OBSERVATION V
SALINIER, Société de Médecine militaire française, 6 novembre 1924.
Le 18 octobre, l’artilleur X... reçoit, à cheval, une ruade qui l’atteint au sommet du genou-droit.
Il est évacué le 19 sur lhôpital d'Amiens, avec le diagnostic de fracture de la rotule. Le diagnostic est de toute évidence, mais, au-dessus du sillon interfragmentaire existe une plaie de deux centimètres par où s'écoule du sang noir, provenant à n’en pas douter du foyer de fracture. Une radiographie montre un diastasis d’un travers de doigt.
L'intervention est pratiquée sur-le-champ. Incision transversale en passant au large de la plaie cutanée, qui est excisée, ainsi que tout le trajet contus, jusqu’à l’os. Epluchage du surtout fibreux. Curettage des tranches osseuses. Ebarbage à la pince gouge de quelques esquilles sur la lèvre antéro supérieur.
Cerclage par deux doubles crins antéro supérieurs sagittaux encerclant la face antérieure et la face postérieure de la rotule.
Suture au catgut du surtout fibreux. Drainage filiforme sous cutané par un faisceau de crins qui restera vingt heures en place. Crins cutanés. Gouttière.
Suites opératoires : dans la nuit qui a suivi l’opération, le malade enlève sa gouttière, se lève, met ses chaussettes et on le trouve se promenant dans la salle. Vu à la radioscopie le iendemain rien n’a bougé. Les suites ont été très simple, les crins superficiels enlevés le neuvième jour; à ce moment, le
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malade commence à se lever et à marcher. Au vingtième jour, l’état du malade est aussi satisfaisant que possible, il marche assez facilement, la flexion du genou s’augmente progressivement, la suture de la rotule n’a pas bougé. Pas d’atrophie du quadriceps.