CHAPITRE TI
Mécanisme.
Nous ne rappellerons pas ici les différentes hypothèses qui ont été émises pour expliquer la fracture de l’astragale et surtout son intégrité dans les cas de broiement des autres os du tarse, du calcanéum en particulier. L'architecture de l’os semble nous fournir la clef de la question.
Les fractures de l'astragale sont de cause ae ou
de cause directe. Certains auteurs ont cherché à élucider le mécanisme de ces fractures par des expériencessur des cadavres.
Rocxer, de Lyon, faisait tomber dans un appareil disposé à cet effet une masse de fonte d’une hauteur plus ou moins grande sur le plateau tibial d’une jambe amputée. BALLENGH1EN fit deux séries d'expériences : dans les unes, il précipitait un cadavre sur un sol «allé après avoir pris la précaution de lui mettre des chaussures, pour se rapprocher d'avantage des conditions normales. La chute était verticale ; dans deux cas sur sept, il oblint des fractures de l’astragale. Dans l'autre série d’expériences, il serrait dans un élau des pieds entièrement revêlus de leurs parties molles. Quelqu'ingénieuses que soient ces expériences, elles ne peuvent fournir d’utiles
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renseignements, trop de facleurs interviennent dans la chute, pour que l’on puisse conclure du cadavre, où la tonicité musculaire a disparu, à l’individu vivant chez lequel les conditions sont complètement différentes.
Si la cause presque unique des fractures de l'astragale est une chute se faisant sur les piedsd’une hauteur considérable, il nous semble cependant que cette condition n'est pas suffisante, et qu’au traumatisme s’exerçant de haut en bas doit s'ajouter un mouvement de torsion du pied. Quelques auteurs ont admis que dans une chute sur le talon, le pied étant en flexion, le col de l'astragale pouvait être brisé par appui sur le rebord antérieur de la mortaise tibio-péronière. BALLENGHIEN et GauPp sont d'accord pour nier ce mécanisme. Mais, dans une chute si l’un des bords latéraux du pied touche le premier le sol, s’il y à par conséquent combinaison d’une pression verlicale et d'un mouvement forcé du cou-de-pied : « Dans ce cas, il est habituel d'observer des entorses graves, des luxations du pied, des fractures complexes des malléoles. Cependant, d’après les statistiques de Gaupre, la rupture de l’astragale alieu par ce mécanisme une fois sur six, quand le pied est porté en abduction, une fois sur trois quand il est en adduction et rotation interne. » Or on peut se demander si, à la proportion établie par Gawrp, on ne peut pas ajouter nombre de cas classés parmi les entorses graves, citées en première ligne, et qu’un examen radioscopique aurait démontré êlre des fractures de l’astragale.
Dans quelques cas,cités par RierreL({), soit que l’on ne
(1) RierreL, loc. cit.
Hop pût invoquer aucune chute, ou bien que celle-ci se füt produite d’une hauteur négligeable, la fracture résul- {ait d'une torsion forcée du pied, soit en dedans, soil en dehors.
Dans les fractures par cause directe, le même mécanisme peut encore être invoqué ; le plus souvent, la fracture est déterminée par la chute d’un corps pesant ou le passage d’une roue de voiture. Dans le cas de notre observation I, le pied a été comprimé et fortement tordu, ainsi qu'en fait foi la fracture malléolaire externe, entre la bille de bois qui a rebondi et les autres pièces déposées à-ferre.
Enfin des fractures des apophyses de l’astragale, dues à une traction exagérée du ligament péronéo-astragalien postérieur, semblent ressortir au même mécanisme de torsion du pied.
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