CHAPITRE HI
Étude de l’insecte qui produit la laque de Madagascar.
Monsieur le professeur Targioni Tozzetti, qui a bien voulu étudier et décrire l’insecte producteur de cette gomme laque, résume ainsi son travail : (1)
« Les cochenilles de la laque de Madagascar (car il » n'y a pas de doute qu’il s’agit d’une cochenille) est » voisine de celle de la laque des Indes. Toutelois elle » est assez diflérente pour en faire une espèce d’un genre » particulier, à reporter avec le genre Carteria (2) (que je » maintiens sous cette dénomination pour l'espèce de la » laque des Indes) à un même groupe, qui se rapproche » des Kermès Am. Serr. (sensu propria), et par ceux-ci, » va se ranger parmi les Lecanites ou Lécanines ou Léca- » nidées si l’on veut. Quelle que soit la nature de la » sécrétion de la laque de Madagascar et son origine, » les rapports des insectes avec elle sont identiques à
(1) Les circonstances ne nous permettant pas de retarder la soutenance de cette thèse, nous avons le regret de ne pouvoir insérer ici le travail de M. le Professeur Targioni Tozzetti ; ce travail ne nous est pas parvenu assez tôt, nous le publierons, avec les planches qui l'accompagnent, dans le tirage de cette {thèse qui sera fait ultérieurement.
(2) » Je regrette de renvoyer en synonymie le nom de Tachardia » lacca de M. Blanchard, mais le nom de Carteria lacca, pas très-bon
» lui-même, à une antériorité incontestable et il faut y «revenir ». Targ. Tozz.
ceux des insectes de la laque des Indes avec celle-ci. »:Partant des larves qui sont, pour les deux espèces, tout-à-fait des larves de Lécanites, les corps des femelles adultes sont déformés par un accroissement aboutissant a une forme allongée, plus ou moins prismatique. Celleci s'enveloppant du produit résineux de tous les côtés, rayonne de l’intérieur à l'extérieur de la masse formée par celui-ci, et se tient fixée par une des extrémités, où est la bouche, retournant au dehors l'extrémité contraire plus ou moins renflée et asymétrique, où se porte l'anus, au bout d’un relief dentiforme mitoyen d’une plaque tridentée, qui correspond au segment tergal du corps. — Le segment sternal porte tout près de son origine, à l'extrémité orale, 4 stigmates, bien petits, dont cependant rayonnent à l’intérieur du corps 4 riches faisceaux de trachées. Ce segment s’épanouit en un renflement gibbeux, qui se termine par une épine opposée à la dent qui porte l’anus et la plaque ou segment tergal. L’enveloppe du corps est toute parsemée de filières, qui prennent des dispositions spéciales tout près des stigmates. » Ces dispositions sont bien différentes de celles qui appartiennent à la laque des Indes (et pour lesquelles il ne faut pas suivre les détails qui ont été fournis par Carter), quoiqu'il soit possible de retrouver les homologies qui les relient entre elles. Il ne faut pas non plus s’en rapporter à certaines espèces de Carteria dernièrement nommées par M. Maskelle, et qui sont à reporter ailleurs. » J’appelle Gascardia le genre des cochenilles de la laque de Madagascar et Gascardia Madagascariensis l'espèce qui produit cette gomme laque. »