SYPHILIS GASTRIQUE
Signalons les observations de Savy, GIRARD et GoN- NET, de H. Marc et Sirc : syphilis gastrique à forme pseudo-néoplasique, et de A. DELMANTO : gomme syphilitique simulant un cancer gastrique.
Puis ce sont les cas publiés par D. PErIT-DuTraiLLis et I. BERTRAND (1930), qui signalent «un cas curieux de syphilis gastrique grave, sans tumeur, simulant le cancer, vérifié par l'histologie. Une gastro-entérostomie combinée au traitement spécifique amène la guéson. »
Celui de LEMIERRE, ayant trait à deux cas de « gastropathie grave ayant simulé le cancer et probablement de nature syphilitique ».
Enfin F. MouriIEr, avec GIRAULT et DEBRAY, communique en 1937 à la Société de Gastro-entérologie de Paris des observations de pseudo-cancers gastriques d’origine syphilitique. Etudiées à la gastroscopie, ces lésions se révèlent tumorales, ulcéreuses ou gastritiques.
En même temps que l’observation précédente, F. MouTiIER rapporte plusieurs cas de « pseudo-cancers gastriques, peut-être syphilitiques ». Il s’agit dans ces trois cas de lésions à type gastritique pur. Ils font l'objet d’une communication à part, car l’étiologie syphilitique est seulement soupçonnée.
Vers la même époque, nous relevons les publica-
tions de SAvIGnAC (fausses images radiologiques de cancer), de GUTMANN, BEAUGEART et HARDEL, concernant un cas de gastrite aiguë œdémateuse donnant à la radio une fausse image de cancer.
Enfin, tout dernièrement, celle de JoBix et DuGaL sur «la gastrite péri-ulcéreuse simulant le cancer ».
Avec toutes ces observations, nous sommes déjà dans le domaine des gastrites.
Enfin, nous avons pu en rassembler quelques-unes dans lesquelles l’histoire clinique, les données de l’examen radiologique, et l’étiologie gastritique, sont à rapprocher des constatations faites chez notre malade.
Signalons d’abord celle de LANDIVAR, LLAMBIAS et G. Bosc, publiée en 1930, qui a trait à une « pylorogastrectomie pratiquée à l’occasion d’une gastrite chronique folliculaire, érosive et métaplasique qui simulait cliniquement un cancer gastrique », et celle de Boxapies (1934), qui, dans un travail consacré aux gastrites néoplasiformes de l’antre pylorique, rapporte un cas d’épaississement localisé de la paroi gastrique, d’origine gastritique, dont le diagnostic exact ne fut fait seulement qu'après examen de la pièce. L'auteur en profite pour se livrer à une étude de ces infiltrations pariétales bénignes qui vont de la simple hypertrophie localisée des plis jusqu'aux tumeurs inflammatoires citées plus haut.
Corrim publie également en 1936 une observation d'hypertrophie localisée de la muqueuse gastrique, pseudo-néoplasique.
GUTzEIT et TEIrTGE, dans leur traité de Gastroscopie, signalent également qu’au cours de certaines gastrites, le gonflement isolé des plis, avec ou sans hémorra-
gies, et les irrégularités des contours gastriques peuvent en imposer pour une infiltration pariétale néoplasique, et citent à l’appui l’histoire d’un de leurs malades chez qui le diagnostic de gastrite put être posé grâce aux examens endoscopiques.
Notons également la publication de J.-C. KANToR en Amérique (hypertrophie localisée de la muqueuse gastrique avec plis géants simulant un cancer) et enfin les cas récents publiés par KoNJETzNY en Allemagne. Cet auteur a rassemblé trois observations de faux cancers gastriques simulés par des gastrites chroniques hypertrophiques, avec preuves anatomo-pathologiques à l’appui.
Quelle est la fréquence exacte de tous ces cas de faux cancers? Il semble difficile de le déterminer en l’absence de toute statistique précise.
F. MouTIER, pratiquant des examens endoscopiques systématiques de l’estomac chez 157 malades cancéreux gastriques ou soupçonnés de l'être, constate que 50 sujets peuvent être reconnus comme non cancéreux.
Sur ces 50, 6 sont atteints de gastropathie syphilitique, les 44 autres présentant des lésions diverses : tumeurs inflammatoires, ulcères géants, œdèmes et gastrites hypertrophiques.
Quelle que soit la part de la gastrite authentique dans ces faux cancers, il n’en est pas moins vrai qu’il faut y penser lorsque, à la laparotomie pour cancer, on ne décèle aucune lésion macroscopique.
L'observation qui va suivre en est la preuve.
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