‹ Contribution à l'Étude des Fractures des MétacarpiensChapitre 3 sur 35 · HISTORIQUE · texte numérisé non relu

HISTORIQUE

Les fractures des métacarpiens étaient connues dès la plus haute antiquité. Mais les premiers auteurs n’en ont donné que de brèves descriptions parce qu'ils considéraient ces fractures comme rares. Ce n’est que depuis le siècle dernier qu’une étude approfondie de ces lésions a été faite.

Hippocrate n'en parle pas, Galien l'avoue. Mais Littré nous dit qu'Hippocrate a dû en faire mention, mais que probablement le chapitre a été perdu.

Paul d'Égine, un des premiers, a essayé de les expliquer. « Les os du carpe et du métacarpe, nous dit-il, étant creux et de leur nature friables, doivent être plus souvent écrasés que fracturés, ».

Albucasis nous signale le déplacement et indique un traitement. Les appareils doivent être variés ‘suivant le sens de la saillie de l'os fracturé,

Guillaume de Salicet s'occupe aussi de la théra-

pe

peutique et re l'extension pour tous les cas.

A. Paré, au contraire, n’admet que la position fléchie.

Benjamin Bell, au xvur siècle, décrit un appareil compliqué.

Ii faut arriver au milieu du x1x° siècle pour trouver une étude sérieuse de ces fractures.

Sanson dans le Dictionnaire de Médecine en 1832, Dupuytren dans la Gazette des Hôpitaux en 1833, Velpeau, Vidal de Cassis et S. Cooper, publient des articles sur les fractures des métacarpiens.

En 1847, Malgaigne s'occupe de cette question dans son Traité des fractures et des laxations. Puis, paraissent les thèses de Renault du Motey (1854), de Pichon (1864). En 1856, l’article de Polaillon (Dict. encycl. des Sc. médic.)

Barbé fait une thèse intéressante en 1883 sur ces lésions. Nous citerons les articles de Le Dentu (Dict. de Méd. et de Chir.), de Rieffel (Traité de Chir. de Le Dentu et Delbet) et de Ricard.

En 1881, Bennett signale, à la Société anatomique de Dublin, une variété de fracture de la base du premier métacarpien.

En 1899 paraît la thèse de Chéron.

En 190», le médecin-major Jacob publie, dans la Revue d'Orthopédie, 2 cas de fracture par arrachement. La même année paraît la thèse de son élève Botte (Lyon, 1902).

Nous signalerons l’article de Hannecart (Soc. belge : de Chir., 1903), celui de MM. Dartigues et Boyer

(Ball. de la Soc. anat. de Paris). Miles et J:W., Stuthers (Edimbourg Med. Journ., avril 1904), Duroux (Lyon médical, 1905), continuent l'étude de ces fractures. M. Raoul Baudet, dans le Médecin praticien, en fait l'étude générale. Rammstedt, en Allemagne, signale un cas de fissures multiples du premier métacarpien.

Citons les thèses de Dorny (Paris, 190), de Dreux (Paris, 1908), de Delapchier (Paris, 1909), les articles de Vennia(Zyon médical, 1905), de Peraire (Bull. de la Soc. anat.de Paris, 1907), de Robinson (Boston med. and. Surg. jorn., 1908), de Bœrner (Deutsche Zehr f. chir. Leipzig, 1907). M. O. Lenoir, dans /a Presse médicale du 27 mars 1909, publie cinq obser-

vations de fractures du premier métacarpien chez les boxeurs. M. Mauclaire (Arch. gén. de Chir., 25 mai 1909) fait l'étude d’une variété de fracture de Bennett. Citons enfin la thèse d’Espagnon (Paris, 1910).

ÉTIOLOGIE ET MÉCANISME

« Grâce à leur petit volume, à la résistance de leur écorce compacte, à leur union entre eux et avec les os du carpe, grâce enfin aux parties molles qui protègent leur face antérieure, les métacarpiens sont rarement fracturés.. Cependant, abstraction faite des fractures exposées, et des cas où leur lésion représente un élément secondaire des grands écrasements et des broiements de la main, les fractures abritées du métacarpe semblent plus fréquentes qu'on ne le dit » (Rieffel).

Malgaigne, sur 2377 fractures observées dans les hôpitaux de Paris, ne trouve que 16 fractures des métacarpiens, soit 0,6; 0/0. Polaillon a trouvé sur 5.515 fractures, 64 fractures de métacarpiens, ce qui donne 1,16 o/o. Stinson avait trouvé 2,41 0/0, et Bruns 2 0/0, sur 8.560 fractures il a trouvé 168 fractures de métacarpiens.

Cette rareté a lieu d’étonner quand on songe que la main est si souvent exposée aux causes vulnérantes, Il est probable qu’elles passent souvent inaperçues etsont prises pour de simples contusions. D’Espagnon dit que M. Mouchet a pu recueillir en 1905, à l'hôpital Necker, 6 observations de ces

fractures en huit mois et 8 à la consultation de Saint- Louis en six mois. M. Martin, à la consultation de chirurgie de Saint-Louis,en a recueilli 5 observations en deux mois. 1l faut bien dire aussi qu'avant l’avènement de la radiographie beaucoup de ces: fractures restaient méconnus.

Comme pour toutes les fractures en général, les hommes sont beaucoup plus souvent atteints que les femmes : sur les 64 cas de Polaillon on trouve 57 hommes et 7 femmes seulement.Elles sont presque exclusives à l’âge adulte,car sur ces 6/ cas il n’y a que 2 vieillards et point d'enfants. Dans la statistique de Malgaigne les individus atteints étaient compris dans une période de dix-sept à cinquante-trois ans.

