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TRAITEMENT

Ainsi donc, puisque le pronostic dépend en grande partie de l’opportunité du traitement, il ne nous reste plus qu'à envisager quelle est la conduite à tenir en face d’une rupture confirmée de la verge.

La majorité des auteurs s'accordent à ne reconnaître qu'un seul traitement : c’est le traitement antiphlogistique, lorsque les phénomènes inflammatoires sont nettement accentués, résolutif à l’aide de compresses humides froides et même application de glace sur l'organe. Les raisons qu'ils en donnent, c'est qu'il n'y a pas lieu de chercher à réduire la fracture, et encore moins de la maintenir réduite. Ce résultat s’obtiendrait tout naturellement sous l'influence de résolutifs et du repos au lit.

Pour Demarquay, un tel traitement serait seul possible, étant données la complexité anatomique de la région, la difficulté à intervenir par le bistouri dans une région aussi richement vascularisée et surtout la difficulté qu'aurait le praticien à suturer les mailles des corps caverneux.

Legueu, de son côté, n’envisage qu'un seul traitement c'est l'application de compresses: froides, légèrement compressives, avec repos absolu au lit. Il pense qu'il n’y ait pas grand avantage à inciser l’hématome et à chercher à suturer la gaine déchirée du corps caverneux. Cette conduite ne mettrait pas à l’abri des déviations consécutives possibles.

Pour Reclus, également, les applications locales et le repos sont les seules directives que doive suivre un traitement.

De leur côté, les auteurs étrangers accordent une prépondérance au traitement résolutif. Ainsi, dans les observations de Valentine Mott, de Zubkowsky (Beitrag zur Kasuistik der

Lure

fracturen der penis beim coîtus. Wratschellbnaja. Gaz., 1903, t. X, p. 621), le traitement institué a été résolutif.

Cependant, malgré la tendance que l’on a à accorder une place prépondérante au traitement antiphlogistique, le docteur Alivazatos, pour arrêter la marche envahissante de l’hématome et réduire au minimum le processus cicatriciel de la lésion, n’a pas hésité à instituer dans un cas un traitement chirurgical.

Rodolfo Redi, de son côté, n’hésite pas à intervenir lorsque l’état de la lésion commande une intervention.

Enfin, dans un cas récent, M. le docteur Blanc (de Bordeaux) est intervenu chirurgicalement chez un malade, et, malgré la complexité de la région, a obtenu par la suite des résultats entièrement satisfaisants, puisque le sujet constatait lui-même le retour absolu et total aux fonctions normales de son organe blessé.

En résumé, on peut dire que le traitement de la fracture de la verge peut reconnaître deux méthodes :

1° Une méthode sanglante; 2° Une méthode résolutive.

Les praticiens qui demandent l'intervention s'appuient sur les directives suivantes :

1° Large débridement de l’hématome; |

2° Suture des corps caverneux et de l’albuginée; la suture favorise l’hémostase des corps caverneux;

3° Suture de la peau;

4° Immobilisation dans une gouttière ou en position droite moyennant un petit appareil à traction et d’emplâtre adhésif.

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