TORRES
Le malade souffre d'autre part de la région lombaire droite. L'ensemble de ces douleurs devient suffisamment intense pour l'empêcher de marcher et d'exercer sa profession de facteur.
Il est hospitalisé dans un service de médecine de l’hôpital Laënnec où il lui est fait une radiographie de la hanche, et où il est soigné près d’un mois, sans succès, par le salicylate de soude.
À ce moment le malade se plaint de quelques douleurs en urinant, il a du pus dans les urines, et est envoyé à Necker.
Le malade entre le 23 juin ; l'examen histo-bactériologique de ses urines nous montre la présence de pus et de nombreux staphylocoques. Il a un peu de fièvre, sa température oscile autour de 38°.
L'examen fonctionnel montre un trigone légèrement congestionné, avec O. U. gauche légèrement congestionné et béant, vessie saine par ailleurs.
La pyéloscopie droite montre un bassinet normal et s’évacuant normalement. L’échantillon du rein droit contient de nombreux staphylocoques.
Le malade se plaint surtout de douleurs lombaires droites et d’irradiations douloureuses dans le domaine du plexus lombaire du même côté. Il a un peude sensibilité au poini de Mac Burney, sans défense locale.
L'association de ce signe aux douleurs dans le domaine du plexus lombaire, nous fait penser à l’appendicite rétrocæcale. Un examen radiologique de l'intestin par lavement montre un cæcum dilaté, avec point douloureux net au niveau de sa base.
Opération le 9 juillet 1927. Gros appendice,long de 10 cen-
timètres en position rétro-cæcale et enfoui au milieu d'adhé- :
rences.Extériorisation après décollement du cæcum,ablation de l’appendice, enfouissement du moignon, fermeture sans
drainage.
Disparition des douleurs de la jambe droite, immédiatement après l’intervention ; le malade sort le 9€ jour, avec des urines claires.
Ilest revu dans les premiers jours d’octobre, il a des urines claires et a repris son métier, cependant depuis quelques jours, il souffre de nouveau dans la région lombaire droite ; le malade dit d’ailleurs que quoique très atténuées, ses douleurs lombaires n'ont jamais complètement disparues depuis son opération. Les douleurs de la jambe droite étant réapparues puis un abcès de la gaine du psoas s'étant montré, il lui est fait, en février 1928 une radio de la colonne vertébrale, qui montre un affaissement du disque 11-12€ dorsale et une lésion légère du corps de la 11° dorsale. Il entre alors dans un service de chirurgie, où on lui fait une greffe d’Albée pour mal de Pott Ce malade revu récemment n’a plus jamais fait de troubles urinaires depuis
l’ablation de son appendice.
OBSERVATION VII (D' Gaume).
M. Blaise L..., 36 ans.
Le malade entre d'urgence à l'hôpital le 7 septembre 1925, pour une rétention d'urine par caillots.
Ce malade se plaint depuis quinze jours d’envies fré-
quentes d uriner et d’une hématurie légère.
Ilest sondé avec la sonde métallique. Les caillots évacués, la rétention d'urine cesse.
Trois jours après, nouvelle hématurie, puis en quelques ‘jours, tout rentre dans l’ordre et depuis il n’a jamais feu de sang dans ses urines.
Le malade se plaint en outre de douleurs lombaires droites, qui à ce moment n'attire pas l’attention.
L'examen cystoscopique le 16 septembre montre une cystite congestive, avec œdème de l'O. U. droit. Le cathétérisme urétéralnous montre la présence de nombreux colibacilles dans les deux échantillons rénaux ; le rein droit semble en déficience fonctionnelle légère par rapport au rein gauche ; la concentration d'urée au litre est de 6 à droite, 10 à gauche.
Le malade sort au début d’octobre 1925, avec le diagnostic de pyélonéphrite à colibacilles et l’on décide de le traiter par auto-vaccino-thérapie.
Première série d’auto-vaccin entre ie 19 octobre et le 2 novembre.
Le 6 novembre, à la fin du traitement l'examen histobactériologique des urines nous montre encore la présence de rares colibacilles, les urines sont sensiblement claires.
Le malade continue à prendre quelques désinfectants urinaires, uraseptine, huile de Harlem ; ilest revu le 16 décembre avec des urines claires et des signes vésicaux complètement calmés.
Le malade revient le 28 mai 1926, il a des urines troubles, | mais l'examen nous montre qu'il s’agit de phosphaturie, et ne montre pas la présence de colibacilles.
