‹ Contribution à l'étude des fractures de la cavité cotyloïdeChapitre 16 sur 21 · DIAGNOSTIC · texte numérisé non relu

DIAGNOSTIC

Nous avons quatre symptômes capitaux qui peuvent nous servir à faire le diagnostic d’une fracture de l'acétabulum. Ce sont :

1° Avant tous les autres, l'effacement du grand trochanter du côté lésé ou signe de Roux, de Lausanne, effacement que l’on peut évaluer en mesurant la distance qui sépare ce grand trochanter de l’épine iliaque antéro-supérieure. Nous avons pu juger par nous-même de la valeur de ce symptôme que nous avôns trouvé d'une façon constante dans les deux observations inédites que nous publions.

2" Le toucher rectal et le toucher vaginal nous fournissent la certitude d’une douleur au niveau de la face interne de l’acétabulum et nous renseignent sur la présence de fragments de cotyle et, dans les cas où il existe, sur l’enfoncement de la tête fémorale. Nous avons pu vérifier par nous-même les exacts renseignements que donne le toucher rectal. |

3” Un autre signe capital, mais qui apparaît quelques jours après l'accident, c'est le signe de Destot, qui consiste en une petite ecchymose au niveau de la partie la plus déclive des bourses. Bien que n'ayant pas constaté son existence, nous croyons, de par sa fréquence dans les observations que nous avons lues, à sa parfaite utilité.

4" Un quatrième symplôme, un peu moins important,

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est l’existence d’une douleur à la palpation au niveau de la fosse iliaque interne et de l'articulation coxo-fémorale.

Mais, malgré leur importance, ces signes capitaux ne nous permettront pas toujours de porter un diagnostic certain. Prenons un de ces cas de fracture de la cavité cotyloïde sans déplacement des fragments, fracture qui s’est produite sous l'influence d'un traumatisme léger ; par exemple le malade de Poncet, qui ne se fit soigner que quinze jours après l'accident. Il ne se plaignait que de quelques vagues douleurs. Tous les mouvements de Son articulation étaient possibles. Il n'avait pas de déformalion, pas de raccourcissement. Il était permis de penser plutôl à une contusion de la hanche qu'à une fracture du cotyle. Seuls, le signe de Roux et le toucher rectal pouvaient fournir un élément certain de diagnostic. Et cependant, parfois l'on est obligé de recourir à la radiographie.

Nous connaissons deux cas, cilés par Astley-Cooper dans ses (Œuvres chirurgicales , de fractures de Ja cavité cotyloïde qui avaient été prises pour une luxation iliaque. Il est probable que l'erreur de diagnostic devait

être due à un gonflement énorme de la région qui devait

gêner l'exploration.

D'une façon générale, en effet, nous ne nous tromperons pas. Comme symptômes communs, nous avons seulement l'extension et le raccourcissement, tandis que comme signes particuliers à la luxation iliaque, nous avons une adduction très marquée de la cuisse, forte saillie de la fesse due au déplacement de la tête que l'on peut très bien sentir, une ascension du grand trochanter au-dessus de la ligne de Nélaton-Roser et l'impossibilité absolue de faire des mouvements d’adduction et d'abduction.

Nous ne confondrons pas non plus avec Ta luxation

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ischiatique qui s'accompagne d'une flexion exagérée de la cuisse avec adduction, d'une saillie de la fesse due à la tête fémorale que l'on sent en arrière au-dessus de l'ischion: de plus, les mouvements d’abduction sont impossibles. |

Dans la luxation sus-pubienne, nous aurons, tout comme dans les fractures du cotyle, de l'extension et du raccourcissement, mais ce qui nous empêchera de nous tromper, c'est la perception, au niveau du pubis, de la tête fémorale.

Dans la luxation ovalaire, le membre est considérablement allongé et ce seul fait nous évitera une erreur de diagnostic d'avec les fractures de l'acétabulum.

Il est une lésion qui ressemble étonnamment aux luxations de la hanche et que l'on peut confondre avec la fracture du cotyle ; ce sont les fractures du sourcil cotyloïdien qui sont, en réalité, des luxations compliquées de fractures. Elles se produisent lorsque, soùs l'influence d'un traumatisme, la tête fémorale détruit le sourcil cotyloïdien ct vient saillir dans la fosse iliaque. C'est par -la saillie de la tête que nous percevrons dans la région fessière, et souvent, uniquement par la radiographie que nous ne confondrons pas avec un enfoncement de l’acétabulum.

Enfin, les lésions qu'on est porté le plus souvent à confondre avec les fractures du cotyle sont les fractures intra-capsulaires et extra-capsulaires du col du fémur, Nous avons pensé qu'il serait préférable de faire un tableau résumant les symptômes différentiels de -ces différentes sortes de fractures.

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