‹ Contribution à l'Étude des Fractures et Luxations Simultanées de la ClaviculeChapitre 6 sur 22 · INTRODUCTION HISTORIQUE · texte numérisé non relu

INTRODUCTION HISTORIQUE

La clavicule, si souvent brisée à sa partie moyenne, ne se fracture au voisinage de ses extrémités que d’une manière exceptionnelle. Les fractures de l'extrémité interne sont moins fréquentes que celles du tiers externe. Contrairement à ce que l'on observe pour les fractures au lieu d'élection où le déplacement des fragments est considérable, dans les solutions de continuité occupant le tiers externe de l'os, ‘ils ont peu de tendance à s’abandonner et restent presque toujours en contact. Il n'y à habituellement aucune déformation.

La mobilité anormale et la crépitation manquent ellesmêmes fréquemment et la douleur localisée en un point fixe est souvent le seul indice de la lésion. Ceci s'explique par les dis-

positions anatomiques de cette partie de la clavicule par rapport à l’apophyse coracoïde, à l'acromion et aux museles voisins. Tous ces organes, en effet, lui forment à ce niveau une gaine de fibres tendineuses, de ligaments et d'inserlions musculaires qui augmentent sa résistance et s'opposent aux déplacements.

Quand l'os cède néanmoins, les fragments contenus dans celte gaine fibromusculaire ne s’écartent guère et dans ces conditions la lésion se répare facilement. s

Il n’en est point de même lorsque la violence du traumatisme entraîne la rupture plus où moins étendue de cet appareil de renforecment. On observe alors des déformations votibles et d'une réduction malaisée, mais ces cas sont rares.

Par contre, moins rarement, l'extrémité externe de la clavicule peut se luxer sur l'acromion, et ce déplacement, lésion sinon cominune, du moins relalivement fréquente, entraîne une déformation très appréciable. L'extrémité externe de la clavicule soulève alors les téguments produisant une saillie disgracieuse qui facilite le diagnostic de cette lésion.

Si, par hasard, on éprouve quelque hésitation au sujet d'une fracture, même à défaut de la crépitalion parfois difficile à constater ct d'une recherche périlleuse dans certains cas à cause du voisinage dangereux de la veine sous-clavière, la mensuration et la comparaison avec la clavicule saine fournissent, en général, des données suffisantes pour établir le diagnostic. Une radiographie, au ‘besoin, donnerait une plus grande certitude. ; ;

Rappeler des notions aussi parfaitement classiques peut paraître un inutile préambule, mais opposer l’un à l’autre ces deux aspects si dissemblables de la fracture et de la luxation de l'extrémité externe de la clavicule, c'est faire ressortir le caractère insolite d’une lésion rare que nous voudrions étudier, à savoir, la fracture et la luxation simultanée de la clavicule.

Nous avons, dans ce préambule, envisagé surtout l'extrémité externe de la clavicule, celle qui se luxe le plus souvent.-Nous n'avons pas abordé la luxation de l'extrémité interne, fréquente

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elle aussi. Gela nous aurait entrainé trop loin. Nous en parlerons cependant tout à l'heure, car la fracture compliquée de luxation peut se. produire aux deux extrémités de la clavicule. . Le point de départ de notre étude est une observation que le docteur René Villar a eu la grande amabilité de mettre à notre disposition. Qu'il nous permette de le remercier ici très sincèrement.

Dans la littérature médicale, nous n'avons pu trouver que À observations qui se rapportent à notre ‘sujet. Encore avons-nous le regret de ne pas avoir pu disposer des cas d'Edwards publiés dans une revue américaine.

Cloquet fut le premier auteur qui semble avoir signalé l'existence possible, simultanée, d'une fracture et d’une Iuxation de la clavicule. Il publia sa constatation sur le cadavre d'un vieillard dans le Nouveau journal de médecine de Paris, en 1820. j

La deuxième observation fut publiée dans la Revue médicale de Limoges, en 1867, par Bleynie. Il s'agit d’une fracture extra- -coracoïdienne et:d’une luxation sus-acromiale. Le troisième cas, encore qu'il ne soit pas entièrement typique et qu'il s'agisse d'une «luxation fracturée », mélange de fracture et de luxation, sans être franchement ni l’une ni l’autre, est dû à Morestin et reproduit dans la Revue d’orthopidie de 1900.

Le cas d'Edwards date de 1901 et se trouve publié dans le Pensylvania medical, journal qui ne fut pas accessible à nos recherches.

La cinquième et dernière observation que nous avons pu con. naître a été publiée par Wilhems dans la Revue médicale de PEst. Il s'agit d’une fracture par cause directe à l'union du tiers moyen et du tiers externe avec luxation de l'articulation acromioclaviculaire.

A l'aide des faits rapportés dans ces observations, nous voudrions étudier la clinique et la thérapeutique des fractures et luxations simultanées de la clavicule.

Dans un premier chapitre, nous examinerons brièvement le mécanisme des fractures de la clavicule; dans un second cha-

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pitre, nous envisagerons également d’une façon succincte les. luxations de cet os. Par opposition alors, nous aborderons dans Je troisième chapitre le mécanisme plus complexe des fractures et luxations simultanées. Enfin, nous terminerons dans les deux derniers chapitres par Le diagnostic et la (thérapeutique de cette lésion exceptionnelle de la clavicule. 3!

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