‹ Contribution à l'étude des fractures de la voûte palatineChapitre 14 sur 20 · MS AL · texte numérisé non relu

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GC). — Division de la voûte palatine par suite de chute sur l'os molaire. — C’est à cette variété qu’appartient le cas relaté dans l’observation personnelle que nous publions. Nous n’en avons pu trouver aucun autre exemple dans les ouvrages et publications que nous avons compulsés. Aussi, après avoir rapporté l'observation, nous permettrons-nous un court essai Sur le mécanisme de cette fracture.

Observation X (personnelle)

Recueille à l'hôpital de Saint-Maurice dans le service du Dr Damalix.

Diastasis de la voûle palatine sans fracture de rebord alvéolaire.

Le nommé F..., Victor, entre à l’hôpital de Saint-Maurice le ;

6 mars 1897 avec le diagnostic de fracture des os du nez. Ce malade, qui exerce la profession de manœuvre, était tombé d’une échelle sur laquelle il montait pour porter un sac de plâtre. L'échelle ayant glissé le long du mur contre lequel elle avait été appliquée, le maçon, précipité dans le vide d’une hauteur de quatre mètres, vint s’abattre sur un terrain sabloneux, La région malaire supporta tout le poids du choc, tandis que le côté correspondant dela face reçut le poids du fardeau. Deux heures après l'accident, a son entrée à l'hôpital, le malade a repris connaissance, 1 mais il lui est impossible de prononcer un mot: il présente une | forte contusion au niveau de la saillie malaire et un gonflement

énorme de la face s'étendant, en haut, jusqu’au niveau de la racine

du nez, et en bas jusqu’au-dessus de la fossette canine, il rend

le sang en abondance par le nez et la bouche. On ne sent pas de

crépitation au niveau de la région malaire.

A 2 EE La région nasale est déformée, aplatie transversalement au niveau de saracine. En appuyant légèrementavec l'index à.ce niveau, ‘on mobilise très aisément un fragment qui semble constitué par les deux os propres détachés des apophyses montantes.

Quand nous revimes le malade, le lendemain, le gonflement du côté droit avait doublé de volume, toute la face était envahie, et l'on remarquait, au niveau de la paroi latérale du sinus maxillaire, une tumeur arrondie qui n'existait pas la veille. En y portant les doigts, on la sentit se déprimer sous la pression en donnant une sensation très nette de crépitation neigeuse.

Quelques heures après, la tumeur, suivant un trajet ascendant, avait gagné les régions malaires et nasales ; elle s’étendait jusqu’au dessous de l'orbite. Elle avait alors perdu sa forme globuleuse, et, à la percussion, la joue rendait un son tympanique.

Le soir, toute la région du cou était envahie et le tympanisme, ainsi que la crépitation caractéristique, s’accusaient sur la région tuméfiée jusqu’au niveau du creux sus-claviculaire.

Le lendemain, la région du grand pectoral était envahie ainsi que la région dorsale ; et, le troisième jour, on sentait la crépitation en avant et en arrière jusqu’au niveau de la ceinture iliaque.

Le malade ayant consenti à se laisser ouvrir la bouche, nous observâmes une. ecchymose de la voûte palatine et de la face interne des joues. Il existait en même temps un gonflement énorme de cette voûte, appréciable surtout dans son tiers postérieur. Le voile du palais et la luette sont méconnaissables, énormément tuméfiés. Cette tuméfaction est aisément réductible-ét donne à la pression la sensation d'un ballon gonflé d’air que l'on déprime. La muqueuse est déchirée au niveau du palatin en arrière et à gauche. Son lambeau mobile est très visible. |

Les os ne présentent aucun déplacement appréciable, mais en

MES UE promenant l'index d’arrière en avant sur la ligne médiane de la voûte palatine, on sent un écartement de trois millimètres à peu À près. La solution de continuité s'arrête très nettement au niveau

- du trou palatin antérieur. En arrière, elle dévie à gauche dans la direction de la suture du palatin avec le maxillaire.

On ne sentait rien d’anormal au niveau des parois des sinus et la pression sur les différents points du maxillaire supérieur ne réveillait aucune douleur. Le point d’émergence du sous-orbitaire n’était pas, non plus, douloureux, je

Le quatrième jour, l’emphysème commença à disparaître et, le | l cinquième, il n’en restait plus trace. ;

La fracture des os du nez commençait déjà à se consolider, mais la fenle palaline avait disparu au sixième jour. La région était encore douloureuse. Une nouvélle exploration de la face ne) nous révéla aucune anomalie. Te û

Le malade n’avait présenté d’autres signes fonctionnels qu’une certaine difficulté (au début de l’impossibilité absolue) de parler et de déglutir et un nasonnement de la voix.

Un fait également intéressant à signaler au sujet de ce malade est l'apparition, vers le quatrième jour, d’une ecchÿmose sousconjonctivale.

La courbe thermique, qui accusait 38° le jour de l’accident, redescendit le lendemain à la normale.

- Enfin notre malade ne présenta d’autre symptôme cérébral qu’une perte de connaissance de courte durée au moment de sa chute.

Il ne lui fut fait aucun traitement chirurgical. On se contenta d’assurer l’asepsie de la bouche au moyen de gargarismes bori-

qués.

Il sortit complètement guéri au huitième jour.

Thomas

SN pres Le

Au sujet des complications, nous reviendrons sur le mécanisme de l’emphysème dans ce cas particulier.

Ce que cette observation présente d’intéressant au point de vue anatomo-pathologique, c’est l’arrêt du trait de fracture au niveau du trou palatin antérieur et l'intégrité presque absolue des autres parties du maxillaire supérieur.

Le seul point où cet os ait cédé est son union avec les os propres du nez et le frontal et il s'agissait là, apparemment, d’un diastasis plutôt que d’une fracture.

Il ya lieu de se demander comment, à la suite d’une chute sur le malaire, a pu se produire la séparation des deux segments de la voûte palatine.

Voici comment nous nous sommes expliqué le fait :

Les deux massifs maxillaires, réunis ensemble sur la ligne médiane, et rattachés latéralement aux malaires, constituent avec ces os une sorte de demiceintre, de fer à cheval, que l’on peut comparer au maxillaire inférieur.

Les deux malaires représentent ici les parties latérales et les branches ascendantes de l’os de la mâchoire inférieure.

Il n’est donc pas étonnant qu'ils puissent jouer, : dans le mécanisme des fractures, à l'égard des maxillaires, le même rôle que les branches montantes du maxillaire inférieur à l'égard du corps de cet os dans les fractures par cause indirecte. Lorsqu'un

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