OBSERVATION
La malade, âgée de 54 ans, infirmière, est adressée au Docteur AMELINE, le 9 novembre 1940, par le Docteur Mou- TIER, qui la suit depuis environ trois mois, pour des douleurs épigastriques accompagnées d'atteinte de l’état général, le tout remontant à environ deux ans.
C’est en effet vers cette époque que la malade, jusque-là en parfaite santé, a commencé à souffrir de l’estomac.
Les douleurs, d’abord légères, simples pesanteurs gastriques, sensations de digestions pénibles sans grands caractères, irrégulières dans leur apparition et leur durée, sont parfois séparées par des accalmies de plusieurs jours, au cours desquelles la malade se croit définitivement guérie, puis les troubles dyspeptiques réapparaissent inopinément malgré le régime sévère qu’elle s’est imposé.
En effet, bien que dès ce moment la malade ait commencé à maigrir, elle ne consulte aucun médecin et met ses troubles sur le compte d’une dyspepsie banale.
Aussi se contente-t-elle de suivre un régime, écartant le plus possible de son alimentation les viandes en sauce, épices et corps gras, qui, croit-elle, provoquent ces troubles dyspeptiques.
11 y a trois mois environ, les douleurs changent de caractère. Elles augmentent d’intensité et surviennent par crises, assez nettement rythmées, aux dires de la malade.
Elles éclatent à heures fixes, deux heures environ après les repas, la réveillant la nuit.
C’est une crampe douloureuse, d’abord peu intense, qui va en augmentant, devenant alors très violente, comparée par
la malade à eune bête qui la ronge ».