rencontrée, Pour cette même raison il n’y a pas à se préoccuper de la lactation. |
(En passant je signale que d’ailleurs dans les autres maladies la saignée n'’influence pas la lactation d’une façon définitive).
En tout cas au cours d’une épizootie de typhose, le meilleur moyen de prévenir les cas de fourbure est de pratiquer la saignée hâtive des plethoriques. |
Et le vétérinaire praticien doit penser que des propriétaires observateurs voyant des typhiques plethoriques tomber fourbus penseront qu'ils auraient dû être soignés dès le début.
39 SiNAPISME. — C'est un excellent dérivatif lors d’«ædème pulmonaire. Il décongestionne le poumon et par l’extravasation du sérum sanguin dans le tissu conjonctif sous-cutané il donne un coup de fouet à la phagogytose et mobilise la défense. J’insinuerai même que la douleur qu'il provoque exerce une influence heureuse sur le système nerveux des stupéfiés. À ce point de vue les abcès de fixation et les sétons au début doivent agir un peu dans ce sens.
L'application d’un sinapisme doit posséder une valeur préventive vis-à-vis des complications pulmonaires secondaires.
49 ABCÈS DE FIXATION. — Leur action est connue. En général j'ai pratiqué 4 abcès de fixation de 5 centimètres cubes chacun du mélange à parties égales : ether, essence.
L’éther rend l'injection moins douloureuse c'est connu, mais surtout elle la rend moins irrilante pour les reins et cela présente un réel intérêt pour le cas qui nous occupe.
Je crois préférable d'ouvrir les abcès de fixation le 8 jour seulement,
La formation du pus importe beaucoup plus que son évacuation. Au bout de huit jours par contre à la suite de la
A O0 — ponction, la cicatrisation se fait beaucoup mieux, et les chances d'infection sont moindres, Et il ne faut pas oublier qu’en l'espèce les abcès se font en série. Il ne faut non plus pratiquer aucune injection antiseptique dans la poche.
Les poulains même âgés de 8 jours supportent à merveille l’abcès de fixation. [l suffit cependant de prendre la précaution de leur fixer un sac plié en deux au poitrail, Ce sac est fixé en avant par une bande qui passe en avant du garrot et en arrière par une autre bande qui passe derrière les cou- ‘ des et le garrot. Sans cela ce jeune animal qu’on ne peut bien entendu attacher au râtelier, se frotte continuellement le poitrail avec le menton et amène en un point une mortification rapide de la peau qui peut tarer l’animal pour toujours en laissant à nu une large plaie facile à infecter.
Sur les juments dont l’arrière-main est vacillant il convient de faire les abcès de fixation sur la face externe du eros anconnet. La démarche de l’avant-main est de ce fait beaucoup moins gênée que si l'injection a été pratiquée au poitrail. Cette précaution est utile aussi dans le cas où l’on craint la fourbure. Le propriétaire qui Juge beaucoup avec son œil apprécie particulièrement ces choses. L'action sur le poumon doit être sensiblement la même d’ailleurs.
59 ENVELOPPEMENT CHAUD. — Parfois une question peut être ainsi posée : l’enveloppement chaud est-il aussi actif ou meilleur que le sinapisme. L’enveloppement chaud a une action très favorable certainement sur la régularisation de la circulation pulmonaire. Mais s’il est difficile de répondre à la question ci-dessus au point de vue scientifique j'estime qu’au point de vue pratique il est indiqué dans les cas graves d'appliquer unlarge sinapisme le premier jour et d’employerl’enveloppement humide chaud les jourssuivants.
6° Sérons. — Les sétons sont aujourd’hui presque complètement abandonnés par les jeunes qui voient en eux une coutume simpliste et désuète,
Je les emploie beaucoup et je m'en trouve fort bien, et je suis convaincu que dans les localisations cérébrales des typhoses ils exercent une action vraiment curative. Je le passe à la nuque ou à l’encolure suivant les cas.
Je ne veux pas dire qu’ils constituent le traitement de | choix; je veux bien même ne leur accorder que le rôle d’adyjuvant, mais ils doivent être employés.
Remarque :
Dans les cas graves : Saignée,sinapisme, abcès de fixation ou séton peuvent se succéder sans iaterruption. Sur les sujets vigoureux très atteints il ne faut pas être timoré sur ce point. J'en ai fait l'expérience très souvent.Je n’approuve pas la méthode cliniqué qui consiste à saigner et à appliquer un sinapisme le premier jour par exemple, puis à pratiquer les abcès de fixation le deuxième jour, des sétonsle troisième, Dans les cas graves il faut agir fort et vite.
79 SACHETS CHAUDS SUR LES REINS. — Ils sont insuffsamment employés dans la pratique courante. Ils se préparent ainsi : on fait bouillir 5 litres de son dans une quantité égale d’eau pendant 20 minutes. Au bout de ce temps on fait un peu refroidir en étalant dehors sur un sac et en remuant avec un-bâton. Quand le cataplasme n’est plus brùlant mais est encore très chaud on le met dans le fond d’un sac ordinaire que l’on noue à mi-hauteur. On étale le son dans la moitié inférieure du sac qui est posée sur la région lombaire et fixée par une sangle.
On peut aussi employer l’avoine grillée de la même façon, mais il ne faut pas la réchauffer plus de trois fois car elle peut s’enflammer.
