OBSERVATIONS
OBSERVATION I (inédite)
Recueillie par nous dans le service du D' Moucner à la consultation externe de chirurgie de l’hôpital Necker.
M'e R..., âgée de 25 ans, se présente à la consultation de chirurgie de l’hôpital Necker le 928 septembre 1905. Elle se plaint d’être gènée dans la marche depuis six semaines et a remarqué que peu à peu son pied augmentait de volume et devenait douloureux. Aucune chute, aucun coup, aucun traumatisme n’est accusé par la malade.
A l’examen on voit une tuméfaction du dos du pied s’étendant du premier au quatrième métatarsien. A la palpation on sent un gonflement dur, osseux, englobant les deuxième let troisième métatarsiens avec un peu d’œdème des parties molles. Nous faisons le diagnostic de fracture ancienne des deuxième et troisième métatarsiens, actuellement consolidée ; ce diagnostic est confirmé par la radiographie (cliché n° 12.455 du Laboratoire de radiographie de Necker) qui nous montre un trait de fracture oblique siégeant à l’union de la tête et du corps des deuxième et troisième métatarsiens, qui sont englobés dans un cal exubérant — ce qui s'explique d’ailleurs puisque le sujet a
continué à marcher commesi de rien n’était. La blessée présen‘2
— 70 Le
en outre depuis longtemps un hallux valqus très prononcé
(voir planche IT).
La cause de cette fracture nous échappe et nous n’avons pu rien retrouver qui puisse nous l'expliquer : pas d’antécédents héréditaires ou personnels, pas de maladies antérieures, pas de fractures ailleurs.
Une semblable observation sans la radiographie eût pu être rangée dans la catégorie des pieds forcés. ‘
Nous avons institué un traitement consistant en repos, pansement ouaté, massages, douches sulfureuses. Au bout d’un mois le cal avait notablement diminué de volume, il n’y avait plus d’œdème des parties molles et la malade a pu reprendre ses occupations en prenant garde de porter un soulier trop
étroit,
OBSERVATION II (inédite)
Recueillie par nous dans le service du Dr Moucuer à la consultation externe de chirurgie de l'hôpital Necker.
M. T..., âgé de 35 ans, se présente à la consultation de chirurgie de Necker, le 11 octobre 1905. Il raconte avoir reçu, la veille, sur le pied gauche, un moellon du poids de 25 kilogrammes, qui aurait glissé d’un tas de pierres situé à 2 mètres.
A l’examen on voit une tuméfaction du dos du pied, s’étendant du premier au troisième métatarsien, accompagnée d’une légère ecchymose siégeant sur le côté dorsal de l’articulation métatarso-phalangienne du deuxième orteil.
À la palpation on sent un gonflement assez marqué des par-
ties molles et on provoque une douleur à la pression très net-
tement localisée au niveau de la partie antérieure du deuxième L |
Te métatarsien. w
k Nous faisons le diagnostic de fracture du deuxième métatar- À sien, diagnostic confirmé ensuite par la radiographie (clichés YA FOR n° 12567 et 12568 du Laboratoire de radiographie de Necker). FA Ces deux clichés sont assez instructifs : en effet sur la radio- À
" graphie de face on ne voit rien ou presque, sur l'épreuve de :
profil on peut voir un trait deffracture oblique. de haut en bas
, DES 2 et d’arrière en avant, avec déplacement en haut du fragment
antérieur. Ce trait siège à l’union du corps et de la tête du
deuxième métatarsien, Cet exemple nous montre combien il est indispensable de faire faire systématiquement deux épreuves LE radiographiques : une de face, l’autre de profil. Le troisième Ep our après l’accident est apparue une ecchymose plantaire siégeant sous la saillie de l’extrémité antérieure du deuxième AU métatarsien (Voir planches III et IV).
Nous avons institué un traitement consistant en repos, pan- a sement ouaté, massages et le malade au bout de six semaines à
pu reprendre ses occupations.
OBSERVATION IIT (inédite)
(Due à l’obligeance de M. le D' Moucurr.)
M. L..., âgé de 46 ans, se présente le 24 septembre 1904 à la : consultation de chirurgie de Necker avec un gonflement énorme du pied sur les deux faces et une grosse ecchymose, très foncée, ie marquée surtout à la face plantaire, sous la saillie de l'extrémitlé antérieure du deuxième mélalarsien, etsurvenue quarantehuit heures après l'accident. La chute d’une malle sur le pied
aurait causé ces lésions, nous dit le blessé.
À la pression sur l’extrémité antérieure du deuxième métatarsien, nous éveillons une douleur vive, sans trouver cependant de mobilité anormale, ni de crépitation.
Nous pensons le diagnostic de fracture du deuxième métatarsien, par choc direct, appuyé ensuite par la radiographie (clichés 8370 et 8371 du Laboratoire de radiographie de Necker). Nousremarquons, en effet, sur,ceux-ci un trait oblique de haut en bas et d’arrière en avant, auhiveau de la tête du deuxième métatarsien, siégeant à l’union de la diaphyse et de la tête. (Voir planches V et VI).
Le traitement consistant en repos, pansement ouaté et massage
a duré près de deux mois, au bout desquels le malade a pu tra-
vailler,
OBSERVATION IV (inédite) (Due à l’obligeance de M. le D' Moucuer.)