Il revient en juin 1927, il a éncore de temps en temps
quelques troubles vésicaux, un peu de douleur en urinant et des urines troubles, mais insuffisants pour le décider à venir à l'hôpital.
Le jour de notre examen il se plaint de douleurs gastriques, de météorisme après les repas, de constipation chronique.
Après interrogatoire, il nous dit souffrir surtout de la région lombaire droite et également un peu du ventre, mais sans préciser ; ces douleurs existaient déjà depuis quelques temps lors du premier séjour du malade à l'hôpital. Elles s’exagèrent surtout par la fatigue et le soir. Pas de vomissements. \
L'examen nous montre de la sensibilité au niveau du point de Mac Burney, avec maximum douloureux plus haut situé, para-ombilical droit.
L'examen radiologique de l'intestin montre que ces points douloureux correspondent à la région appendiculaire et au bord interne du cæcum.
Opération le 24 juillet 1927 : Extériorisation du cæcum et retournement ; appendice rétro-cæcal noyé dans des adhérences, à aspect très inflammatoire, congestionné et saignant facilement. Ablation, enfouissement du moignon au catgut 00 ; fermeture sans drainage; suites opératoires normales.
Le malade est revu en janvier 1928, les douleurs lombaires ont complètement disparu, il n’a pas eu de troubles urinaires depuis six mois. Il persiste de temps en temps un peu de constipation etun météorisme abdominal léger, par crises
rares.
OBSERVATION IX (D' Gaume).
Mme V..., 43 ans.
Cette malade vient consulter pour des douleurs lombaires et des hématuries durant depuis dix-huit ans.
On relève dans ses antécédents personnels :
Réglée à 18 ans.
En 1907, hystérectomie pour salpingite à l'hôpital Cochin.
En 1908, crise de colique néphrétique droite, ayant nécessité quinze jours de repos à l’hôpital Necker et s'étant accompagnée de phénomènes vésicaux et d’hématuries.
Depuis cette première crise, elle a toujours souflert deux à trois crises par an ; en 1918 nouveau séjour à l'hôpital Necker, puis augmentation progressive de la fréquence des crises au point que :
Depuis deux ans, des douleurs lombaires continues, obligent la malade à cesser tout travail, et à passer sa vie sur une chaise longue. Elle a en outre une hématurie tous les quinze jours, accompagnée ou non de phénomènes de cystite.
Chacune de ces crises se caractérise par une augmentation des douleurs lombaires droites. En crise aiguë ces douleurs sont bilatérales, mais avec maximum droit.
Ces crises s’accompagnent toujours d’une hématurie importante avec caillots durant quelques jours, et quelquefois de troubles vésicaux (un peu de polakiurie, cinq à six fois la nuit). Tout rentre dans l’ordre en quelque jours.
En dehors des crises, la malade ne se souvient pas avoir
eu des urines troubles. Mais elle continue à souffrir de douleurs lombaires, qui augmentent rapidement lorsqu elle est longtemps debout, ou même longtemps assise, et l'obligent elle, femme d’ouvrier, à rester allongée la plupart du temps.
La malade n'a jamais souffert de l'abdomen, elle n’a jamais eu de crises nette d’appendice aiguë, elle pense d’ailleurs que son appendice a été enlevé en 1907, en même temps que son utérus.
Le 96 octobre 1927, l'examen nous montre une malade très amaigrie très anémiée. Elle n’a pas actuellement de troubles urinaires et ses urines sont parfaitement claires. k
Elle souffre dans la région lombaire droite, mais le rein n’est pas augmenté de volume ne nous semble pas spécialement douloureux ; il y a un maximum net de la douleur, au point de Mac Burney.
La malade est une constipée habituelle, mais elle ne se laisse pas constiper, car elle a remarqué, que le fait de ne pas aller plusieurs jours de suite à la selle déclanchait une crise de cystite.
Elle a de temps à autre des vomissements bilieux, pas de troubles gastriques habituels, elle n’a pas actuellement de fièvre, mais en a habituellement au début de ses crises.
Lesexplorations des voies urinaires n'ont rien donné chez elle, l'examen fonctionnel montre une vessie saine, O. U. gauche normal, le droit allongé et un peu rouge, rares cellules, pas de pus, pas de microbes dans les échantillons recueillis. riens d’une valeur sensiblement égale.
La pyéloscopie droite montre un bassinet de forme,
dimensions et motricité normales.