PATHOGÉNIE
La cause de l’épizootie de fièvre typhoïde est sa contagion. Le mot contagion se définit ainsi : « Transmission de la maladie par le contact médiat ou immédiat. »
La contagion s'opère en premier lieu par les animaux malades. Le virus passe dans l’urine les excréments, souille les fourrages, les fumiers et par suite les eaux des mares qui les avoisinent, les harnais. Des wagons peuvent être infectés.
Influence de l’élalon. — Un mode curieux de contagion et qui mérite de retenir l’attention, est celui qui s’opère par la saillie d’un étalon guéri de la fièvre typhoïde. Le public a beaucoup de peine à admettre cette cause car il faut la voir avec les yeux de l’expérience et de la déduction. Il semble impossible aux profanes qu'un étalon plein de feu et de santé puisse propager les germes de la fièvre typhoïde. J'ai observé cependant à ce sujet des faits probants, et chose à peine croyable, le confrère qui avait voulu empêcher la saillie par un étalon qu'il prétendait être infecté, a failli être attaqué et poursuivi en 25.000 francs de dommagesintérêts pour avoir causé au propriétaire du cheval un préjudice que ce dernier, de bonne foi d’ailleurs, estimait injustifié.
Les cas rapportés les plus intéressants sont les suivants : (Il nous a paru indispensable de les relater ici) :
L'étalon Demi-Monde acheté en France vers la fin de 1906 infecte des juments en 1907 et 1908 en Allemagne.
En 1913, Bemelmans démontre que le sperme d’un cheval guéri de fièvre typhoïde était virulent. Il pensa sans le prouver toutefois que le virus typhique avait dû se cantonner dans les vésicules séminales.
En 1913, Bergman ayant vu un étalon porte-germes le fit abattre et avec le contenu des glandes séminales, il contamina deux chevaux par injection sous-cutanée et une jument par injection intra-vaginale,
Influence des fourrages. — L'action des fourrages a été discutée elle aussi, Il est indispensable de la passer ici en revue,
Parmi les observations les plus intéressantes à ce sujet, il faut citer celle de M. Jolly, vétérinaire principal, qui fut faite le 30 octobre 1923 à la Société centrale,
Il incrimine surtout les fourrages artificiels, la luzerne en particulier, ear ces fourrages moisissent très rapidement et il conseille de rechercher la présence des moisissures jusque dans la moelle de la tige.
Il a remarqué les faits suivants :
1er Fait : En 1912 les denrées récoltées ont été particulièrement moisies : avoine germée et moisie, foin et paille mal conservés.
Mais cette année-là la luzerne s’étant très mal conservée a été complètement supprimée de la ration. Donc l’absence de toute luzerne dans les mauvaises denrées en 1913 a donc coïncidé avec l'absence de toute affection typhoïde.
2e Fail: Pendant plusieurs années, l’effectif de l’École de cavalerie de Saumur était littéralement ravagé par la fièvre typhoïde. Or en 1910 les fourrages artificiels furent écartés et ils furent consommés cependant dans les écuries de civils qui eurent des cas de fièvre typhoïde ou plutôt d'affection typhoïde.
Tufluence de l'air renfermé. — Enfin l'air renfermé des écuries joue le rôle de cause ti ornante de la maladie. A la séance de la Société centrale du 7 avril 1921 il a été rappelé
par M. Brocq- Rousseu que le traitement de la fièvre typhoïde par l'évacuation complète des écuries et la mise en plein air à toujours donné les meilleurs résultats. Pendant la campagne 1914-1918, dans la zone de l'avant où les chevaux étaient bivouaqués en plein air ou cantonnés dans des écuries de fortuñé pleines de ‘courants d' air, il n'a pas été relaté de eas de fièvre typhoïde.
Influences diverses. — La fatigue, lors des voyages en wagon où les animaux contractent des refroidissements, la nourriture insuffisante qui affaiblit l'organisme, le jeune âge, jouent un rôle prédisposant, comme dans toutes les infections. Il en est de même du surmenage qui place l’organisme en état de réceptivité, paralyse la mobilisation phagocytaire et facilite l'invation des associations microbiennes.