Il ne faut pas croire pour cela que ces fractures ne se rencontrent pas chez l'enfant. Elles existent, mais elles sont rares ; Malgaigne et S. Cooper les ont décrites comme des disjonctions épiphysaires. Polaillon en a vu 2 cas. Espagnon, dans sa thèse, cite 2 observations, que nous reproduisons, de fractures de la diaphyse chez des enfants de sept et huit ans.

Les métacarpiens peuvent présenter des fractures intéressant, soit leur diaphyse, soit leur base, soit leur extrémité inférieure ; un seul os ou plusieurs peuvent être atteints. Nous étudierons ces différentes variétés dans le chapitre suivant.

Causes.— Pendant longtemps on a cru que seules les causes directes pouvaient fracturer les métacarpiens. .

A RE CARE, TUE URL CAS 2e at Re AE Lg dE Se

a ED ‘te

Ce sont les travaux de Renault du Motey,de Landasle, de Vidal qui ont montré la possibilité de fractures de cause indirecte.

Il est encore difficile, étant donné le nombre restreint de faits bien observés, de fixer la fréquence relative des fractures directes et des fractures indi-

rectes. Pour Hamilton, Le Dentu, ee sont les premières les plus fréquentes, pour Renault du Motey, Packard, les secondes qui sont les plus communes.

Un corps agissant avec une grande intensité et sur une petite surface,un coup de bâton,un coup de pied de cheval,un coup de manche de couteau (obs. }),un retour de manivelle (obs. ),telles sont les causes les plus fréquentes de fractures directes. D'autres fois, la main se trouve prise entre deux corps résistants (Barbé).

Dans quelques faits, rapportés par Sanson, Qil y avait double impulsion en sens contraire de la main et du corps extérieur, comme quand la main reçoit le choc renvoyé par le bout d’un bâton, dont elle a frappé durement le sol, ou tout autre plan résistants». D'autres fois la main frappe violemment contre un corps dur, on se précipite devant un obstacle, comme nous en rapportons plusieurs observations.

Les causes indirectes agissent de trois manières différentes: elles tendent à exagérer la courbure antérieure du métacarpe; elles l'infléchissent en arrière ; ‘elles combinent la traction de l'os à un

mouvement de torsion.

RE Renault du Motey, Landasle et Vidal pensaient que la fracture avait lieu dans ces cas seulement par exagération de la courbure de los. Barbé, dans sa thèse, à la pathogénie de l’exagération de la courbure normale de l'os, oppose celle du redressement de la courbure.

Le mécanisme de la fracture par exagération de la courbure de l'os est le plus fréquent. Un sujet tombe sur le point fermé: la tèle du métacarpien appuie sur le sol, sa base est pressée par le poids du corps : l’os fléchi à l'excès, plie etse rompt (Rieffel).Il peut se faire que, dans la chute, la main porte non pas directement sur l'extrémité inférieure du métacarpe, mais sur l'extrémité des doigts maintenus dans l'extension. Le même mécanismeintervient lorsqu'on assène un violent coup de poing, la main en supination et la tête métacarpienne portant la première.

Le mécanisme de l'inflexion en arrière tend à redresser la courbure naturelle du métacarpe. Barbé rapporte 4 cas produits par ce mécanisme : le premier est de Dupuytren, il s’agit de deux individus qui voulaient lutter sur la force des poignets, les doigts entrelacés: le plus vigoureux des champions cassa le troisième métacarpien de son adversaire.

Quelquefois la fracture se produit par traction et torsion simultanées. Velpeau cite le cas d’un charretier qui avait tiré au porteur d’eau, par l’index et le médecin, assez fortement pour lui fracturer le troisième métacarpien. Mais ce dernier mécanisme est excessivement rare.

Ces différents mécanismes s'appliquent surtout aux fractures de la diaphyse. Les extrémilés des métacarpiens peuvent se fracturer autrement. Le mécanisme le plus fréquemment observé, c’est l'arrachement, arrachement par le tendon du deuxième radial pour le troisième métacarpien, par le tendon du cubital pour le cinquième, par les ligaments trapézo-métacarpiens pour la base du premier (fracture de Bennett). Pour éviter les répétitions nous renvoyons au chapitre suivant où nous expliquons ce mécanisme avec plus de détails.

La tête du cinquième métacarpien se trouve souvent fracturée chez les boxeurs (Voir chapitre suivant).

Nous rapportons une observation intéressante de Lefebvre (J. de méd. de Bordeaux, 1910), carils’agit d'une fracture longitudinale par arrachement du deuxième métacarpien. Le malade raconte, en effet, que la presse qu’il voulait soutenir reposait, par son bord tranchant, au niveau de la face palmaire de la phalange, propulsant le doigt en hyperextension et non au niveau de la paume de la main. La raison anatomique est donnée par ce fait que le trait de fracture commence au point d'insertion des ligaments entre les insertions du ligament latéral externe et les fibres d'insertion du ligament transverse. Dans le mouvement d’hyperextension forcée, les ligaments ont résisté, ils ont arraché l’os qui s’est fendu comme

un morceau de bois (obs. XXI).

43 CAS Bel RO dan {

NA ci tue #1 Fe

xs ti “ue \

= à 4 Ve il LA Le VE DÉC R 4 LE RE A EAN Der fe DU \,

Page 1