‹ Contribution à L'étude des Fractures de la VergeChapitre 23 sur 30 · ONE · texte numérisé non relu

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celle du reste du pénis. Pendant l'érection de la verge, la tumeur se gonflait à son tour, devenait dure et volumineuse. On la prit pour un abcès et on l’ouvrit malgré les remontrances d’Albinus, qui en avait reconnu la nature: Il en sortit du sang, et rien autre chose : l'hémorragie fut même très abondante; elle ne put être arrêtée et le malade succomba en peu de jours.

Albinus fit l'examen de la verge pour connaître le siège et la nature de la maladie : il trouva que l’un des corps caverneux était dilaté et formait une poche remplie de sang comme les véritables anévrismes. [Il sut, en outre, que pendant la vie la tumeur était plus petite et plus molle lorsque la verge était dans l’état de flaccidité et qu’elle devenait dure et volumineuse avec le reste du pénis pendant l'érection.

: Boyer, de même, a vu à sa consultation de l'Hôpital de la Charité un anévrysme du corps caverneux, consécutif à une déchirure de celui-ci, du volume de la moitié d’une grosse noisette. La tumeur, molle, élastique, sans changement de couleur à la peau, disparaissait par la pression et n'offrait aucun battement. Boyer conseilla au malade de ne faire aucun traitement. $

Avec l’anévrysme on cite également la gangrène de la verge, que l’on croit assez rare si l’on s’en rapporte à l’opinion classique. Demarquay a cependant la certitude que la gangrène est une complication fréquente des diverses lésions du pénis. Il ne saurait en être autrement si l’on parcourt la longue liste des causes capables de la déterminer. Il faut remarquer, du reste, que cette complication survient chez des sujets prédisposés, débilités, ou se livrant avec excès aux abus génitaux.

Elle a généralement pour point de départ une lésion du revêtement cutané; cependant il n’est pas toujours besoin de recourir à l'existence d’une plaie pour voir se manifester cette affection. Blandin, dans son service, a vu mourir un jeune homme d’une gangrène du pénis, déclarée à la suite

‘ d’une torsion violente de la verge pendant l'érection. Il avait

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dû se produire une rupture fibreuse de l’albuginée, s'accompagnant également de rupture des corps caverneux avec épanchement.

Il est rare que la gangrène se limite aux enveloppes de la verge : le plus souvent, elle envahit le scrotum, donnant ainsi naissance à un état excessivement grave, avec fièvre, pouls petit, respiration rapide, déchéance générale. La mort est, en général, l’aboutissant de cet état.

Huguier (Soc. de chirur. de Paris, 27 avril 1853) rapporte le cas d’un palefrenier qui, à la suite d’une fracture de la verge, eut son membre atteint de gangrène et succomba après avoir présenté les signes les plus graves d’une atteinte générale et souffert intensément.

La gangrène des tissus n’amène pas toujours une issue fatale, elle peut très bien guérir si elle est traitée avec énergie, mais la guérison ne met pas à l'abri des complications lointaines communes aux fractures de la verge, à savoir la déviation permanente qu'elle présentera.

De même, il faut signaier comme complication lointaine les rétrécissements de l’urètre,.avec toute leur symptomatologie et leurs conséquences, lorsque la rupture à intéressé à la fois et le tissu érectile et le canal urétral. Ces rétrécissements, joints aux complications précédentes et à la formation vicieuse d'une cicatrice au niveau du trait de fracture, ne font qu'aggraver un pronostic déjà assombri par l'étendue du tissu érectile lésé.

La formation de la cicatrice est certainement la question la plus délicate à ce point de vue; car c’est d'elle, ainsi que de l'opportunité d’un traitement que dépendra plus tard le retour normal d’un organe à ses fonctions normales.

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