‹ Contribution à l'étude des fractures de la voûte palatineChapitre 10 sur 20 · LEE · texte numérisé non relu

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Si dans un traumatisme de cette nature, les deux forces étaient bien diamétralement opposées, mais appliquées sur la région médiane et sur une plus large étendue, on pourra observer un enfo icement simultané des deux os. Tel est le cas rapporté pee DC Richard Wisemann. on

Observation VI.

Enfoncement simultané des deux maxillaires supérieurs, — Observation due

re L à Richard Wisemann dans son « Chururgical Treatise, 1794 ».

‘re Di SUR petit garçon de huit ans avait reçu au milieu de la face un | choc tellement violent qu'il était resté un moment comme mort, - puis dans un coma prolongé. « Quand je le vis, dit l’auteur, il offrait un aspect étrange, ayant la face enfoncée, la machoire inférieure saillante en avant ; mais après un moment il reprit ses sens et se laissa persuader d'ouvrir la bouche. Je vis alors qu’il était impossible de glisser mon doigt par derrière comme je l'avais projeté et l’extension ne pouvait se faire d’une autre manière. J'imaginai sur le champ un instrument courbé à son extrémité que j'engageai derrière la luette et après l'avoir porté un peu en haut je m'en servis pour ramener l'os en avant ce qui eut lieu ii sans difficulté. Mais je n'eus pas plutôt retiré mon instrument

que la masse fracturée se rejeta en arrière. Alors je me contentai

de panser la face avec un cérat astringent pour prévenir l’afflux

| des humeurs; je fis également une saignée; quelques heures

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après, j'avais un instrument mieux fabriqué pour ramener cette

grande masse d'os à sa place naturelle et jela fis retenir en position par la main de l'enfant, de la mère et d’un aide, chacun durant un certain temps. Rien autre ne fut fait ; ainsi, par ces soins combinés, la tonicité des parties fut préservée, le cal se développa et À mesure qu’il se consolida les parties prirent plus de force, la face reprit son aspect, meilleur apparemment qu’on aurait pu l’es-

pérer après un déplacement aussi considérable. »

Le malade de Wisemann guérit rapidement malgré l'étendue

de la lésion : les symptômes cérébraux n’avaient présenté aucune

gravité et avaient été de courte durée.

Dans certains cas, il est impossible de se faire une idée du mécanisme de la lésion. À côté des fractures multiples de la face, de véritables broiements, on trouve une séparation de la voûte palatine.

Pourquoi les os ont-ils cédé ici dans leur conti-

nuité, alors qu’ils se sont disjoints en d’autres

points ?

Nous trouvons dans l’ouvrage d'Heathon sur les maladies des mâchoires deux observations de ce genre que nous ne citons qu’à titre de curiosité.

Il s’agit, dans un cas (Obs. VII), d’une double solution de continuité de la voûte palatine divisée en trois fragments, le fragment médian comprenant la suture inter maxillaire.

Chez un autre sujet, les os de la face étaient complètement fracassés avec séparation des deux maxillaires supérieurs. La mort fut instantanée. Le moule

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de cette horrible difformité se trouve au musée de Westminster-Hopital.

. Observation VII

Double fracture antéro-postérieure du maxillaice s'étendant sur la voûte

palatine (Heathon, Traïté des maladies des mächoires, traduit par Darin).

Un voyageur était dans un cab, et, au moment où il se penchait à la portière pour donner ses ordres au conducteur, la voiture se renversa et lui écrasa la face. On constata, outre une fracture du maxillaire inférieur un peu à gauche de la ligne médiane, deux fractures de la mâchoire supérieure à environ 2$ millimètres de chaque côté de la ligne médiane et s'étendant assez profondément en arrière. Les os du nez étaient cassés, les deux os malaires flottaient séparés de leurs attaches et le gauche était brisé, de même que l’apophyse angulaire externe de l'os frontal. Il y avait sans doute une fracture du vomeret probablement de la lame verticale de l’ethmoïde.

En regardant le blessé de profil pendant la déglutition, on voyait toute la charpente osseuse de la face se mouvoir en haut

eten bas sur la partie fixe du crâne à mesure que les différentes

parties se mettaient en mouvement : on aurait dit que les téguments

seuls les retenaient en position.

Enfin, peut-il se faire que le simple ébranlement de la voûte puisse occasionner, sur celle-ci, une perte de substance ? Il semble qu'il en ait été ainsi dans le cas rapporté par Chassaignac à la Société de chirurgie (mars 1894).

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« Un malade, à la suite d’un coup de pied de che- « val, éprouva consécutivemeat une perte de subs- « tance sur la voûte palatine, si bien qu’il existait « une communication entre la bouche et les fosses « nasales ». |

Le fait paraît extraordinaire. Nous aurions voulu posséder l’observation complète, mais le compte rendu de la séance de la Société de chirurgie ne. nous donne aucun autre détail.

Il n’est pas rare de voir sur certains crânes des voûtes palatines présentant, en quelques points, un amincissement si considérable que l’os est transparent :il s’agissaitsans doute, dans le cas de Chassaignac, d’un malade atteint d’une lésion semblable.

2° La fracture du maxillaire est elle-même la cause indirecte.

Le choc, dans ces cas, peut-être transmis 1° par le maxillaire inférieur, si le coup a porté sur le mentou; 2° parles apophyses montantes, s'il s’agit d’une chute sur le nez; 3° par lesapophyses malaires, si la force s’est appuyée latéralement sur l’os malaire.

a). — Chute sur le maxillaire inférieur (1).— « La force « appuyant sur le menton, la courbe inférieure que « décrit le bord alvéolaire du maxillaire inférieur « étant plus petite que celle du bord correspondant « du supérieur surtout en avant, (les incisives d'en

1, Lehéribel, Thèse de 1874,

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« haut recouvrant celle d’en bas), la première pénètre « dans la deuxième qu’elle tend à écarter en disjoi- & gnant la suture médiane des deux os mi Me « Cette action a d’autant plus de puissance que le « rebord alvéolaire du maxillaire supérieur est obli- € que dans toute son étendue, de haut en bas et du « centre vers la périphérie de la voûte palatine.

« D'autre part, la disjonction de la suture média- <ne ne pourra avoir lieu sans que les maxillaires « supérieurs cèdent dans leurs sutures malaires, orbi- «taires; sans que les apophyses pterygoïdes se bri- « sent ou soient le siège d’une lésion plus ou moins « considérable suivant l'intensité de la force agis-. « sante. |

Nous croyons que ces diastasis multiples ne se produisent pas, mais que les piliers cèdent plutôt dans leur continuité. L'observation tirée du Dictionnaïre en 30 volumes en est un bel exemple.

Ce diastasis de la voûte palatine ne saurait se produire lorsque la force, portant latéralement, est bien exactement dirigée de bas en haut suivant la plus grande épaisseur du maxillaire inférieur de telle sorte que celui-ci, ne cédant pas, la transmet directement dans le sens vertical aux colonnes de sou-

__ tènement qui unissentla voûte palatine à la base due

__ crâne, qui subit alors le contre-coup du traumatis- me: une fracture de la base peut se produire, mais le maxillaire et la voûte palatine restent indemnes.

‘Enfin, lorsque dans une chute, le corps, après avoir

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