ANATOMIE ET PHYSIOLOGIE
Nous croyons utile de rappeler dans ce chapitre en quelques mots l'anatomie et la physiologie deS os dont nous étudions les fractures.
Les Métatarsiens sont des os longs, au nombre de cinq, qui forme la partie médiane de l’avant-pied. Allongés, parallèles, plus étroits à leur partie moyenne que vers leurs extrémités épiphysaires qui se touchent, leurs diaphyses concaves laissent entreelles un espace qui contribue à donner à l’ensemble un aspect de gril. Nous laisserons aux traités spéciaux, le soin de décrire leurs faces supérieure ou dorsale, interne et externe, leurs trois bords-et leurs extrémités tarsienne et phalangienne. Le corps est triangulaire prismatique, il faut remarquer que les faces latérales tendent, l’externe à devenir dorsale et l’interne plantaire. Les auteurs ont voulu que le corps des métatarsiens dans son ensemble décrive une courbe à convexité supérieure, la face dorsale est plane, peut être quelquefois très légèrement convexe, ainsi que nous avons pu le constater sur les nombreux os, mis à notredisposition par Monsieur le Professeur Testut : mais la face inférieure est très nettement concave. Les extrémités antérieures sont peu importantes au point de vue qui nous occupe ; mais il faut remarquer que
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les extrémités postérieures sont surtout pour le deuxième métatarsien, et après lui le troisième et le quatrième, très solidement enclavées et maintenues au contact du tarsè par des ligaments très puissants. L’'interligne de Lisfranc est trop connu pour que nous insistions ; il suffit de savoir qu’à ce niveau le deuxième métatarsien est enclavé entre le premier et le troisième cunéiformes.
Sur une coupe verticale et antéro-postérieure du pied, on rémarque que la facette articulaire du tarse regarde en bas et en avantet celle du métatarsien avec le tarse, en haut et en arriére. S'il devait y avoir glissement, ce serait vers la face plantaire que se dirigerait le métatarsien. | ie
Les métatarsiens sont maintenus entre eux par de nombreux et assez solides ligaments ; ils sont également reliés aux phalanges. Ils ne sont point tous égaux en longueur et en volume. Le premier est gros, court et très solide. Le deuxième est le plus long et le plus gracile, viennent ensuite le troisième, le quatrième et le cinquième. .
Pour la physiologie de leurs articulations voici ce qu’on lit dans le Dictionnaire de Jaccoud : « Les articulations tarso-métatarsiennes sont très serrées et ne permettent aux os d'exécuter que de très légers mouvements. Cependant il y a des différences à établir entreles métatarsiens. Le deuxièmeenclavésolidement dans les cunéiformes ne présente qu’un mouvement de glissement très obscur, le troisième est aussi peu mobile. Mais par contre le quatrième, le cinquième et surtout le premier peuvent glisser de haut en bas et
de bas en haut sur les surfaces articulaires de la dernière rangée du tarse, augmentant ou diminuant par ce mouvement la courbe antéro-postérieure du pied. Ces trois derniers métatarsiens peuvent de plus exécuter autour de leur axe un mouvement de rotation qui a pour résultat d'augmenter ou de diminuer la courbe transversale du métatarse. La mobilite plus grande des métatarsiens extrêmes a pour résultat que la voûte plantaire s’eflace lorsqué le pied repose sur lé Sol:
De plus, les métatarsiens jouissent entre eux de mouvements de glissement, la hauteur et la forme de la voûte plantaire en varie, et le pied y gagne une grande élasticité qui lui permet de s'adapter aux irrécularités du sol.
Dans leur architecture, les métatarsiens présentent une lame de tissu compact entourant aux extrémités le tissu spongieux. La diaphyse est creusée d’un canal médullaire, le plus souvent considérable par rapport au volume de l’os. Aussi ces os sont-ils particulièrement-grèles et de résistance faible.
Il est intéressant également de remarquer que les points d’ossification complémentaires pour les deuxième, troisième, quatrième et cinquième métatarsiens forment l’extrémité antérieure, et pour le premier, au contraire, l'extrémité postérieure, tarsienne. Il existe des observations de fracture de cet os par décollement épiphysaire.
Des insertions musculaires sont nécessaires à connaître ; ce sont celles de la face plantaire. Elles fixent plus solidement les os à ce niveau par leurs brides