‹ Contribution à l'étude des fractures ouvertes de la rotuleChapitre 21 sur 28 · OBSERVATION VI · texte numérisé non relu

OBSERVATION VI

CouLLaub, Société de Méd. mil. française, 1921.

M.., 21 ans. Aucun antécédent héréditaire ou personnel à retenir.

Le 18 octobre 1921, au cours d'une promenade de chevaux, le blessé a reçu un coup de pied du cheval qui précédait le sien, Le coup a porté directement sur le genou droit et a été accompagné d’une violente douleur et d’une impotence complète. A l’infirmerie on a constaté qu'il avait une plaie de 3 centimètres de long siégeant un peu au-dessus de la pointe de la rotule. Par cette plaie s’écoulait du sang mêlé à de la sérosité visqueuse, filante.

Le 19 octobre, à son entrée, la jambe est en fiexion légère sur la cuisse, le genou est globuleux; les culs de sac latéraux et sous rotuliens sont distendus. Douleur très vive à la pression de la rotule. A la palpation, on reconnait facilement une fracture transversale double de la rotule diasgnostie confirmé : par la radiocospie. Pas de mouvements de latéralité de la rotule. Température, soir : 38°1.

L'intervention est pratiquée le 20 octobre.

Anesthésie à l’éther. Les lèvres de la plaie cutanée et le üssu cellulo graisseux sous jacent infectés sont excisés; puis après avoir changé d'instruments, l’incision transversale est prolongée à droite et à gauche en fer à cheval jusqu’au niveau des condyles fémoraux. Le surtout ligamenteux rotulien, déchiré en plusieurs points est excisé, et, à travers les fragments écartés, l'articulation est vidée du sang qu'elle contenait (150 gr. environ), puis lavée à l’éther. Cerclage de la rotule au tendon de renne; suture du surtout ligamenteux prérotulien par quatre points séparés au catgut. Les

SIN e.

ailerons de la rotule sont intacts. Suture de la peau aux crins.

Le 24 octobre, comme la température atteint le soir 38°, et qu’il y a un peu d’œdème de la jambe, le pansement est enlevé et on constate une suppuration du tissu cellulaire sous cutané décollant ia lèvre inférieure de la plaie, mais ne gagnant pas l’articulation dont les méplats sont normaux. Deux crins sont enlevés et deux drains placés dans le tissu souscutané.

Irrigation discontinue au Dakin toutes les trois heures.

2 novembre : les crins sont enlevés, mais l'irrigation. au Dakin est continuée jusqu'au 8 novembre. L’abcès souscutané ne donne plus aucun écoulement purulent.

Le 12 novembre : dix-huit jours après l'intervention, la mobilisation est commencée. La flexion atteint en quelques jours l’angle droit.

Le 28 novembre : des mensurations indiquent une atrophie de 1 cm. du mollet droit, La jambe se fléchit sur la cuisse au-delà de 90°. Léger œdème de la jambe.

Le blessé se lève et marche sans douleur, avec une gêne qui s’atténue de jour et jour.

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