ELEMENTS D'UN PRONOSTIC
Une fracture ouverte de la rotule est une plaie du genou compliquée de lésions osseuses. L’avenir est donc à étudier cn fonction
des possibilités de restauration osseuse et articulaire ;
des risques d’infection que courent toute plaie du genou.
Que devient et de quoi dépend une mécanique convenable de l'articulation ? de la consolidation de l’os lui-même, de l’état des muscles moteurs et au surtout ligamenteux périrotulien.
On sait depuis fort longtemps que la consolidation osseuse est impossible spontanément et qu’un cal fibreux plus ou moins long est le processus normal de guérison. « Pour le prognostic ie die que iamais ie n’ay veu que ceux qui ont eu cette partie rompue ne soient demeurés claudicans : par ce que la conionction faite par le callus cmpesche le genouil se pouvoir fléchir.. Cette fracture demande une longue demeure dans le lict, pour le moins quarante iours ou plus. » Nous rappellerons pour mémoire la classification de Chaput :
Cals moyens (2-5 cm.) : gènent beaucoup la flexion par butée de la lèvre postérieure du fragment inférieur sur ia crête articulaire limitant en haut la surface articulaire de la trochée.
Cals courts (2 cm.) : gênent peu la flexion.
At
Cals longs (5-18 cm.) : la flexion est facile par déplissement du cal, mais l’extension gênée.
Plus important est l’état physiologique du quadriceps dont l’atrophie rend l’extension très difficile malgré un cal favorable et quoique la rétraction du muscle puisse compenser en partie l'allongement du cal; ceci sera étudié dans un chapitre consacré aux séquelles.
L’inflammation plastique consécutive à l’infection ou à l’hémarthrose sera cause d’une rétraction des sangles périrotulienne et péritibiale, d’où gêne considérable de la flexion.
Plus importante est l’évolution fatale vers l’infection de ces fractures abandonnées à elle-même. Quels sont les facteurs d'infection ? Dans quels délais agissent-ils ?
La plaie elle-même est un bon milieu de culture par les souillures (terre, débris de pantalon, de capote) qu’elle renferme toujours. Le corps vulnérant peut se trouver dans la plaie, l’articulation, les condyles fémoraux, surtout «il s’agit de plaies par balles ou éclats d’obus et mutiplier les chances d'infection. La rotule, petit os plat sans canal médullaire, entouré seulement de tissu fibreux, se défend bien contre l’infection; par contre, si la fracture de la rotule n’aggrave guère les plaies du genou, les lésions des condyles le font et dominént la scène; dans les cinq cas de fractures associées décrites par Lefort, toutes ont suppuré abondamment, une amputation a été nécessaire; l’ankylose est la conséquence inéluctable de cette variété, l’amputation à prévoir. L’étendue des contusions musculaires est aussi un facteur important d'infection : c’est là que se développent de préférence les germes de la gangrène gazeuse et du tétanos; il faut de plus se méfier des foyers ‘ de contusion à distance. Les lésions vasculaires sont non moins importantes; les hématomes sont d’excellents milieux de culture.
-Le temps écoulé depuis l'accident est un élément dont