‹ Contribution à l'étude des greffes cutanées Quelques applications en chirurgie restauratrice de la faceChapitre 10 sur 21 · ANDRÉ · texte numérisé non relu

ANDRÉ

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1° L'’extrême finesse de leur aiguille permet, en réduisant au minimum le traumatisme de la peau, de pénétrer exactement à la profondeur voulue.

% Grâce à ces seringues, qu'on a parfaitement en main, la force dont on dispose facilite considérablement l'infiltration.

Un aide charge une seringue, tandis que l'opérateur pratique l'anesthésie avec une autre seringue. C’est pour cela que nous prévoyions deux seringues dans l'arsenal chirurgical.

Pour pratiquer cette anesthésie, qui aura pour rêle non moins important de tendre à décoller mécaniquement le greffon, il faut pousser l'injection non pas dans le tissu cellulo-graisseux, comme on a pu le faire pour le porte-greffe, mais dans les plans profonds du derme. Cette région de la peau est formée par un grand nombre de tractus fibreux assez denses, qui se laissent pénétrer difficilement par l'injection.

Le point essentiel de la technique consiste à pratiquer l'injection immédiatement au-dessous du derme, de façon à réaliser une sorte de décollement dermo-hypodermique, qui tende à créer une sorte de plan de clivage artificiel, et à soulever l’épiderme et le derme nettement au-dessus du plan de la peau avoisinante. Le derme et l’épiderme étant soulevés, la peau intéressée pâlit immédiatement; elle prend un aspect tomenteux, mamelonné, et présente de petites surélévations, circonscrites par des sillons circulaires : on dirait autant de petites vésicules rendues saillantes par le liquide qu’on vient d’injecter.

Quand l'injection est bien faite, épiderme et derme surélevés s'offrent, pour ainsi dire, au bistouri, et on n'éprouve aucune difficulté à faire sans rasoir le prélèvement du lambeau.

L'injection ne devra être arrêtée que lorsqu'on aura anesthésié une étendue de peau bien supérieure aux dimensions prévues pour le greffon à prélever : le plastron en feuille d’étain permettra au chirurgien de se renseigner sur ce point.

L’anesthésie terminée, on applique sur la peau ainsi préparée, le plastron en feuille d’étain, et, à l’aide de teinture d’iode non dédoublée et d'un petit pinceau stérilisé, on fait le tracé du futur greffon en tenant compte, toutefois, de la rétraction qui accompagne constamment l’excision du lambeau ; on peut augmenter d’un quart en étendue, les mesures données par le plastron.

Si la rétraction immédiate est considérable, l’élasticité du greffon permet de récupérer presque entièrement, lors de la mise en place, les dimensions primitives.

Le chirurgien procède alors à l’excision proprement dite. Le bistouri à lame assez large et uniformément mince, tenu à plat, excise franchement, suivant le tracé, et en dédolant, les tissus rendus saillants par l'injection : le lambeau ainsi détaché comprend l’épiderme et le derme.

Pendant cette dernière phrase de l'opération, l’aide a enlevé le pansement provisoire qui protégeait le portegreffe, de telle sorte que l'opérateur, dès qu'il a prélevé le greffon, n’ait qu’à procéder à sa mise en place immédiate sur la perte de substance qui ne présente plus le moindre suintement sanguin.

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Au cas où le greffon ne pourrait être appliqué immédiatement sur le porte-greffe, il y aurait intérêt à le plonger dans du sérum physiologique tiède, et à l'y maintenir jusqu’à ce qu'on puisse procéder à la mise en place. Il serait alors indispensable de le sécher avec des compresses stérilisées, avant de le mettre au contact du porte-greffe. L'aspect exsangue du lambeau, au moment où il est détaché, donne tout lieu de croire que l’injection préalable de liquide a déterminé en lui une ischémie assez complète, pour qu'il n’y ait pas lieu de le sécher avant de l'appliquer.

Il convient de noter que, par cette technique, le prélèvement du lambeau se fait toujours sans la moindre douleur.

AI: Temps.

Mise en place du greffon.

Si dans le tracé du lambeau, on a tenu suffisamment compte de la rétraction de celui-ci, la mise en place se fera très facilement, le greffon s'appliquant exactement par son pourtour aux bords du porte-greffe.

Il ne reste plus qu’à faire une couronne de points de sutures peu serrées, soit à la soie fine, soit à l’aide de crins de Florence extrêmement fins.

Dans le cas particulier d’ectropion cicatriciel de la paupière ou de la lèvre, il importera que la portion du greffon qui devra s'adapter au bord libre muqueux de la paupière ou de la lèvre soit plutôt ample : car il faut

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