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HISTORIQUE

De l'ensemble des documents recueillis dans la littérature médicale, il ressort que cette question des fractures du métatarse a été surtout étudiée depuis les importants travaux de Schulte, qui, en 1897, eut, le premier, l’idée de soumettre à la radiographie, tous les éclopés de la Garde prussienne dont il était le médecin-major et qui se présentaient à lui avec les symptômes de ce qu'on était alors convenu d’appeler un pied force.

« Les chirurgiens militaires, dit Tillaux (1), ont désigné sous le nom vague de pied forcé un accident qui se montre à peu près exclusivement chez les jeunes soldats à la suite d'une longue marche.Le pied forcé est caraciérisé par du gonflement de la face dorsale, de la douleur et de l’impotence fonctionnelle, le tout survenu brusquement. » La cause en fut attribuée successivement à l’entorse, au rhumatisme, à la périostuite. La

1. Ticcaux. Traité d'anatomie topographique avec applications

à la chirurgie, 11° édition, p. 1151. Asselin et Houzeau, édi-

teurs, Paris.

radiographie devait démontrer qu'il s'agissait bien là d’une fracture des métatarsiens, tout au moins dans la majorité des cas.

Jusqu'en 1897, les fractures des métartarsiens étaient, en général, fort peu étudiées par les auteurs classiques qui n’en faisaient qu'une très courte description. Les divergences d'opinion des auteurs qui se sont occupés de cette question, les nombreuses interprétations proposées pour expliquer la nature des lésions observées nous font comprendre pourquoi les fractures du métatarse étaient jadis considérées comme très rares. D'ailleurs les anciens auteurs ne semblent pas avoir envisagé la question dans son ensemble. Suivant qu'ils ont attaché plus d'importance aux accidents primitifs (ædème, douleur, gonflement), ou au contraire, aux phénomènes secondaires (hyperostose, cal), ils ont vu là des manifestations différentes ;1l semblerait même, d’après les descriptions qu'ils ont données, que les uns n'auraient observé les malades qu’au début de l'affection et ne les auraient pas suivis; que les autres n'auraient vu les malades qu'à la fin, alors que le cal était déjà constitué et que les phénomènes primitifs avaient disparu.

Le premier auteur qui ait parlé des fractures du mélatarse est Malgaigne, qui, dans son Traité des fractures el des luxations (1), considère cette fracture

comme très peu fréquente, puisque, dit-il, en l’espace

de onze ans, sur un total de 2.328 fractures il ne trouva

que 3 ou 4 fractures des métatarsiens.

l'E Pan, 4184720

ES RES En 1853, Middeldof, exprime la même opinion, en disant que, sur 256 cas de fractures il n’a rencontré que 3 fractures des métatarsiens. De plus, il est resté

pendani trois ans sans en observer un seul cas.

En 1855, Breithaupt, médecin de l’armée prussienne, signale, le premier, ce qu’il appelle «la tumeur du pied » (Fussgeschwulst). Cette tumeur du pied, disait-il, se rencontre chez les soldats qui ont fourni des marches longues et pénibles et elle reconnaît pour cause l’inflammation des gaines synoviales et des ligaments profonds. Breithaupt expliquait cette tumeur douloureuse du dos du pied par l'existence d’une entorse métatarsienne. Il trouva dans une infirmerie du camp de Chàlons, qu’il visitait en 1869, dix cas de cette maladie; et il tomba d'accord avec son collègue français sur la

nature de cette affection.

Vingt-deux ans plus tard, en 1877, Weisbach étudie de nouveau cette maladie ; il l’attribue à une contusion ou même à une rupture des ligaments unissant entre elles les extrémités antérieures des métatarsiens ; cette lésion, d’après lui, donnait naissance à une inflammation des tendons du pied : d’où le nom de syndesmi-

tis metatarsea qu'il donna à l'affection.

En 1879, Von Bardeleben dit, dans son Lehrbuch der Chirurgie und Operationslehre, que les os du pied se cassent rarement, et que presque toujours la fracture est due à un choc violent.

Plus tard, l'attention est attirée sur le développement

d’une tuméfaction dure, siégeant autour de l'os et bien

EN à sentie sur la face dorsale des métatarsiens : c’est alors qu'apparait la théorie de la périostite.

En 1884, Laub fait une communication au Congrès de médecine de Copenhague, où il expose que l’affection se localise dans les os du métatarse; et il lui donne le nom de périostite de fatigue.

Dans le même ordre d'idées, Pauzat (1) publie, en 1887, un important mémoire où il donne une deéscriplion parfaitement exacte de ce que l’on appelle aujourd'hui un cal osseux. « La périostose, dit-il, se montre seulement du vingtième au trentième jour et peut nese manifester que plus tard. Nous l'avons constatée sur les deuxième, troisième, quatrième métatarsiens, le plus fréquemment sur le troisième. Le premier et le cinquième sont indemnes. Elle peut siéger près de la base ou de la tête des métatarsiens. Le plus souvent, elle occupe soit le tiers ou les deux tiers, soit même toute la longueur de l'os, à l'exception des extrémités articulaires qui n’ont jamais participé à la prolifération osseuse... Dès qu’elles sont devenues manifestes, les périostoses arrivent en quelques jours à leur maximum de développement. Elles restent longtemps dans un état stationnaire et conservent pendant toute la durée de leur évolution un caractère de dureté uniforme: dans quelques cas, elles subissent une résolution partielle. »

En faisant cette description, Pauzat ne pense pas à une fracture ; celte périostite, il la rattache à une irrita-

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