EURE
sesse normale. L'utérus augmente de volume, le col se ramollit ; mais au toucher, l’on peut sentir une tumeur juxta-utérine dans un des culs-de-sac du vagin. Après quatre mois et demi on constate les signes de certitude de lagrossesse : ballottement abdominal, perception des mouyements actifs, battements du cœur du fœtus avec leur rythme habituel. Mais au milieu de ces symplômes qui nous permettent d'affirmer une grossesse, nous observons un groupe de phénomènes particuliers un peu anormaux :
On a signalé, en même que des troubles fonctionnels plus où moins accusés, des accidents péritoniques apparaissant à la fin du premier ou du deuxième mois et pouvant survenir au cours de la gestation, des écoulements sanguins, tantôt séreux, sanguinolents et de longue durée, tantôt rouges, abondants et de courte durée. Mais ne faut pas oublier, comme l’a fait si justement remarquer M. le professeur Pinard « qu'une grossesse ectopique peut évoluer silencieusement jusqu’à terme sans déterminer le moindre accident, ni le moindre trouble fonctionnel ». Dans ces conditions, les symptômes spé- -ciaux à cette variété de grossesse doivent être recherchés méthodiquement et avec le plus grand soin. Dans les premiers mois, on peut reconnaitre que l'utérus a une forme spéciale, qu’il est développé seulement d’un côté, qu'il est fusiforme et relié par une bande de tissu ferme à une tumeur parfaitement mobile qui semble être la corne du côté op-
posé. Dans la seconde moitié de la grossesse, les
signes se précisent : Le col est déplacé en avant et en haut le plus souvent, son ramollissement est moins accusé, moins complet que dans la grossesse utérine. La tumeur à l’état de gravidité, ovoïde, à grand axe vertical, mobile, s'appuie sur une tumeur plus petite, de la consistance d’un utérus et se continuant avec le col. Au cour du palper et du toucher cambinés on peut sentir cette petite tumeur se contracter.
. Dès lors, l’on est en droit de penser à une grossesse extra-utérine. L’hystérométrie de la corne bien développée montre son hypertrophie. Ce cathétérisme peut être non seulement instrumental, mais digital, comme le préconise Tarnier. Le curettage ramène des lambeaux de caduque. Le fœtus est difficile à palper, il est recouvert par une paroi musculaire. Devons-nous insister sur ce signe ? Nous répondrons non, nous basant sur l'opinion de, M. le professeur Pinard au sujet des grossesses extrautérines : « Je n’ai jamais été frappé de celte superficialité des parties fœtales. Le plus souvent je les ai rencontrées profondément situées et il m'est arrivé maintes fois de les sentir plus facilement dans les grossesses utérines que dans les grossesses extrautérines. » La mobilité sur laquelle Landau insiste n’a qu'une faible valeur, le pédicule étant souvent très court.
C'est grâce à la palpation d'un pédicule que le diaunostic a été posé dans les cas 6,7, 8 de la thèse de Kehrer. Dans ces cas, le pédiucle de liaison des
deux cornes, était inséré en bas, plus près du col que du fond et avait été senti par le palber bimanuel, vaginal ou rectal. L’applicalion d’une pince sur le col que l’on attire vers la vulve, rend cet examen plus facile. Ce pédicule peut-être reconnu même par le toucher utérin comme dans le cas 10 de la thèse de Kehrer : « Le doigt introduit dans l'utérus perméable et vide sentait des parties fœtales dures comme de la pierre dans une poche munie d’un pédicule s’insérant près de l'orifice interne du col.
Si l’on peut isoler l’utérus par le palper, l’implanlation des annexes peut constiluer un signe caractéristique (cas 11,12, 13) de la thèse de Kehrer. Dans ces cas, non seulement, l'on avait senti le pédicule, mais on avait perçu, oblique en bas et en dehors, le ligament rond, hypertrophié, roulant sous ie doigt et s’insérant très loin de la moitié vide de l’utérus, à la partie anléro-externe de la tumeur. C’est sur ce seul signe d’une très grande valeur que reposait le diagnostic dans le cas 5 de la thèse de Kehrer.
Nous terminerons cette étude symptomatologique par un signe qui permet d'affirmer l'existence d’une grossesse dans une corne accessoire : c’est {a perceplion de contractions saisies au cours d'un palper. Malheureusement, le palper est souvent difficile. L'état général de la femme est mauvais, elle est fébricitante, son abdomen est douloureux spontanément et à la palpation par suite des irritations péritonéales. Dans le cas 9 de la thèse de Kehrer on peut sentir les contractions rythmiques de la corne
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qui contenait le fœtus en introduisant le doigt dans la moitié vide. Dans l'observation qu’il rapporte, Cohn de Bukarest dit : « On surprend, fait très important, de temps en temps, sous la main exploratrice, une contraction de la tumeur qui durcit et se relâche aussitôt sans être accompagnée de douleurs. »
Quant à la radiographie, même dans les cas avancés de grossesse ectopique, elle n’a pu donner de renseignements.
Les signes se modifient après la mort du fœtus. D'abord, il y a disparition des signes subjectifs et objectifs, la tension intra-kystique est permanente el exagérée ; à travers la paroi abdominale, on peut facilement sentir la crépitation osseuse produite par le chevauchement des os du crâne les uns sur les autres. Les menstrues elles-mêmes réapparaissent avec leur périodicité et leurs caractères habituels. Il n'y a plus grossesse mais kyste fætal comme l’a si bien fait remarquer M. le professeur Pinard.