LS AU
des mutilés traités selon cette méthode. Nous regrettons particulièrement de ne pouvoir reproduire ici les photographies qu'on a prises de ces blessés, à leur entrée à l'hôpital et à leur sortie : ce serait le témoignage le plus probant des remarquables résultats
obtenus.
Dans un premier chapitre, nous traiterons brièvement de l'historique de la méthode des greffes cutanées et tâcherons de faire ressortir les modifications successives qui ont élé apportées à cette méthode.
Dans un deuxième chapitre, nous exposerons la technique opératoire employée par M. Lemaître: technique différant de celle généralement employée jusqu’à ce jour par deux points essentiels :
1° L'emploi de l’anesthésie locale, au lieu de l’anesthésie générale.
*2 Le mode de prélèvement du lambeau:
Quelques considérations sur l’évolution du greffon suivront cel exposé.
Un troisième chapitre sera destiné aux observations.
Dans un quatrième et dernier chapitre, nous traiterons des indications el contre-indications de la méthode, ainsi que des résultats obtenus.
Avant d'entreprendre l'historique de la méthode, il nous à paru nécessaire de préciser ce que nous entendions par ce terme de « greffes cutanées ».
Fois
Dans sa thèse, aussi bien documentée qu’intéressante à consulter, notamment en ce qui concerne cette question de l'historique, Tizon définit la « greffe cutanée totale » : « La transplantation de lambeaux cutanés complets comprenant l'épiderme et le derme, mais privés de tout tissu cellulo-graisseux sous-cutané ».
Au point de vue histologique, les greffons ne doivent comprendre uniquement que l’épiderme et le derme, sans adjonction des plans superficiels de l'hypoderme : ce sont donc des greffes qu’on pourrait appeler dermoépidermiques totales, différant par ces caractères bien définis, et des greffes de Thiersch, et des greffes cutanées massives.
Les greffes de Thiersch, en effet, sont plutôt des greffes épidermiques, dans lesquelles le derme n'entre que pour une très faible part. |
Les greffes cutanées massives, au contraire, comprennent non seulement le derme et l’épiderme, mais aussi une partie de l’hypoderme. Elles ne sont, du reste, que rarement employées; tous les auteurs qui se sont occupés de greffes cutanées ayant reconnu, d’un commun accord, que l’hypoderme était impropre à l'adaptation des éléments sus-jacents. \
Cette dernière variété ne présente, d’ailleurs, pas grand intérêt : elle semble n'avoir été employée qu'autrefois tout à fait empiriquement, par certaines peuplades de l'Inde.