‹ Contribution à l'Étude des Fractures du NezChapitre 46 sur 56 · TRAITEMENT · texte numérisé non relu

TRAITEMENT

Il consiste dans les fractures du nez, comme dans toutes les autres fractures, remettre en place ce qui a été déplacé, et ceci à seule fin de rendre : au nez sa forme première, aux fosses nasales leur perméabilité. Or cette reslitutio ad integrum est, en général facile, et presque toujours possible quand les fragments sont mobilisables, c’est-à-dire dans les huit jours ; difficile et pas toujours possible, quand la fracture est consolidée.

Le traitement doit remplir trois conditions

Etre précoce.

Etre nécessaire.

Etre suffisant.

19 11 doit être précoce.

Les fractures du nez, cette notion remonte à la plus haute antiquité, se consolident avec une extrême rapidité, même en malposition. Seuls le malaire et le zygoma l’emportent sur les os du nez dans cette facile réparation. Duchange écrit : « Une mâchoire fracturée supporte à la rigueur un mois de retard sans traitement, un maxillaire supérieur

n’accorde guère que trois semaines de retard, un nez frac-

turé devient difficile à traiter après huit jours, un os malaire et un zygoma rompus ne sont plus traitables après quelques jours de retard ».

Ainsi, en cinq à six jours, une fracture du nez est consolidée. C'est un fait. Il faut agir le plus tôt possible. Mais est-il toujours aisé d’agir immédiatement ? Si le blessé se présente dans les vingt-quatre premières heures, on se trouve dans les conditions idéales pour la réduction. Dès le lendemein, l’exsudation séro-sanguine précoce et abondante au sein

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du foyer de fracture détermine un gonflement considérable de la région qui va gêner beaucoup le diagnostic et la réduction au point de la rendre impraticable. Il est préférable alors, pendant trois ou quatre jours, de mettre en œuvre contre cet œdème traumatique, une thérapeutique résolutive et calmante : compresses froides, sachets de glace, désinfection des excoriations tégumentaires, antisepsie intra-nasale, et d'attendre jusque vers le cinquième jour la rétrocession de l’infiltration.

Passé ce délai, le début de la consolidation in situ des fragments surtout au second septenaire, rend le traitement précaire et incertain dans ses résultats.

20 Il doit être nécessaire.

C'est-à-dire qu'il doit être le plus économique possible et ne comporter que les manœuvres strictement nécessaires à la reproduction en bonne place de l’auvent et de son étai. En cas de déplacement, l’indication princeps est la réduction. Quelle que soit la variété de fracture, les lésions suivantes peuvent se présenter, soit isolément, soit associées :

Enfoncement de l’auvent osseux.

Déviation latérale de l’arête médiane.

Fracture de la cloison.

La réduction comporte donc trois sortes de manœuvres :

1. Soulèvemenis du ou des fragments osseux enfoncés. Il s’agit :

Soit d’un enfoncement uni-latéral :

Enfoncement d’un os propre dans les fractures longitudinales ou luxation du côté du traumatisme (saillie de l'os propre du côté opposé).

Enfoncement du fragment inférieur dans la fracture marginale.

Soit d’un enfoncement bilatéral :

Enfoncement total de l’auvent dans la fracture en livre ouvert ou la luxation des os propres en arrière.

Enfoncement du fragment inférieur dans une fracture transversale de la selle nasale.

Enfoncement des fragments dans les ares comminutives.

Quoi qu’il en soit, il faut employer une force de dette et de sens inverse de celle du trauma, en prenant comme

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point d'application la face muqueuse du fragment à redresser : donc, introduire dans l’une ou les deux fosses nasales un instrument mousse dont les qualités doivent être :

Maniabihté ;

Facile introduction ;

Inocuité pour la muqueuse ;

Levier suffisant, mais pas trop puissant.

C'est-à-dire : tout instrument droit (curette, dilatateur

de Tripier, long speculum de Kilian) pourvu qu'il remplisse les conditions précédentes. L’inocuité pour la muqueuse peut être assurée au maximum en habillant l'instrument de

Fig. 16.

caoutchouc ou de gaze. La main qui manœuvre l’instrument est à la fois point d'appui et force. L'autre main palpant la pyramide nasale, limite le redressement et modère la force de redressement. Sargnon n'utilise plus en pratique que la pince à levier de Martin (fig. 16). Cette pince a comme caractéristique d’utiliser un point d'appui nasal : le plancher et d'offrir à la main un bras de levier puissant. « Elle se compose de deux branches : l’inférieure, fixe, prend son point d’appui sur le plancher des fosses nasales et présente en sa partie inférieure un butoir placé au niveau de l’articulation, et destiné à empêcher la pénétration trop profonde de l'instrument. La supérieure, mobile, constituée par deux leviers du premier genre dont les extrémités s’articulent par un système à glissières. De ces deux leviers, l’un correspondant au manche de la pince est droit, l’autre correspondant au mors est coudé : le système de commande permet de multiplier considérablement l'effort exercé par la main, la pression sur les manches ayant pour effet d’éloigner les branches de la pince. » (Claude Martin). L'opérateur placé à droite du malade manœuvre la pince

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