COMPLICATIONS. — PRONOSTIC. — TRAITEMENT
Au point de vue des complications, nous sommes encore obligés de sérier suivant qu'il y a purement et simplement enfoncement de l'acétabulum ou fracture du bassin coexistante.
Dans ce dernier cas, les er sont fréquentes et consistent surtout dans des déchirures des viscères, surtout perforation de la vessie. On comprend alors combien le pronostic est grave, et le plus souvent, on observe un exitus rapide.
Lorsqu'il y a uniqgement pénétration de la tête fémorale dans le bassin, les complications sont rares. Dans presque aucun cas,on ne constate de lésions des viscéres pelviens, et cela se comprend aisément, car le choc initial est minime et n’amène pas un déplacement très accentué des fragments. Cependant, il est possible d’observer des lésions au niveau des vaisseaux et des nerfs qui passent dans le voisinage de la cavité cotytoïde. Ainsi on constate parfois la présence d'épanchements sanguins qui sont dûs à une déchirure d’un vaisseau obturateur ou crural. Morel-Lavallée cite une observation où il a remarqué un soulèvement du nerf obturateur par la tête fémorale enfoncée. Il semble donc que, vu la rareté des complications survenant dans les fractures isolées du fond de l’acétabulum, le pronostic de ces fractures soit bénin,
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Il u’en est rien cependant. Lorsqu'on revoit ces mala-
des un an, deux ans après leur accident, on est frappé souvent de voir qu'ils présentent des troubles de la marche qui consistent en de la boiterie, de l’arthrite ou de l’ankylose.
La boiterie s’observe quand il y a eu un enfoncement très marqué de la tête fémorale et que, malgré l'extension continue, on n’est pas arrivé à réduire complètement la luxation de la tête. Ce raccourcissement peut être minime mais aussi atteindre ? centimètres.
L'arthrite tire sa cause, on le comprend, du traumatisme qu'a reçu l'articulation de la hanche. Cette arthrite se traduit par une limilation des mouvements et parfois même par des craquements. Dans quelques rares cas, on observe une perte complète des mouvements, et Frézard a essayé d'expliquer cette ankylose par un cal qui aurait soudé la tête fémorale à l'os iliaque.
Enfin, dans le Lyon médical de 1900, nous avons trouvé une observation de M. le professeur Fabre, de Lyon, au sujet d’une femme qui présentait une vicialion du bassin due à une fracture de la cavité cotyloïde produite à l’âge de 6 ans. Le cal élait tellement volumineux qu'il avait amené un rétrécissement du bassin. On connaît un autre cas de ce genre, relaté par Patridge. |
On voit, de par ces complications tardives, combien le pronostic est assombri el combien il doit être réservé, particulièrement lorsque ces fractures ce sont produites dans un accident du travail. I faut suivre le malade longtemps, pendant une période de deux ans bien souvent avant de pouvoir évaluer son incapacité permanente. Combien de ces malades, malgré la bénignité des symptômes qu'ils ont présenté, restent des infirmes pour toute leur vie |
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=> | — 51 — Le traitement dépend encore du degré d’enfoncement de la tête fémorale. Dans les cas où nous aurons simplement un éclatement de la cavité cotyloïde sans pénétration de la tête. dans le pelvis, autrement dit, quand il n'y aura pas de déplacement marqué, le meilleur traitement sera d'immobiliser le malade pendant une période qui variera de quinze jours à trois semaines. Le procédé le plus pratique d’immobilisation sera de mettre le malade É dans une gouttière de Bonnet. Au bout de trois semai-
nes, nous commencerons à mobiliser l'articulation coxo- . fémorale pour éviter l'ankylose qui est la complication la plus fréquente. Un mois après l'accident, nous ferons lever le malade progressivement.
Lorsque nous observerons une pénétration marquée de la tête dans le bassin nous conseillons de réduire la luxation existante, sous chloroforme de préférence, pour éviter toute contracture et toute douleur chez le malade, comme il a été fait dans l'observation | que nous publions. Le chirurgien fera sur le membre lésé de l'extension accompagnée d’adduetion forcée pour faire $aillir la tête de sa position vicieuse. Pendant ee temps, un aide essaiera par le toucher rectal de refouler les fragments de l’acétabulum dans leur position normale. L'opération terminée, le malade sera remis dans une gouttière de Bonnet et l’on fera de l'extension continue avec un poids de 3, 4 ou 5 kil. pour maintenir le membre en bonne position. Le malade restera dans cette position une période de deux mois environ, au bout de laquelle, nous commencçerons à mobiliser son articulation. A la fin du 3° mois seulement, on commence à le faire lever. Nous pensons que ce traitement-là est celui qui nous donnera le meilleur fonctionnement du membre.
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