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Les médecins militaires connaissaient bien cette affection ; depuis plusieurs années il a paru sur cette question, un certain nombre d'articles qui tous décrivaient un semblable trouble fonctionnel, mais dont l’origine était des plus controversée. Il suffit de lire la suite des noms donnés pour voir à quel point furent grandes les divergences. C'est ainsi qu'en 1855, Breithaup la nomme entorse mélatarsienne; en 1877, Wiesbach, syndesmilis melatarsea ; en 1884, Laub au congrès de Copenhague, périostile de fatigue; en 1887, Pauzat, périostilé ostéoplastique des Métartasiens ; en 1888, Poulet, os{éoperiostite rhumatismale des Mélalarsiens ; en 1891, Martin, en/lammalion périostoarthritique du pied; en 1893, Nimier, entorse métartastenne ; en 1896, Pfihlet Valence, entorse mélartasienne avec osléo-perioslile lraumalique ; en 1897, Busquet, ostéo-periostite ossifiante des métalarsiens ; en 1897 également, Stechow, œdéme du pied ; la même année Schulte, die sogenannte Fussgeschwulst, c’est-à-dire ce que l’on appelle gonflement du pied; en 1808, Nimier, le pied forcé. Enfin, en avril 1898, Stechow à la suite des recherches radiographiques de Schulte d’abord, de lui-même ensuite, communique au Congrès de Madrid un grand nombre de cas, qui prouvent que c’est une fracture de l’un ou de plusieurs des métatarsiens médians qu'il faut incriminer.
En lisant avec soin les descriptions de ces divers auteurs, on voit que tous ont remarqué que les pérlostoses qu'ils décrivent apparaissent plus ou moins tardivement, Pauzat même en a fait une description admirable, qui s'applique exactement à la meilleure,
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que l’on pourrait faire d'un cal en voie de formation ou de régression. Poulet après lui, a constaté des périostoses plus ou moins nettes quelques jours après l'accident, en moyenne dix à quinze jours ; nous lisons le passage suivant dans son mémoire : (Nous croyons cependant à la possibilité de la soudure de deux métatarsiens par leurs faces latérales, une pièce au Musée du Val-de-Grâce présente une soudure semblable près de leur partie postérieure » : il semble s'agir vraisem-
blablement là d’un cal.
Ces fractures des métatarsiens se voient beaucoup plus souvent qu’on nelecroit. Celles de causesdirectes sont d’après Le Dentu et Delbet parmi les plus fréquentes des fractures à foyer ouvert, 52 pour 100, Mais nous différons de ces auteurs pour les cassures abritées, ile les croient peu communes: pour nous, nous avons pu trouver dans la science plus de 100 observations. Il est vrai que ces fractures simples peuvent parfois être méconnueset si le praticien n’est pas prévenu, il passera bien souvent à côté de la lésion, se contentant de l’étiqueter contusion. Cette erreur pourra le plus généralement être de peu d'importance au point de vue de la fonction du pied, pourtant il est des cas où les troubles ultérieurs seront assez considérables pour s'opposer à une marche normale et à un bon usage du pied. « Outre la question scientifique et spéculative, comme le dit très justement Thiëry, il y a là-un véritable intérêt pratique au double point de vue de la chirurgie d'armée où un impotent pourrait être soumis au service actif et de la médecine civile où l'erreur pourrait amener ces difformités si
rebelles et si douloureuses. »