INTRODUCTION
Durant notre internat dans les hôpitaux de Nimes, nous avons eu l'heureuse fortune d'observer un cas de fracture de la cavité cotyloïde, dans le service de M. Île docteur Gilis, chirurgien en chef des hôpitaux.
Nous avons pensé que, vu la rareté de ces fractures, la difficulté de leur diagnostic, il serait intéressant d'en faire le sujet d'une thèse inaugurale. Grâce à l'obligeance de M. le docteur Suquet, chef du service radiographique des hôpitaux de Nimes, nous pouvons publier une seconde observation d'un malade qui présenta également un enfoncement de l’acétabulum.
Dans notre étude, nous considérerons deux grandes catégories de fractures du cotyle: une première variété dans laquelle nous aurons des lésions osseuses très marquées, avec pénétration accentuée de la tête fémorale ; —
une deuxième variété dans laquelle les lésions osseuses resteront localisées au pelvis, et qui ne présentera qu'une ascension très légère de la tête dans le bassin.
Dans le premier cas, la saillie globuleuse de la tête dans le pelvis, saillie qui sera facilement perceptible par le toucher vaginal ou le toucher rectal, et les lésions produites par cette têle sur la vessie et le rectum, lésions se traduisant par des hémorragies rectales ou vésicales, permettront au médecin de porter un diagnostic sûr.
Mais, dans les fractures s’accompagnant d’une très légère pénétration de la tête dans le bassin, les symptômes sont beaucoup plus assourdis, le pronostic est, en général, bénin, et c’est ce qui nous explique qu'elles restent souvent méconnues. Dans la plupart de ces cas, en effet, nous sommes en présence de malades qui ont fait une chute d'un lieu peu élevé et qui présentent de l’impotence et des douleurs sans que l’on perçoive de lésions osseuses. Et le plus souvent, le médecin porte le diagnostic de contusions. Dans les fractures de ce genre, la radiographie seule nous permet de porter un diagnostic probant.
Après avoir fait un court historique de la question et l'anatomie de la région intéressée, nous étudierons le mécanisme de ces deux ordres de fractures, les lésions osseuses qu'elles déterminent et les symptômes qu'elles nous présentent. Puis, après avoir montré l'importance des touchers rectal et vaginal el de la radiographie dans le diagnostic, nous ferons le diagnostic différentiel d'avec les autres fractures du voisinage. Enfin, en dernier lieu, nous envisagerons les complications, le traitement et le pronostic.
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