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Mais, de tous ces moyens prévenifs,le plus efficace consiste à lutter contre l'immobilité prolongée dans les tranchées, de même qu’à éviter la constriction du pied. I faudra donc diminuer la longueur du séjour dans les tranchées, faire la relève plus souvent si possible. En tous cas, 1l faudra astreindre tous les hommes exposés au froid, et surtout au froid humide, à enlever leurs chaussures une ou deux fois par jour et à pratiquer à ce moment un léger massage des pieds. Il faudra aussi leur recommander, à l'arrivée au poste de repos, d'éviter de s'approcher du feu. Enfin, il faudrait installer pour les hommes ayant les pieds engourdis un mode de couchage permettant de garder les pieds en position élevée.
La chaussure devra être l'objet d’un soin particulier. Elle doit être large. Très souvent, dans la chaussure réglementaire, il n’y a pas un rapport conforme aux données anatomiques entre la place réservée au point d'appui intérieur, orteils et métatarses, et celle qui est réservée au reste du pied. De telle sorte que, pour éviter que le pied ne soit trop au large au niveau du coude-pied, on comprime l’extrémité antérieure, celle qui a le plus besoin de place et de mobilité.
Il faut, au contraire, que l’on puisse mouvoir les orteils dans tous les sens, les fléchir et les rétendre, les écarter et les rapprocher, exactement comme s1 le pied était à nu.
Pour que l'extrémité des orteils n'arrive pas jusqu'à l'extrémité de la chaussure, il sera bon de laisser un espace libre de 3 centimètres environ.
L'extrémité antérieure du pied est, en effet, la partie
aps la plus accessible aux compressions vasculaires et la plus exposée au froid. C’est le siège initial des accidents gangreneux.
La liberté absolue du pied est donc une condition indispensable pour permettre une circulation active, et celle-ci est la meilleure protection contre le froid, indispensable ensuite pour éviter la constriction qui résulte de l’enflure du pied.
Quant à l’usage des bandes molletières, il a été, en général, très critiqué. Nous rappellerons, à ce propos, qu'il y a plusieurs années déjà, un médecin de l’armée faisait le procès des bandes molletières à un point de vue général, et 1l ne craignait pas d'en demander la suppression.
Il est évident qu'il y a là une question de technique très importante, mais il ne semble pas que, bien appliquées, elles aient un effet nuisible. C’est, d’ailleurs, l'avis de M. Charcot, chef de deux expéditions polaires très rudes. « Bien mises, dit-il, c’est-à-dire ajustées, mais non serrées, avec des chaussures très larges, les bandes molletières valent cent fois mieux que les bottes et les remplacent. J’ai toujours porté et fait porter à mes hommes des bandes molletières, et nous leur devons la conservation de nos pieds. »
En résumé : graissage des pieds chaque jour, et, par conséquent, délaçage des brodequins, port d’une chaussure large et bien faite, amélioration des tranchées, mobilisation aussi fréquente que possible des orteils et du pied, séjour moins prolongé dans les tranchées, tels sont les différents moyens prophylactiques qui doivent être utilisés.
nt Ge Malheureusement, ces différents moyens sont loin
d'être toujours applicables. Mais, toutes les fois qu’on le pourra, on devra s’efforcer de les mettre en pratique.