OBSERVATION II
([nédite)
À. C..., 35, ans, ouvrier, entre à l'hôpital en février 1906. Nous nous trouvons en présence d’un malade qui, monté sur une échelle d'environ 5 mètres de hauteur, tombe sur le côté gauche.
Il est transporté immédiatement à l'hôpital.
A son entrée, nous constatons que le malade, quoique très déprimé, a toute sa connaissance. Comme il n'a pas uriné depuis le matin, on le sonde. Les urines sont claires. Pas de sang.
Le blessé accuse de vives douleurs du côté gauche, douleurs qui s'irradient dans les bourses et dans la partie supérieure de la cuisse gauche. :
À l'inspection, nous constatons que la partie supérieure de la cuisse paraît élargie ; le pli inguinal est légèrement effacé. Nous ne voyons pas de symptômes de fracture du col; les jambes sont en bonne position ; la jambe gauche n'est pas raccourcie ni tournée en dehors. Au niveau de la partie inférieure des bourses, nous constatons la présence d'une ecchymose. :
À la palpation, nous provoquons de la douleur lorsque nons pressons sur la crête iliaque gauche et en arrière : le trochanter gauche paraît légèrement enfoncé dans la profondeur. Il est moins accessible que le trochanter droit. Nous ne trouvons pas de signes de fracture du pubis ou du sacrum.
Nous mensurons les membres inférieurs et ne trouvons pas de raccourcissement sensible du membre gauche.
Pour Par contre, nous trouvons que la distance séparant le grand trochanter de l'épine iliaque antéro - supérieure mesure du côté sain près d'un centimètre de plus que du côté malade.
En pratiquant le toucher rectal, nous constatons que la pression du doigt est douloureuse sur la partie gauche du bassin au niveau de la face interne de lacétabulum.
Fracture de la cavité cotyloïde avec fragment supérieur
(Schéma reproduisant la radiographie faite par M. le Dr Suqued, en 1906) ‘Le lendemain, le malade est radiographié par M. le docteur Suquet, qui constate un enfoncement de la cavité cotyloïde gauche avec une légère pénétration de la tête
fémorale dans le pelvis. Le reste du bassin est intact. Le malade est immobilisé dans une gouttière de Bonnet avec légère extension. Au bout d’un mois et demi, il commence à se lever et à marcher avec des béquilles. Peu après, il sort de l'hôpital, et depuis nous l'avons perdu
de vue.