Ces applications lors de réteñntions urinaires régularisent la circulation des reins et certains animaux manifestent au cours de leur application un certain bien-être ; souvent le rein inflexible le 1er jour se modifie rapidement.
J'ai depuis étendu cette méthode de stimulation rénale
au cours des pneumonies et en général de toutes les maladies infectieuses.
80 FRICTIONS A L'EMBROCATION SUR LE RACHIS. — Elles seront employées lorsque beaucoup de chevaux seront malades simultanément dans la même ferme.
90 LaAvEMENTSs. — A l’eau de son ou de savon avec un peu d'huile et une cuillerée à soupe d’essence de térébenthine par litre. Ce dernier médicament donne au lavement une action excitante plus marquée.
100 PüurRGATIFS. — Malgré que mes malades ne fussent pas constipés je les purgeais dès le début Le purgatif était administré en électuaire. La tête de l'animal était fixée comme pour l'administration d’un breuvage. et les fractions du bol étaient collées contre la face interne de la joue. Le mâchonnement était provoqué et l’animal était obligé de déglutir sans que la langue puisse repousser l’électuaire.
De cette façon la constipation était évitée, ensuite la purgation au dire des vieux praticiens est fort utile lors de l’engouement pulmonaire ; elle s'impose aussi au cours des crises d’urémie ; enfin elle a une influence heureuse sur le fonctionnement du foie qui peut jouer un rôle considérable au cours de l’intoxication Lyphique comme au cours de toutes les intoxications d’ailleurs.
119 DiuréTiquEs. — Ils sont évidemment très indiqués. Le bromure de camphre à la dose de 30 grammes associé au bicarbonate de soude renforce l’action de ce médicament, La théobromine peu employée en vétérinaire est un diurétique actif.
. 129 Or cozLoïpAL. — J’ai employé le novor sur le conseil de M. le professeur Coquot.
Jé crois que ce produit est aclif et précieux comme antiinfectieux.
De plus lorsqu'il est employé tous les jours surtout les premiers jours il aide les ab°ès de fixation à «prendre »,
Grace à son emploi J'ai obtenu sur des sujets affaiblis des abcès de fixation énormes.
Il m'a paru intéressant de signaler ce fait qui est très important, et dont la cause est un pouvoir stimulant très marqué sur la phagocytose,
Mon aimable collègue Lecomte de Dondeville conseille un traitement qu'il a vu employer par les vétérinaires anglais au cours de la guerre 1914-1918 dans les thyposes et les pneumonies infectieuses. Il l’applique fréquemment et s’en trouve fort bien.
Dans un litre d’eau stérilisée mettre 25 grammes d’acide phénique neige. Prendre 100 grammes de cette solution et mettre dedans un tube d’or colloïdal vétérinaire préparé par les laboratoires Dausse.
Le 1er jour injecter 20 centimètres cubes.
Le 3e jour injecter 40 centimètres cubes.
Le 5€ jour injecter 40 centimètres cubes.
Ces injections possèdent paraît-il un pouvoir désinfectant du sang considérable et elles ont l'avantage par leur faible volume de ne pas troubler la pression sanguine.
139 SÉRUMS NÉVROSTÉNIQUES. — J'ai employé la formule Dausse préconisée en espèce humaine pour combattre l’asthénie grippale.
Dose quotidienne Dose quotidienne usage humain usage équin Sulfate de strychnine 2." 0 gr. 002 0 gr. 005 Cacodylate de soude." 2 50m. 0 gr. 10 ler.
Glycérophosphate de soude. . « . 0 gr. 20 ler,
Une formule presque identique est celle-ci :
Dose quotidienne Dose quotidienne usage humain usage équin Cavodylate de strychnine. . . . 0 gr. OOL Ogr. 009
Glycérophosphate de soude, , , , * 0 gr. 20 DRLIET.
ou : à
Arséniate de strychnine 4. ..1:,
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Ils tendent à secouer l’adynamie de l’animal et aussi à régulariser la circulation pulmonaire, :
En espèce humaine la strychnine a été employée pour obtenir ce dernier effet chez certains vieillards et ne peuton établir une similitude entre l’innervation paresseuse du poumon du vieillard et celle du sujet typhique chez lequel tous les imflux nerveux sont diminués?
149 SÉRUMS PHYSIOLOGIQUES. — Je l’ai employé en général vers le 5e jour au moment où j'estimais que l’infection élait enrayée et que l’organisme était fortement déprimé.
Il fallait à ce moment soutenir le sujet reminéraliser le sang, exciter les échanges intercellulaires ralentis par l’intoxitation typhique, afin de faciliter l’entrée en convalescence. ;
C'est surtout le sérum de Heedonlfet Fleig que j’aiemployé Rappelons sa composition :
CHIOTS OUMM NN EME Fr UOIET. 0
— potassium ent ere Drgr3
p — CALCIUM IST
sulfate de mAirnesUn MS ee. nOiEr}:3
Bicarbonate de SOdUNR Er: Lo set, ThOrt
Glycérophosphate de sodium. . . . : « . «+ lgr.
CR COS RE A El ie re Tao a TOUS Pau diStulée Or SMDOUr EL ee mes cu LR 000: co:
On peut l’employer à la dose de 2 litres par jour.
Ce sérum est assez peu utilisé en médecine vétérinaire où l’on emploie surtout le sérum physiologique ordinaire et le sérum de Hayem.
Contrairement à ce que certains précomisent je préférais la voie sous-cutanée,