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OBSERVATION XI

ALTÉRATIONS GANGRÉNEUSES ET NÉCROTIQUES MULTIPLES ET UNILATÉRALES DE L'EXTRÉMITÉ CÉPHALIQUE.

(Par H. HALLOPEAU et LE DAMANY. — Ann. de Dermat., 1894.) La nommée B..., couchée au numéro 22, salle Lugol, a eu

autrefois des angines phlegmoneuses à répétition et peul-êlre des angines herpétiques, mais depuis une dizaine d'années,

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ces accidents pharyngiens ne se sont pas produits. Il y a trois ans, elle eut sur la moitié gauche de la face cutanée de la lèvre supérieure, près du bord cutanéo-muqueux, un bouton qui dura environ trois semaines. Elle en ignore la cause et ne peut donner sur sa nalure aucun renseignement. Elle n’a pas remarqué s’il y eut ou non de l’adénopathie concomitante dans la région sous-maxillaire correspondante. Cette lésion a laissé après elle une cicatrice facilement visible, demi-circulaire, large de 6 millimètres, blanche et déprimée.

Pendant l'hiver suivant, elle eut aux cous-de-pied de petites ulcérations recouvertes de croûtelles et qu’elle attribua au froid.

Dans ces régions persistent quelques cicatrices blanches, mais non déprimées. Depuis, elle a eu sur le corps et surtout sur le cuir chevelu, des boutons qui se recouvraient également de croûtes et qui ont également laissé quelques cicatrices sur la partie supérieure du thorax.

Il y a dix-huit mois, elle eut dans la région sous-maxillaire droite un abcès d’origine probablement ganglionnaire. Il fut incisé à l'hôpital St-Louis et guérit en trois semaines. Lors de l'entrée de la malade, on voyait à cet endroit une cicatrice linéaire, saillante, parallèle au bord du maxillaire inférieur

Son mari est mort, dit-elle, de tuberculose pulmonaire. Elle a eu quatre enfants, trois sont morts d’affections dont la nature n'a été que mal déterminée, l’un à dix-sept jours, les deux autres à cinq mois. Il lui reste une fille âgée de 14 ans et qui n’a eu aucune maladie.

Son dernier accouchement remonte à 11 ans. Elle n'a jamais eu d’avortement. Les accidents cutanés qu’à présentés cette femme ont fait songer d’abord à la possibilité d'une syphilis; mais des recherches praliquées dans cette voie n'ont pas confirmé cette manière de voir. D'autre part, son état général a toujours élé très bon.

L'affection pour laquelle elle entre à l'hôpital a débuté au milieu du mois d'octobre (trois semaines avant son entrée), sous la forme d'un petit bouton. Le sommet de ce bouton s’est rapidement recouvert d'une petite croûtelle, pendant que la base s’élargissait et se tuméfiait. Son siège initial était la partie inférieure de la joue droite. Les dimensions de la croûte

FÉTRRES

et celles de la tuméfaction sont allées en augmentant progressivement el la malade a éprouvé des douleurs contusives assez

violentes. .

Elle vient à la consultation le 22 octobre et des pansements

à l'huile phéniquée lui furent prescrits. Huit jours après, ils furent remplacés par des pansements boriqués humides que la malade abandonna bientôt pour les cataplasmes.

Sous l'influence de ces pansements, la croûtelle tomba, mais vers le 2 novembre, l’ulcération mise à découvert, prit une coloration noirâtre pendant que le gonflement continuait à s'étendre. .

A peu près en même temps, la malade commença à éprouver quelques douleurs dans la bouche et la gorge.

En examinant cette femme le 6 novembre, on constate un gonflement assez considérable de la partie inférieure de la joue droite.

Ce gonflement s'avance jusqu’à la ligne médiane, au-dessus du menton el empièle assez largement sur la région sushyoïdienne latérale. La partie centrale de cette tuméfaction est formée par une eschare noire, de forme irrégulière, insensible à la piqûre, mate à la percussion et par conséquent peu épaisse.

Autour d'elle, une dépression qui l’entoure complètement marque, d’une manière nette, les limites de la partie mortifiée- Le fond de ce sillon est recouvert de pus ; sa partie externe est formée de bourgeons charnus.

Plus en dehors, on voit une large zone rouge à limites peu netles.

Le palper révèle l'existence d’une induration très étendue, assez profonde. Les limites de cet empâtement correspondent à peu près à celles de la rougeur; son diamètre est de 6 à 7 centimètres.

IT n'existe pas d'engorgement des ganglions cervicaux, ni même de ceux qui siègent dans la région sus-hyoïdienne du côté malade. Sur le cuir chevelu, on voit dans la partie postérieure, près et à droite de la protubérance occipitale une croûtelle brunâtre, plate, d'un diamètre de 8 millimètres, légèrement déprimée, circulaire. Elle repose sur une base saillante qui donne au doigt une sensation d'induration en même temps que d'épaississement des téguments.

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