DIAGNOSTIC
Hamilton écrit que les fractures du nez sont méconnues quatorze fois sur vingt-cinq. En réalité, depuis qu’il y a des rhinologistes et que les traumatismes du nez leur sont confiés, cette proportion de fractures méconnues a certainement beaucoup diminué. L’examen soigneux du squelette nasal, la rhinoscopie et la radiographie permettent dans tous les cas de poser un diagnostic sûr.
L'examen extérieur, palpation et inspection, est rendu difficile le premier jour par le gonflement de la région. Duchange écrit avec raison que les chocs sur les os superficiels sont ceux qui produisent le plus de réaction cutanée et formule cette loi : « À force traumatique égale, l’ecchymose est proportionnelle à la vascularisation sous-cutanée, mais surtout inversement proportionnelle à la profondeur sous-jacente de l’ossature ». Aussi dans les traumatismes de la face, devra-t-on parfois, avant de se prononcer, revoir le blessé deux ou trois jours plus tard, lorsque par des moyens appropriés on aura fait disparaître ou diminuer le masque œdémateux qui voilait les désordres squelettiques sous-jacents.
On peut croire à une fracture du nez qui n'existe pas :
Un homme est tombé sur la face, il saigne du nez, il présente du gonflement du nez, de la pommette, de la joue. Une narine est enflée et il existe de ce côté une obstruction de la fosse nasale. L’œil est ecchymotique. La palpation est difficile, parce que douloureuse. La rhinoscopie gênée par le gonflement de la narine et l’épitaxis souvent abondante. Ces signes font toutefois penser à une fracture du nez, pyramide ou tout au moins cloison nasale, et on attend le
noue
deuxième ou troisième jour, que l’œdème ait régressé pour préciser le diagnostic. À ce moment, deux signes :
1. L'asymétrie faciale avec aplatissement de la pommette, que cachait le gonflement ;