‹ Contribution à l'Étude des Gommes Laques des Indes & de MadagascarChapitre 18 sur 29 · PP COTES · texte numérisé non relu

PP COTES

porter ici un certain nombre de faits à ajouter à l’histoire de ce composé.

L'alcool que nous. avons reliré de la laque fond à 88e, il est éthérifié en partie par un acide, fondant à 91°, qui est l’acide mélissique — 88° et 91° sont les températures trouvées par Maskelyne, nous avons done commencé par préparer l'alcool de la cire de Carnauba.

Alcool de la cire de Carnauba. — 100 gr. de cire de Carnauba, 100 gr. de potasse et un litre d'alcool à 95°, chauffés au bain marie, sont maintenus à l’ébullition, pendant huit heures, dans un ballon, muni d’un réfrigérant à reflux. Le produit de la saponification est filtré, après addition de deux litres d'alcool chaud, dans un entoanoir, chaufñé à la vapeur. L'alcool, en refroidissant, laisse déposer des cristaux qu'on sépare par filtration; les cristaux délayés dans l’eau sont précipités par le chlorure de Baryum. Le précipité ainsi obtenu est décanté, lavé, essoré entre deux plaques de plâtre et desséché dans le vide sec. Lorsque la dessiccation est complète, on épuise par la benzine chaude. La benzine filtrée abandonne, en refroidissant, des cristaux qui fondent vers 88°; les cristallisations dans l'alcool et la benzine ne changent pas le point de fusion qui reste fixé à 88°. Les cristaux, obtenus dans la benzine, sont souvent jaunâtres, la matière qui les colore ne se dissolvant pas dans l'alcool chaud, on peut les purifier par dissolution dans ce liquide.

L'identité des deux alcools de la laque et de la cire de Carnauba n’est pas douteuse, tous les dérivés obtenus éthers et acides ont les mêmes propriétés, qu’ils proviennent de l’un ou de l’autre alcool. Ce résultat atteint, nous

avons cherché à comparer cet alcool avec celui de Ja

cire d’abeilles.

Alcool de la cire d’abeilles. — La cire est épuisée par l'alcool bouillant, pour enlever l'acide cérotique ; le résidu insoluble est de la myricine impure.

Toutes les tentatives que nous avons faites pour obtenir de la myricine à point de fusion constant sont restées sans résultat ; plusieurs dissolvants, l’éther, la benzine, le chloroforme, l’éther de pétrole, l'acide acétique, lacetone ont été essayés. L'alcool et la benzine mélangés à volumes égaux, permettent d'obtenir en deux ou trois cristallisations, un produit bien blanc fondant à 66°. Ce n’est pas de la mryricine pure, car le point de fusion change si on la fait cristalliser dans un autre liquide. Ce n’est pas non plus une combinaison de la mycirine avec le dissolvant, le point de fusion ne change pas si on chauffe préalablement le produit à 100°. Néanmoins nous avons saponifié cette myricine impure.

Dans une saponification on a suivi la mème marche que pour la cire de Carnauba; dans une autre, au lieu de précipiter le savon par le chlorure de baryum, on le décompose par VHCI;.lacide palmitique et l'alcool myricique se séparent, on les sèche et on les dissout dans la benzine chaude. Pendant le refroidissement, l'alcool myricique cristallise tandis que l'acide palmitique reste en solution. Dans les deux cas l'alcool obtenu fond à S5», c'est Ia température que Brodie à publié. L’acide que l’on obtient, en oxydant l'alcool à l’aide de la chaux potassée, fond au même point 88-89 que celui préparé par Brodie.

Si on multiplie les cristallisations de l'alcool myricique dans la benzine, le point de fusion ne change pas sensi-

Mn COLE De

blement, mais quand on opère la dissolution dans 1000 parties de benzine, les premiers cristaux déposés fondent entre 85 et 87. Encouragé par ce résultat, nous avons essayé d’autres dissolvants , aucun de ceux, employés déjà pour la myricine, ne nous a donné des cristaux fondant à SS°: toutelois, les cristallisations dans l’éther permettent d'élever le point de fusion jusqu’à 87° Nous avons alors préparé une série d’éthers, avec l'alcool de cire d’abeilles, pour les comparer aux éthers de l'alcool fondant à 88°. Tous ces éthers (oxalique, acétique, phtalique, etc.) fondaient de 1 à 3 degrés au dessous des éthers correspondants préparés avec l’alcool de laque.

En particulier, l’éther oxalique, obtenu avec l'alcool de cire d’abeilles, fondait à 88°,5 tandis que celui préparé avec l’autre alcool fondait à 91°. L’insolubilité de l’éther oxalique dans l'alcool bouillant nous faisait espérer que nous pourrions le purilier.

Ce que nous n’avons pu obtenir ‘avec l’éther oxalique, s’est trouvé réalisé avec l’éther mélissique. Celui-ci est insoluble dans l'alcool bouillant, comme le précédent, mais il est de plus insoluble dans lacide acétique chaud, il y avait là un double moyen de purification qui permettait d'espérer un résultat précis.

Pour préparer l’éther mélissique, l'alcool de Brodie est chauffé, en tube scellé à 140° pendant 6 heures,’avec son poids d’acide mélissique. Le produit de la réaction est épuisé par de l'alcool bouillant qui dissout lalcool myricique et l'acide mélissique non combinés; léther est purifié par plusieurs agitations avec l’acide acétique chaud, au-dessus duquel il vient surnager sous forme d’une couche huileuse qui se solidifie en refroidissant, sa texture est cristalline. La purification est achevée par une cris-

tallisation dans la benzine qui laisse déposer des cristaux fondant à 92°, jaunâtreés comme ceux que nous avons séparés de la gomme laque.

L'éther mélissique, ainsi préparé avec l'alcool de cire d'abeille, donne par saponification, un alcoo! qui fond à 87° dès la première cristallisation, son point de fusion s’arrèle à 88°, si on fait de nouvelles cristallisations dans la benzine.

L'identité des trois principes retirés des cires d’abeilles, de Carnauba et de la gomme laque est donc établie. Cet alcool unique se trouve éthérifié par

L'acide palmitique dans la cire d'abeille, » cérotique ) » » Carnauba,

» mélissique. » » » de gomme laque.

Comme vérification, nous avons préparé chacun de ces trois éthers avec l’alcool provenant de ces trois sources ; ‘ces neuf composés ont été obtenus en chauffant en tube scellé 05,50 d'alcool avec 15 d’acide, à 140° pendant 16 heures, le contenu du tube à été épuisé par l'alcool chaud, et la partie insoluble purifiée par cristallisation dans la benzine. Voici les points de fusion trouvés :

Alcool myricique

ce gomme de laque PF 880 de Carnauba PF S8o d'abeille PF 870 , PF P Sol. PE PS. PE PS.

Ether Palmitique 75 rh) rh) 74,5 74 73 » Cérotique 87 S7 86,5 86 86. 85 » Mélissique JA 92 92

L'alcool de cire d’abeilles fondait à 87, il avait été purifié par cristallisation dans l’éther, la purification par transformation en ‘élher mélissique étant un procédé très-long.

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