‹ Contribution à l'étude des greffes cutanées Quelques applications en chirurgie restauratrice de la faceChapitre 6 sur 21 · HISTORIQUE · texte numérisé non relu

HISTORIQUE

Les premiers essais de greffe cutanée semblent remonter, vers la fin du xviu siècle. Chez les Indiens de la tribu des Koumas, la loi condamnait les criminels à subir certaines mutilations de la face : pour combler les pertes de substance résultant de ces mutilations, les parents des condamnés prélevaient sur la cuisse de ces sujets, des lambeaux de peau, chez lesquels ils provoquaient préalablement une hypérémie par flagellation.

Ce n’est guère qu’un siècle plus tard, en 1872, que le chirurgien français Lefort tente timidement d’ériger ce procédé en méthode, et publie deux cas de blépharoplastie par grefles cutanées. Aussitôt après, cette méthode ayant été abandonnée en faveur des greffes d'Ollier et Thiersch, à faut arriver à Wolfe, chirurgien écossais, et à Wadeworth, de Boston, pour voir quel-

ques nouvelles tentatives.

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Vingt années plus tard, Krause, commence à appliquer systématiquement la méthode. Ce chirurgien rapporte, en 1895, à la Société de chirurgie de Berlin, un chiffre imposant d'observations de malades traités par les greffes cutanées. En un mémoire très détaillé, il expose égalemént les grandes lignes de la méthode qu'il emploie. Comme Wolfe, cet auteur estime « qu’en raison de la rétraction que présente le lambeau, une fois qu'il est coupé, il faut le choisir d’un tiers plus grand que la perte de substance à recouvrir ». D'autre part, il ne fixe point le greffon, qui « doit être enchatonné, dit Wolfe, comme un verre de montre en sa monture métallique ».

La méthode est remise en honneur en France, par le professeur Dubreuilh, de Bordeaux. Après quelques observations de greffes cutanées totales publiées dans la thèse de Monis, en 1904, et dans celle de Tizon en 1911. Dubreuilh nous expose lui-même la méthode qu'il emploie, dans la Revue de Chirurgie de 1911. Deux points différencient cette méthode de celle de Krause.

Dubreuilh prend un lambeau plus petit que la perte de substance à combler; et d’autre part, il emploie des « crins de cheval » pour suturer le greffon : « Celui-ci ne couvrira que la partie médiane de la surface à restaurer : les sutures, en l'étirant, lui permettront de combler complètement®la perte de substance » en même temps qu’elles empêcheront tout glissement.

Cet auteur préconise également l'emploi d'un plastron de gaze pour faire le tracé du lambeau.

Notons que c'est avec Dubreuilh, que pour la premivre fois, les greffes cutanées s'accompagnent de sutures.

Moresiin, en 1913, publie dans les Bulletins et Mémoires de la Sociélé de Chirurgie de Paris, une observalion de malade qu'il a opéré d’un lupus du front propagé à l’angle interne de l'œil gauche et à la paupière supérieure gauche.

« Après excision des tissus malades, j'ai pratiqué, dit-il, une blépharoplastie partielle par greffe cutanée libre ». A la face interne du bras gauche du sujet, il prélève un fragment de peau ayant la forme et les dimensions de la brèche à combler. La greffe ayant tendance à se recroqueviller, pour la « fixer, l’étaler » sur la surface cruentée, il place quelques points de sou- Hien tous situés au niveau d’un seul de ses bords, afin d'éviter « des tiraillements et de permettre à la greffe de s'appliquer d’une façon très exacte sur le fond de la plaie ». Dans ce cas, Morestin dit avoir obtenu d’heueux résultats : la restauration palpébrale ayant été réalisée dans d'excellentes conditions. Il insiste néanmoins sur les difficultés que présente ce procédé et « la vitalité toujours incertaine de ces lambeaux sans pédicule ».

La même année, Rigollot-Simonnot fait paraître dans le Paris Chirurgical, une observation de malade auquel il a fait la transplantation totale d’un lambeau cutané non pédiculisé pris à la cuisse, après excision d’un ulcère variqueux.

Nous signalons pour mémoire les « quatre cas de

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greffes épidermiques autoplastiques ou homoplastiques tentés par Descarpentries », et sur lesquels à paru un rapport de Morestin dans les Bullelins et Mémoires de la Société de Chirurgie de Paris de 1914. Ces greffes n'auraient pas donné à l’auteur de résultats appréciables.

En 1918, Moreau publie dans le Paris Médical, deux cas de greffe cutanée pour plaies étendues : brûlure de ‘la jambe et vaste escharre de la fesse d'origine quinique.

Tout récemment, M. Morax, dans une communication qu'il a faite à Londres, expose un procédé de restauration des sourcils par greffes cutanées prélevées sur la région occipitale. Cette intervention est basée sur le principe de la survie des bulbes pileux transplantés dans un lambeau. « Un de mes opérés, dit l'auteur, est obligé de se faire tailler les sourcils comme les cheveux. »

Ces résultats, très intéressants, sont à mettre en parallèle avec une publication de Morestin, parue dans les Bulletins et Mémoires de la Sociélé de Chirurgie de Paris, et intitulée « La reconstitution du sourcil ». « J'ai essayé une fois, dit Morestin, le procédé de la transplantation libre de fragments cutanés pris sur les territoires pileux, mais je n’ai pas obtenu de résultat bien encourageant. »

‘ Tartois, dans sa thèse parue en 1918, expose un nouveau procédé de blépharoplastie sans pédicule, imaginé par M. Dantrelle. Pour combler la perte de substance résultant de la réduction de l’ectropion cicatriciel de la paupière inférieure, M. Dantrelle prélève sur la pau-

pière supérieure du côté opposé, un greffon de mêmes

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