‹ Contribution à l'Étude des Fractures des MétacarpiensChapitre 31 sur 35 · Ë OBSERVATION XXI · texte numérisé non relu

Ë OBSERVATION XXI

(Lefèvre. Bordeaux.)

A. R..., maçon, vient le 22 avril 1908,aux pansements externes de l'hôpital Saint-André, pour une tuméfaction douloureuse siégeant au niveau de la partie dorsale de la main droite et se plaignant d’impotence fonctionnelle de l'index droit.

Il raconte qu'il ne peut se servir de ce doigt depuis le 25 mars. Ce jour-là il travaillait à un chantier avec un autre ouvrier. Il était occupé à mouvoir une grosse pierre de taille lorsque, soudain, il entendit un craquement au niveau de sa main droite et ressentit une vive douleur qui lui fit lâcher prise.

Voici comment l'accident serait arrivé :

Suivant l'expression des maçons, en faisant faire quartier à la pierre, notre maçon était chargé de retenir la pierre pour l’empêcher de retomber brusquement. Pour ce faire il était accroupi; ses mains, en hyperextension, étaient engagées sous la pierre : l’arête de la pierre reposait sur ses premières phalanges.

C'est à ce moment, qu'obligé de fournir un effort plus considérable, il ressentit une violènte douleur avec craque-

ment au niveau de l'index droit.

Il cessa immédiatement son travail. Le soir un gonflement considérable envahissait tout le dos de la main. Un médecin consulté ordonna des massages et des pansements humides ; au bout de quatre jours le gonflement diminuait, mais la douleur et l'impotence fonctionnelle persistaient toujours.

C'est dans ces conditions qu'il vint nous consulter le 22 avril 1908.

On constatait, au niveau de la face dorsale de la main, à la base du deuxième métacarpien, la présence d’une saillie dure, anguleuse, douloureuse, située un peu en dehors du tendon extenseur de l’index qu’elle soulève légèrement.

Étant donné l’histoire du blessé nous pensons qu'il s’agit d'une fracture du deuxième métacarpienavec cal exubérant.

Une radiographie de face est faite dans le laboratoire de M. Bergonié, elle ne donne aucun résultat. Une seconde radiographie de profil nous permet de constater un trait de fracture portant à la face palmaire, au niveau de la limite du cartilage articulaire de la tête, remontant de bas en haut et d'avant en arrière jusqu'au niveau de la face dorsale de la base du métacarpien.

Juste au niveau de l'extrémité antérieure du trait de fracture on peut voir l’os sésamoïde de l'index.

Muni de ces renseignements, la résection du fragment exubérant et gênant fut proposée au malade, mais il ne

l’accepta point.

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