INTRODUCTION
L'un des plus grands avantages que la pathologie chirurgicale aura retiré de l'emploi desexamens radioscopiques sera assurément la possibililé du diagnostic et de l'étude de certaines fractures, qui, jusqu'alors, en l’absence d'ouverture du foyer, étaient méconnues ou à l’état de supposition plus ou moins vague.
A ces hypothèses, basées sur la structureanalomique des parties, sur les sensations fournies par le palper ; étayées quelquefois par la constatation d'un cal ou d’un vieux {rait de fracture retrouvé aux hasards d’une autopsie, la radiographie a substitué une méthode de diagnostic aussi complète, aussi sûre que si, débarrassé des caillots sanguins, des parties molles plus ou moins contuses, le chirurgien avait dans les mains ce squelelte préparé par une étude d'anatomie pathologique.
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Et en effet, au point où en est parvenue la technique radiographique, qui d’ailleurs se perfectionne de jour en jour, on peut considérer comme complètement négligeable les déformalions que donne l’image projetéesur la plaque sensible. A la Société de chirurgie, les communications de Loison (1) et de Hennequix (2)ont appelé l’attention sur ces erreurs que peut fournir la radiographie ; une série de clichés, communiqués par REYNIER (3), semblait même démontrer que l’on ne pouvait avoir qu'une confiance relative dans ce mode d'exploration. Tur- FIER (4) paraît avoir ramené les choses exactement à leur point : nous ne saurions mieux faire que de le citer en entier.
« Je sais très bien que les rayons ne donnent qu’une ombre portée; les déformations decetteombre sont-elles de nature à infirmer les résultats, et faut-il, comme vous l'avez fait, attacher une importance à ces radiographies bizarres qui vous ont été présentées? Je les connaissais depuis longtemps ; elles m'ont été soumises, et je n’ai pas voulu les prendre en considération, les regardant comme un amusement de lanterne magique ou des images vues dans un miroir concave. La question me semble facile à résoudre sans géométrie: ne pouvant vous amener un malade, voici l'expérience que j’ai réalisée, J'ai pris la jambe droite, saine, d’un cadavre, et j’en ai fait deux radiographies de face et de profil ; j'ai pratiqué en-
(1) Bulletin et Mémoires de la Société de chirurgie, 1900, p. 89. (2) Zbid., 1900, p. 197.
(3) Bulletin et Mémoires de la Société de chirurgie, 1900, p. 233. (4) Ibid., :900, p. 363.
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