L'apparition d’un trismus post-traumatique
Permettent le diagnostic de fracture du malaire avec enfoncement, que confirment trois signes à rechercher :
1. La déformation du rebord orbitaire, par une palpation soigneuse et comparative avec le côté sain ;
2. L'existence de zones d’anesthésie ou d’hypo-esthésie, dans la région du sillon naso-génien ou sous-orbitaire, accompagnées cependant de douleurs irradiées profondes dans ces régions ;
3. La douleur vive à la palpation au lieu de rupture en un point précis alors que la douleur latente a disparu.
Il y a là : déformation, immobilité, et non-crépitation (Duchange). Il faut savoir, toutefois, que la constatation d’une telle fracture n’élimine par l’existence d’une fracture concomittante du nez. Hamilton affirme qu'il n’a jamais vu de fracture simple du malaire, c’est-à-dire sans lésion des autres os de la face : orbite, nez, maxillaire supérieur, ou Zzygoma participant toujours dans une certaine mesure à la lésion. Dans ce cas, la fracture du nez n’est jamais primitive, mais secondaire à celle du malaire qui est toujours de cause directe (Duchange).
Nous dirons un mot de la fracture du zygoma qui diffère de la précédente par l’absence d’épistaxis et l'apparition immédiate du trismus (signe différentiel important pour Duchange).
Chez l'enfant, on peut méconnaître une fracture du nez, la notion de trauma n'étant pas relevée.
Jetage purulent, sanguinolent avec œdème de la racine du nez, fait songer à £ H.
Dans les deux observations.de Garel et Freytag de fracture des cornets inférieurs sont restées ignorées et ont donné lieu à un syndrôme de rhinite atrophique ozéneuse.
Dans notre observation personnelle, le diagnostic de rhino-adénoïdite aigu fut porté d’abord, l’œdème des téguments et l’hématome de la cloison ayant apparu tardivement. Nous insistons à nouveau sur le caractère insidieux
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de certains hématomes qui, profonds et peu volumineux, ne se révèlent que tardivement par les phénomènes de suppuration dont ils sont le siège.
Il est rare que le diagnostic se pose ultérieurement entre une déformation traumatique et un effondrement syphililique de la racine du nez, comme dans le cas rapporté par Castex où un traumatisme du dos du nez appela en ce point la localisation du tertiarisme : l’erreur ne saurait être de longue durée (Lannois et Gaillard).
En général, le diagnostic des fractures du nez est un diagnostic non hérissé de difficultés. Il suffit d’y penser, de regarder, de palper et au besoin de renouveler son examen après disparition du gonflement des premiers jours. Si la fracture est sans déplacement, le diagnostic qui ne se base que sur l’élément douleur exquise à la palpation, est plus délicat, au demeurant bien inutile, au besoin facilité par la radiographie.
Le diagnostic de la fracture et de la variété de fracture est en général facile, pourvu que l’on s’informe des modalités antérieures au trauma de l’appendice traumatisé. Car les accidentés imputent trop aisément au choc, dont ils veulent tirer avantage, une saillie, un enfoncement, ou une asymétrie dont la nature elle-même les avait doués auparavant. Là encore, la radiographie peut apporter un utile appoint. i
Il sera plus difficile, surtout à un examen tardif, de déclarer traumatique ou non, une déviation de cloison quand il s’agit d’une luxation du cartilage quadrangulaire. Le blessé peut mettre sur le compte du trauma une obstruction nasale qui existait antérieurement. Mais aussi la déviation préexistante pouvait un peu gêner le respiration nasale dont le trouble a pu être causé par la luxation produite dans le trauma et favorisée par la déviation préexistante ; problèmes qui ne peuvent pas toujours être résolus.
Le diagnostic des fractures étendues au massif facial supérieur s’aidera des signes que nous avons décrits avec chaque variété de fracture. Il importe en particulier de rechercher soigneusement les fractures du maxillaire supérieur et d'examiner par la vue et le toucher la face jugale des maxillaires, le sillon gingivo-jugal, la voûte palatine,
les dents, d'explorer la sensibilité du nerf sous-orbitaire et les sensibilités dentinaires et pulpaires.
Nous rappelons que l’emphysème sous-conjonctivo-palpébral est seul pathognomonique d’une lésion osseuse orbito-sinusale.