OBSERVATION LIX
Guénor. (Thèse de Paris, 1905.)
J. G.., maçon, 48 ans, alors qu'il travaillait sur Les chantiers du Métropolitain, reçoit sur le pied droit une pièce de bois. Le malade ressent aussitôt une très vive douleur qui lui rend la marche absolument impossible, et on est obligé de l’emporter chez lui. Trois jours après, le 1° décembre, voyant que son état ne s’améliorait pas, le malade entre à l’hôpital.
A l'examen, on est tout d'abord frappé par un œdème qui s'étend sur tout le dos du pied, noyant les tendons extenseurs, mais accentué surtout au niveau des articulations métatarsophalangiennes ; pas de déformation, pas d’ecchymose.
Une douleur diffuse existe sur toute la face dorsale du pied, mais par la préssion on la localise surtout au niveau du tiers postérieur des deuxième et troisième métatarsiens. En pressant dans le sens de l’axe longitudinal du pied, sur les extrémités digitales des deuxième et troisième métatarsiens, on provoque une vive douleur, alors que sur les extrémités des autres métatarsiens, la même manœuvre est tout à fait indolore.
La radiographie nous montre une fracture incomplète de l’extrémité postérieure du troisième métatarsien, dont le trait est dirigé obliquement d’arrière en avant et de dedans en dehors. Le deuxième métatarsien est intact.
En somme, il s’agit donc ici d’une fracture incomplète du
troisième métatarsien, et d’une arthrite traumatique de la deu-
xième articulation tarso-métatarsienne se traduisant cliniquement par les mêmes symptômes ; la radiographie seule pouvait nous renseigner,
On applique un pansement ouaté compressif et on fait du massage dès le troisième jour.
Le 13 décembre, le malade quitte l'hôpital pour aller à Vin= cennes ; il souffre encore beaucoup, et marche difficilement.
Le 1% mars 1905, il n’a pu encore reprendre son travail.