‹ Contribution à l'étude des formes anormales de la maladie de Hansen: Difficulté de leur diagnosticChapitre 7 sur 24 · PÉRIODE D'ÉTAT · texte numérisé non relu

PÉRIODE D'ÉTAT

À cette période, la maladie de Hansen peut se présenter sous trois formes : la lèpre tuberculeuse, la lèpre nerveuse, la lèpre mixte. Nous allons successivement envisager ces trois formes.

Ï. — LÈPRE TUBEUCULEUSE. — Elle débute par une éruption de taches ou macules qui peuvent être hyperémiques, hyperchromiques ou achromiques. A leur niveau on a le plus souvent des troubles sensitifs et trophiques. Cependant, il faut bien le savoir, il n'y a là rien d’'absolu (De Beurmann, Gougerot). Ensuite ces régions couvertes de macules deviennent le siège d'infiltration bacillaire dense. Tantôt les bacilles sont réunis en gros foyers isolés dans la peau saine, provoquant la constitution de tubercules lépreux, tantôt au contraire les bacilles infiltrent les téguments sur une grande étendue, déterminant des lépromes en nappe. Les ganglions participent également à l’inflammation. Rappelons en passant un aspect particulier et caractéristique de l'affection, le masque léonin ou léontiasis lépreux, dû à une infiltration massive de la face.

Ces lépromes peuvent disparaître par résorption, mais s'ils persistent et si un traitement n'intervient pas,

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ils subissent la fonte purulente. Le lépreux présente de vastes ulcérations qui peuvent amener la dénudation des tendons, la nécrose des os, c’est la lèpre mutilante tuberculeuse. Du côté des muqueuses, les ulcérations lépreuses provoquent des ravages encore plus grands, rhinite, laryngite, ozène lépreux. L’œil peut seulement être effleuré par le mal (iritis) ou bien subir la fonte purulente ; les testicules peuvent parfois être atteints.

L'évolution de ces lésions peut s'accompagner de phénomènes généraux, poussées fébriles, état saburral, etc., etc. Cette lèpre peut évoluer lentement pour son propre compte, généralement sous forme de poussées successives, ou bien elle peut se transformer en lèpre nerveuse.

Il. — LÈPRE NERVEUSE. — À) Période d’éruption : Tout au début nous retrouvons une période d’éruption de macules et de bulles. Les macules se développent d’une façon symétrique, suivant parfois le trajet d’un nerf comme dans le zona. À leur niveau on observe souvent la dissociation syringomyélique. Les bulles auréolées d’un anneau rougeâtre renferment tout d’abord un liquide séreux, puis purulent; elles se dessèchent au bout de quelques jours, puis font place à une desquamation. Leur siège, par ordre de fréquence, est le dos de la main et des pieds, les coudes, les genoux, le dos. Lorsque l’éruption est plus intense la bulle s’ulcère, laissant après guérison une cicatrice d’un blanc nacré.

B) Période de névrite : Après la période d’éruption ou concurremment avec elle, commence la période de névrite. La présence de bacilles de Hansen dans les

troncs nerveux donne lieu tout d’abord à des symptômes irritatifs, ensuite à des troubles sensitifs et trophiques.

1° Phase d'’irritation : Les symptômes irritatifs se présentent sous la forme de névralgies et de sensations douloureuses très variées, allant du simple fourmillement à la sensation de brûlure par le fer rouge. Ces douleurs ont pour siège habituel les territoires innervés par le cubital, les péroniers, les tibiaux, le sciatique. La palpation met en évidence une augmentation de volume et l’existence de renflements le long du nerf.

2° Phase de dégénérescence : À la phase d'irritation fait suite la phase de dégénérescence qui se caractérise par la succession de troubles sensitifs et de troubles trophiques.

a) Troubles sensitifs : L’anesthésie en est le symptôme capital : primitivement rubannée, elle tend à prendre le type segmentaire. Elle äébute au niveau de l’extrémité libre des membres et remonte graduellement vers leur racine. À mesure qu’elle progresse, elle devient de plus en plus profonde. Il est rare, tout au moins au début, que les divers modes de sensibilité soient simultanément abolis. Les sensibilités thermiques et douloureuses sont altérées les premières. La sensiblité tactile est la dernière touchée.

b) Troubles trophiques : Du côté de la peau, la chute et la raréfaction du système pileux, la sècheresse de la peau, l’altération des ongles, les maux perforants constituent les principaux troubles.

Du côté des muscles, on peut observer une amyotrophie, débutant à l’extrémité libre du membre, pour

remonter et s'étendre vers la racine. Les réflexes sont le plus souvent exagérés, quelquefois abolis.

IT. — LÈPRE MIXTE. — Les cas de lèpre purement tégumentaire ou de lèpre purement nerveuse sont rares ; habituellement les deux formes précédentes s'associent chez le même sujet. Cette forme de la maladie de Hansen a une symptomatologie très variable, la combinaison des divers symptômes, tuberculeux et nerveux, pouvant varier à l'infini.

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