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de la lésion. Si celle-ci n'intéresse qu'une seule partie d'un COrps caverneux, la suffusion sanguine est nettement circonscrite, se limitant à quelques centimètres et prenant, par la suite, l'aspect d’une tache ecchymotique banale, se résorbant naturellement et assez rapidement,
Dans d’autres cas, l’extravasation est si considérable qu'elle peut s'étendre au loin, en raison même de la laxité du tissu cellulaire sous-cutané, Le plus ordinairement, elle tend à gagner la région du prépuce, sans cependant abandonner le voisinage de la racine du pénis. La peau, à son tour, subit des modifications : elle devient rapidement noirâtre, livide parfois; l’infiltration se: faisant très vite, la peau de la verge se colore en entier et quelquefois simule au premier abord une gangrène d'emblée. Peu à peu, cette colo-
ration se modifie, en même temps que la douleur perd de
son intensité. La teinte devient bleuâtre, verte, jaune, tout comme dans une contusion ordinaire.
Lorsque lé traumatisme s’est accompagné de nombreux délabrements des corps caverneux, les vaisseaux, par leur attrition, et ceux-là peuvent donner naissance à un abondant écoulement de sang. Il apparaît à la superficie de l’organe une collection liquide, formant une véritable tumeur sanguine, molle, fluctuante, plus ou moins limitée, suivant l'importance du traumatisme et de la lésion organique. D'ord'naire, elle se forme rapidement si le traumatisme a été violent. Dans d’autres cas, elle peut être plus lente à apparaître, et c’est pour cette raison que les auteurs négligent ces bosses sanguines, en se remettant au seul soin de la nature de hâter leur disparition
La résolution semble être le mode le plus fréquent de leur terminaison. Demarquay relate un cas où l’on à vu la mort survenir à la suite d’un essai d'ouverture par le bistouri d’une tumeur sanguine collectée au milieu du tissu caverneux.
Dans les jours qui suivent, cette collection, prenant de plus en plus l’aspect d'une poche bien limitée, donne à la
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main qui expiore une sensation particulière : on l’a comparée à une crépitation., Ce signe n'est cependant pas constant, et la crépitation peut faire place parfois, lorsque le traumatisme a été violent et a déterminé une vaste solution de continuité entre les corps caverneux et le tissu cellulaire souscutané, à la crépitation emphysémateuse.
Dès que la rupture s’est déclarée, on constate également une mobilité anormale du membre, qui est retombé en état de flaccidité. Cette mobilité, peu marquée au début, devient de plus en plus évidente à mesure que l’on s'éloigne du moment de l'accident, La portion de l’organe située en avant du point fracturé reste pendante : elle oscille, en quelque sorte, et les oscillations sont d'autant plus marquées que la turgescence est diminuée. Il semble que toute attache avec la portion fixe du pénis soit rompue : elle se meut sur celle-ci à la manière d’une pseudarthrose, surtout au moment des tentatives d’érection. Tandis que le bout postérieur de la verge gonfle, s'érige et se durcit, la partie antérieure reste flasque, indépendante, comme si rien ne l'attachait désormais à la racine de l'organe.
C'est aussi à l'occasion de cette mobilité anormale que l’on peut percevoir la crépitation particulière due à l’épanchement sanguin en ce point.