‹ Contribution à l'étude des gelures des piedsChapitre 21 sur 33 · OBSERVATION VII · texte numérisé non relu

OBSERVATION VII

M..., 131° régiment d'infanterie, vingt-quatre ans. Vient de l’Argonne. Portait des molletières, Est resté quatre jours et quatre nuits dans les tranchées, dans l’eau et la boue. Depuis quelques jours, ses pieds étaient œdématiés ; il ne pouvait plus quitter ses souliers ; il perdait l'appétit. Evacué Le 24 décembre pour douleurs des pieds et des mains.

Entré à Talant le 31 décembre.

Sérum antitétanique le 2 janvier.

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A l'entrée, ses pieds jusqu’à la cheville présentent une teinte livide, des bulles citrines et séro-sanguinolentes, gangrène des 2°, 3° et 4° orteils gauches.

On donne des douches d’air chaud pendant une huitaine de jours, puis on fait une désarticulation par carbonisation des 3° et 4° orteils gauches et de la 3° phalange du 2° orteil gauche.

Après l'amputalion, on assiste à la formation de plusieurs plaques de gangrène humide sur les orteils droits et gauches dont la chute laisse à nu les tendons, les gaines, le squelette, baignant dans un liquide verdâtre, putride, d'odeur infecte. Formation de bourgeons charnus qui saignent au moindre contact. On reprend les douches d'air chaud tous les quatre jours. Sort le 6 mars en très bon état.

OBSERvATION VIII

A..., 111° régiment d'infanterie, vingt-deux ans. Vient de l’Argonne. Portait des bandes molletières très serrées. Est resté six jours et six nuits dans les tranchées par la pluie et la boue. Il a gelé le troisième jour.

S'est fait évacuer le 22 décembre, avec des douleurs violentes, un œdème énorme, une teinte cyanosée des membres inférieurs jusqu'aux genoux.

Arrivé à Dijon le 28 décembre; est traité par l’acide picrique et la poudre de Lucas-Championnière ; est envoyé à Talant le 31 décembre. Sérum antitétanique le 2 janvier.

À son arrivée, gangrène massive; gangrène humide avec début de momification des orteils et du talon; le derme infiltré a une teinte bronzée. Il y a un début de sillon à deux travers de doigt au-dessus de la malléole. L'insensibilité est complète. Il y a de la douleur spontanée profonde, de la douleur à la pression sur les trajets artériels : quelques phlyctènes citrines etséro-sanguinolentes au talon. Des fusées purulentes se font dans les gaines.

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Dix jours après son arrivée, on fait une désarticulation tibio-tarsienne gauche par carbonisation également audessus de Particulation tibio-tarsienne.

À été très anémié ; a fait un peu de septicémie. Le traitement dans la suite s’est continué par les douches d'air chaud.

Le résultat a été remarquable. Le malade est sorti le 6 mars, guéri. Il n'y à pas eu besoin de faire une régularisation.

OBsERVATION IX

V..., 82° d'infanterie, vingt-trois ans. Vient de l'Argonne. Ne portait pas de molletières, mais des guêtres en cuir.

Est resté quatre jours dans les tranchées par la pluie et la neige. Il à gelé le troisième jour. Mais, dès le premier jour, a ressenti des douleurs violentes au pied, des crampes dans les mollets. S’est fait évacuer, le 25 décembre, avec des gonflements et une teinte livide, violacée, du pied droit, remontant jusqu’à la cheville.

Arrivé à Dijon le 28. Entré à Talant le 31. Au pied droit, il y a une gangrène noirâtre du pouce et de l'index, et une plaque de sphacèle jusqu'a la moitié de l’espace interosseux, Il y a aussi de nombreuses phlyctènes citrines et séro-sanguinolentes sur la face dorsale du pied.

Douches d’air chaud au début.

10 janvier. — Désarticulation par carbonisation des deux premiers orteils.

Puis, de nouveau, douches d’air chaud.

Sort le 6 mars, guéri, sans régularisation.

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