M. R.., âgé de 38 ans, se présente le 12 mai 1905 à la consultation de chirurgie de Necker. Il se plaint de gêne dans la marche, de gonflement du pied, surtout le soir. Il nous dit avoir reçu sur le pied le 13 mars 1905, c’est-à-dire deux mois auparavant, une plaque de tôle de 6 kilogrammes tombée de 1 m.60 envirou dehaut sur son bord. Le blessé avait ressenti une vive douleur, mais comme l'impotence fonctionnelle était peu accusée, que la douleur s’était rapidement atténuée, 1l n’avait pas vude médecin.
À la palpation, nous sentons un épaississement local osseux très manifeste, au niveau du deuxième métatarsien. Nous faisons le diagnostic de fracture du deuxièm> métatarsien siégeant à l'union de lextrémité antérieure et de la diaphyse, fracture non
traitée avec cal osseux au niveau de la lésion.
Le diagnostic radiographique (Cliché 11070 du Laboratoire de radiographie de Necker) confirme nettement nos prévisions, (Voir planche VIT).
Nous instituons immédiatement un traitement consistant en massages, douches sulfureuses, révulsion à la teinture d’iode et au bout de six semaines le cal ayant notablement diminué le
malade peut reprendre ses occupations.
OBSERVATION V (Inédite) (Due à l’obligeance de M. le D' Moucuer.)
M. L..., âgé de 48 ans, se présente le 11 septembre 1905 à la consultation de chirurgie de Necker avec une saillie dorsale du pied. Il se plaint de gêne dans la marche et de gonflement du pied, le soir surtout quand il s’est beaucoup fatigué dans la Journée. Le malade nous dit avoir reçu au début de juillet, sur le dos du pied, un poids de 5 kilogrammes «et n’avoir pas été soigné par le médecin de lassurance qu’il avait été consulter aussitôt après son accident.
A la palpation, nous sentons un épaississement local osseux au niveau du tiers antérieur du deuxième métatarsien. Nous faisons le diagnostic de fracture du deuxième métatarsien, ancienne, méconnue par le médecin de l’assurance, siégeant à l’union du tiers moyen et du tiers antérieur de la diaphyse, consolidée par un cal.
Notre diagnostic est confirmé par la radiographie (cliché ne 12295 du Laboratoire de radiographie de Necker) et nous voyons en effet un cal osseux en virole siéseant sur le deuxième métatarsien à l'endroit même où le palper nous l'avait fixé. (Voir planche VIIT).
Le blessé venant quand il n’y a plus rien à faire, nous nous
US Cri re.
contentons du traitement suivant : repos, massages, douches
sulfureuses, révulsion à la teinture d’iode. Nous n’avons pu sut-
vre le malade qui ne s’est pas représenté à nous.
OBSERVATION VI (Inédite)
(Due à l’obligeance de M. le D' Movucuer.)
M. B..., âgé de 46 ans, se présente le 15 juillet 1905 à la consultation de chirurgie de Necker, marchant sur le talon sans pouvoir appuyer le reste du pied par terre. Il nous dit qu’en voulant allumer des lampions au-dessus d’une porte cochère, il a perdu l’équilibre du naut d’une échelle de 3 m. 50 de hauteur. Il a voulu sauter et en retombant à terre il a eu la sensation d’un craquement dans son pied.
Quand il se présente à nous, nous remarquons un œdème énorme du pied s’étendant du premier au cinquième métatarsien à la face dorsale et plantaire.
A la palpation, nous localisons une douleur très vive à la pression au niveau des extrémités antérieures des deuxième, troisième et quatrième métatarsiens : les mouvements du pied sont très douloureux. Nous faisons le diagnostic de fracture de l'extrémité antérieure des deuxième, troisième et quatrième métatarsiens.
Le lendemain de notre premier examen nous voyons apparaître une ecchymose plantaire sous la saillie des deuxième, troisième et quatrième métatarsiens.
La radiographie (clichés 11739 et 11740 du Laboratoire de radiographie de Necker) nous donne alors la confirmation de
notre diagnostic. Nous voyons, en effet, un trait de! fracture sié-
ER ASE AA TRUE D'ART U e | | geant à l'union des extrémités antérieures et de la diaphyse des
t-E = { deuxième, Hoide et quatrième métatarsiens, les extrémités
#1 antérieures AT nettement déjetées en dehors. (Er planches Lex ye
Nous lui avons appliqué un pansement At POHDreSAT avec
gros tampon phhniuire pour empêcher l’affaissement de la voûte ;
Ne nous lui avons prescrit le ARAÇE absolu. Vers le cinquième jour,
FRET A douleur s étant amendée, ous lui avons fait des massages et : de la mobilisation : : ce n’est qu’au bout de trois mois que le
malade a pu reprendre ses occupations.
he OBSERVATION VII
Loison. (Revue d’orthopédie, 1900.)
D..., sous-officier à la deuxième compagnie de cavaliers de
remonte, tombe avec son cheval, le. pied pris dans l’étrier, le
25 juin 1900. Gonflement notable de la face dorsale et de la FÉES plante du pied droit ; ecchymoses disséminées. À
| __ Radiographie. — Léger arrachement de l’extrémité postéro-
ture oblique de la base du deuxième métatarsien, dont le frag-
externe du premier métatarsien, et fracture antéro-postérieure ‘ra Nes Tan a . ai :
2 | incomplète de la partie externe du premier cunéiforme ; frac-
; - ment postérieur fait saillie dansle deuxième espace interosseux ;
| fracture verticale de la base de la première phalange du
É deuxième orteil ; ; fracture esquilleuse oblique en dedans du col du quatrième métatarsien, et renversement en dehors du frag-
ment antérieur, qui vient chevaucher partiellement sur la tête
Al :
- du cinquième,
LE