‹ Contribution à l'étude des gelures des piedsChapitre 15 sur 33 · KA CROIS · texte numérisé non relu

KA CROIS

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one défaut, la pommade antiseptique de Championnière

sera un excellent moyen de désinfection et de premier pansement.

Essence de géranium . . âà XV gouttes.

Essencerde thyim 0) :::: — Eésencerdionisant0. 110.teur — Essence de verveine. . . —

Microcidmetemeeutuiossn re. o gr. 30 Vaseline stérilisée . . . 100 grammes.

TRAITEMENT PALLIATIF, — Les douleurs, comme nous

l'avons vu, sont souvent très vives, avec un caractère manifeste d’acuité nocturne. Le traitement général sera celui de toute algie, antipyrine, chloral, véronal et même morphine.

A. Un pansement qui paraît agir très efficacement, c'est celui à l'alcool glycériné, iodé, dont voici la

formule :

Alcool à 70 degrés. . 80 centimètres cubes.

Glycérine ordinaire . 20 — Teinture d'iode. . . I ==

Dans l'intervalle de ces pansements, les bains tièdes, locaux, précédés de massage, en même temps qu'ils rétablissent la circulation, abrègent la période douloureuse et les réactions hyperesthésiques si pénibles.

B. Méthode biokinétique de Jacquet. — Cette méthode, appliquée aux gelures, donne de très bons résultats. Le principe essentiel est la mobilisation active en élévation forcée des extrémités atteintes. C'est le malade qui doit lui-même mobiliser énergi-

quement ses membres gelés. Le tronc et la tête à plat sur le lit, il passe ses deux mains sous une cuisse et élève verticalement le membre inférieur, qui forme ainsi un angle droit avec le plan du lit. Puis il tâche de faire exécuter peu à peu tous les mouvements possibles de flexion, d'extension et de circumduction à ses articulations des orteils et du cou-de-pied. Les articulations,raidesau début, s’assouplissent progressivement etles mouvements augmentent de force et d'amplitude. Cet automassage doit être pratiqué pendant quatre à cinq minutes consécutives et renouvelé fréquemment huit à dix fois par jour au moins.

Très rapidement, les blessés sentent un grand soulagement; ils sont tous très affirmatifs à ce sujet. Au bout de quelques jours, les crises s’espacent et disparaissent. Mais, en plus de cette action palliative, cette méthode fait disparaître l’œdème, aide au rétablissement de la circulation et accélère la guérison.

Elle peut être employée non seulement dans les formes légères, mais dans tous les cas de gelures, comme adjuvant du traitement que l’on aura institué.

b) Traitement des gelures de forme moyenne avec phlyctènes et escarres limitées.

On a employé des pansements aussi nombreux que variés. Parmi toutes les ppmmades et toutes les poudres dont on s'est servi, citons les pansements iodés au 1/50, la pommade aux essences de Championnière, la pommade au salol camphré, la pommade de Reclus, la poudre d'ectogan qui est à la fois antiseptique et

kératoplastique, la poudre composée de Championnière, etc.

Quel que soit le mode de pansement, on aura tou- Jours soin d’entourer le pied d'ouate très lâche, d’éviter les bandes circulaires et serrées, qui entravent la circulation.

En (out cas, 1l faudra faire très attention aux antiseptiques trop forts qui peuvent avoir un effet désastreux. Ainssi, l'acide phénique, même additionné d'alcool ou de glycérine, forme un vernis caustique et nécrosant sur la peau. Les solutions de sublimé ne sont pas non plus à recommander. Le vin aromatique, moyen traditionnel dans les guerres du premier Empire, est loin d’être sans valeur, surtout si on l’applique tiède et même un peu chaud.

La solution d’acide picrique au 1/100 a été employée dans un assez grand nombre d’hôpitaux et a eu de bons effets.

Enfin, nous insistons sur une méthode employée par le D' Locquin, médecin traitant à l’hôpital temporaire n° 74, de Dijon, et qui a donné des résultats véritablement très bons. Le principe, c’est le tannage de la peau. On crève d’abord les phlyctènes, puis on les frictionne doucement avec le mélange suivant :

BNCOOPMRP ER EM 60! erAMmMés CN OUI RS MEMAIMEr A0 fi Is Formorr on ui gros 24 15 —

Sur les parties nécrosées, on applique des compresses imbibées du même mélange, dont on modifie un peu

PR la formule, c'est-à-dire qu’on met moitié glycérine, moitié alcool.

Entre les pansements, la méthode biokinétique peut être employée.

Au bout d’un mois à six semaines, l’escarre commence à se détacher. On peut alors donner des bains tièdes et, avec le bistouri, faire l’ablation des morceaux d’escarres.

Cette méthode, ainsi employée, donne des résullats rapides et des plus satisfaisants.

c) Traitement des gelures graves avec gangrène.

Il faut faire tout son possible pour éviter le traitement chirurgical précoce. On a beaucoup trop amputé de jambes pour pieds gelés dans certaines formations sanitaires, et beaucoup de soldats auraient pu conserver leurs membres avec un traitement bien conduit, car, pour faire une opération typique qui ait chance de succès, il faudra s'éloigner le plus possible de la limite du mal et faire de gros sacrifices, enlever, par exemple, le métatarse alors qu’il aurait peut-être suffi de sacrifier les orteils, faire une désarticulation tibiotarsienne alors qu'on aurail peut-être pu conserver le massif du tarse.

D'autre part, l'infection est si précoce que l'on risque d’avoir de la suppuration au lieu d’une réunion par première intention, et alors la cicatrisation est interminable. Il se peut aussi que l'on tombe sur des muscles qu'on croyait sains et qui sont baignés de pus.

Ainsi, ou bien de faire de gros sacrifices, amputer

HAT — très loin de la limite du mal, ou bien faire une ampulation limitée, mais alors risquer presque sûrement de transporter les germes infectieux au delà de leur point d'origine et d'avoir une cicatrisation interminable, tels sont les gros inconvénients du traitement chirurgical précoce.

Il faudra instituer dès le début un traitement conservateur. Il n'est, en effet, pas surprenant de voir revenir à la vie et ne perdre que quelques morceaux d'eux-mêmes des pieds dont on dirait, à première vue, qu'ils sont voués à une gangrène totale. Il faut se rappeler que la conservation réussit souvent là où l’amputation semble tentante.

Quel sera donc ce traitement ? Il pourra consister à laisser l'élimination se faire naturellement, attendre que le mort se sépare du vif, et, en attendant, faire des pansements, des applications antiseptiques variés comme nature et comme forme. Mais il faudra se méfier beaucoup des antiseptiques forts.

EMBAUMEMENT. — Une très bonne méthode d'attente est l’'embaumement. Voici comment on la pratique: le pied est lavé à l’eau tiède et au savon, puis à l’éther. La peau étant bien asséchée, on applique des compresses 1mbibées soit d'huile goménolée au 1/10, soit de baume du Pérou, recouvertes elles-mêmes d'un pansement ouaté ordinaire. Répéter le pansement tous les jours ou tous les deux jours. On peut encore employer une formule préconisée par le D' Mencière :

Iodoforme . . . . . 10 grammes Galacol eee 0 Cor 0 —

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