TRAITEMENT CURATIF
Nous n'avons pas l'intention de décrire tous les modes de traitement qui ont été employés, car un tel chapitre ferait, à lui seul, l’objet d’une thèse. Nous passerons rapidement sur le traitement des formes légères et des formes moyennes, et nous parlerons surtout du traitement des formes graves avec gangrène, en insistant particulièrement sur le traitement par l'air chaud, tel qu'il a été employé à l'hôpital temporaire du couvent de Talant, à Dijon, par le D' Longin et par le D' Camuzet, et dont les résultats ont été vraiment excellents.
a) Traitement des gelures légères sans ulcération, ni mortification.
La thérapeutique devra surtout chercher à rétablir doucement la circulation.
Pour faire cesser l'arrêt circulatoire, les malades emploient souvent la chaleur : d’instinct, ils rapprochent le membre d’un foyer. Mais cette action de la chaleur est trop brutale et augmente beaucoup la tendance au sphacèle.
Les onctions avec un corps gras à peine attiédi, les frictions très douces, puis un peu plus énergiques à mesure que la peau reprend une teinte rosée, une cer-
taine vitalité, sont plus efficaces et évitent cet inconvénient grave.
M. Piédallu préconise une graisse qu’on peut facilement fabriquer avec des produits dont l’intendance dispose à profusion et dont la formule est la suivante :
DO OO ne.
Huile de pied de bœuf épurée. 8 —
PélEDle tt CR 2
Cette graisse peut être facilement fabriquée dans chaque centre d’abat et donne de très bons résultats.
Pour nettoyer le pied, on peut, une fois l’asphyxie locale disparue, faire usage d’eau tiède ayant bouilli et additionnée d’un quart d'alcool camphré et de savon.
On a uülisé avec succès, dans beaucoup d’hôpitaux, les bains de pieds tièdes à 33 ou 35 degrés, salés de préférence {sérum physiologique), répétés chaque jour et suffisamment prolongés. Dans l'intervalle, les pieds doivent être enveloppés dans une épaisse botte de coton cardé. Après trois ou quatre jours, on remplace les bains par des frictions à l'alcool camphré.
Les frictions sont, en effet, un excellent moyen pour rétablir la circulation. Elles arrivent souvent à ranimer des régions tout à fait exsangues, glacées etinsensibles. On peut les faire sèches avec un morceau de laine ou de flanelle.
Mais le massage méthodique, comportant un massage léger des téguments, puis l’effleurage, paraît encore supérieur aux frictions.
Là où les ressources pharmaceutiques ne font pas