‹ Contribution à l'étude des fractures des métatarsiensChapitre 9 sur 18 · NAN · texte numérisé non relu

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tendineuses qui limitent encore les mouvements déjà très faibles dont peuvent être animés les métatarsiens. Sur le troisième et le quatrième s’insèrent quelques fibres du jambier postérieur, sur le premier le tendon du long péronier latéral et en dedans celui du jambier antérieur. Sur le cinquième, à sa face externe et supérieure, s'attache le court péronier latéral, dont la contraction a été invoquée par Laugier comme agent de fracture.

Il nous faut, enfin, donner, d'aprés Poirier, un apercu de la part que prennent les métatarsiens dans l'architecture générale du pied. Ceci pourra expliquer en partie la facilité avec laquelle sé font les fractures au niveau des métatarsiens et non plus haut, et plus particulièrement à la partie moyenne et antérieure de ces os. Deux piliers forment la voûte du pied, l’un antérieur, métatarsien, l’autre postérieur, calcanéen. Dans le métatarse et le tarse, les travées osseuses sont disposées de façon à répondre à ces piliers. C’est de l’astragale que partent les travées, les unes vont vers la grosse tubérosité du calcanéum, les autres à travers le tarse et aussi un peu dans la partie antérieure du calcanéum, mais surtout vers les métatarsiens. Le pilier antérieur n’est plus la voüte à trois piliers des anciens auteurs. Wolfermann, Bardeleben. Langenhauer, Meyer, Durat et Charpy n’en font plus aujourd’hui qu’une voûte à deux piliers externe et interne.

Au niveau du métatarseil existe un point demoindre résistance, là où les travées osseuses manquent, se raréfient, et c’est là vraisemblablement que doivent avoir lieu les fractures les plus fréquentes, et l’observation semble, en effet, confirmer cette vue.

SYMPTOMATOLOGIE

Dans les cas de fracture par cause directe, le diagnostic est facilè à faire, les signes classiques se montrent dès le premier abord. Comme le plus souvent ces cas s'accompagnent de dégâts plus ou moins considérables, il n’est pas rare de trouver une plaie dans laquelle des fragments osseux font saillie. Néanmoins. lorsque les téguments demeurent intacts, il est encore facile de provoquer une douleur vive en un point bien localisé du dos du pied, de percevoir une mobilité anormale, une crépitation, d'observer une déformation manifeste de l’avant-pied.

Mais s'il s'agit de fractures indirectes, et plus particulièrement de ces fractures peu douloureuses que nous étudions, dans ces cas où le blessé semble à - peine atteint, continue à marcher, où un seul des deux os est brisé, où c’est plutôt de la gêne qu'éprouve le malade, les signes ont besoin d’être recherchés avec un plus grand soin. Il y a, bien entendu toute une gradation, depuis la simple fracture unique du deuxième métatarsien, qui passe si inapercue de l’homme, que c’est seulement par hasard lorsque le cal est complètement et définitivement formé, qu'on la découvre sur un photogramme, jusqu'aux cas de fracture des trois os médians avec

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gonflement énorme, mobilité considérable des fragments et crépitation, perceptibles même à travers l’œdème du pied. $

Le symptôme le plus fréquent, celui qui pour ainsi dire ne manque jamais, c’est la douleur. Cette douleur est bien localisée le plus souvent ; en promenant le doigt ou mieux la pointe d’un crayon sur la saillie dorsale de chaque métatarsien, on parvient à rencontrer un point plus particulièrement sénsible, toujours le même, bien nettement localisé. Cette douleur locale, nous l’avons rencontrée chez les malades qu’il nous a été donné d'observer, et elle est relatée par tous les auteurs. Dans Pauzat, nous lisons déjà: « Par la pression, on provoque une certaine douleur qui peut exister dans toute la région œdémateuse, mais qu’on trouve toujours plus vive et parfois exclusivement au niveau d’un ou de plusieurs métatarsiens. » Cette douleur peut être réveillée à distance par des mouvements actifs ou passifs des orteils, en refoulant l’orteil correspondant et en lui imprimant des mouvements de flexion, d'extension, même detorsion. Néanmoins, il faut toujours agir avec prudence et douceur, comme lorsque l’on recherche la mobilité anormale et la crépitation. La marche réveille cette douleur, qui au repos est généralement peu sensible : l'appui du pied sur le sol, lorsqu'il repose sur le talon antérieur, est également accompagné d’une vive souffrance.

La douleur peut encore être recherchée en appuyant directement sur la tête du métatarsien et suivant laxe de l'os: le malade étant couché, les orteils lége-

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