OBSERVATION III
DOUTRELEPONT.
Il s'agit d’une jeune fille de 21 ans, forte, paraissant bien porlante qui, jusqu'ici, n'avait eu aucune maladie de peau.
Le Ter août 1884, elle se piqua sous l’ongle du pouce gauche, avec une aiguille qui ne fut pas extraite.
Quelques jours après cette blessure, apparurent au voisinage de la place lésée, les premiers vestiges d'une longue maladie, à forme de petites plaques de gangrène de la peau.
La maladie envahit la peau du dos de la main, de l'avantbras, de l'épaule et du dos et plus tard, elle s’étendit à l’autre côté du corps, de sorte que presque toute la peau du corps était atteinte.
Aucune régularité ne fut notée dans la marche de l’éruption.
Les symptômes de la maladie sont décrits minutieusement dans les lignes suivantes : tantôt il n'y a pas d'hypérémie de la peau, tantôt il y en à une légère qui, cependant, cesse dans les derniers temps ; il se produit des picotements, une sensation pénible aux endroits où se fait l’éruption et qui sont mal limités, à contours circulaires ou ronds. Il se forme des places grisâtres, à surface plus ou moins ronde, des taches lenticulaires distinctes, d'une teinte plutôt jaunâtre.
Les foyers sortent d'un petit groupe pour former des efflorescences rondes.
Il n'y a jamais enflure de la peau, ni vésicules, ni papules, ni pustules aux endroits malades qui sont, fait à remarquer, au même niveau que la peau saine.
Très vite, après l'apparition de la plaque, se montre à sa limite, une ligne de démarcation, qui se compose d’un bourrelet hyperemié de quelques millimètres. Les lambeaux gangrénés de la peau prennent une teinte jaunâtre et tombent successivement et il reste un ulcère avec de petites granulations anémiques ; cet ulcère se cicatrise après un long temps, ou bien il arrive, comme nous l'avons surtout observé dans les derniers temps de la maladie, que la guérison se fait sous la croûte. La gangrène n'envahit toujours que la peau et ne prend pas la couche sous-cutanée.
Une recherche soigneuse des micro-organismes resla sans
résultat.
OBSERVATION IV (Kopp).
Il croit que son cas est identique à celui de Doutrelepont. Il s’agit d’une malade de 25 ans, faible, qui tomba malade SIX
mois avant que Kopp la vit.