TRAITEMENT
Toute grossesse extra-utérine diagnostiquée commande l'intervention chirurgicale a dit M. le professeur Pinard. Cette formule renferme tout le traitement des grossesses développées dans une corne utérine rudimentaire ou non. Le pronostic opératoire de ces grossesses est plus favorable que dans les grossesses ectopiques, car le placenta peut être extirpé en même temps que le sac fœtal.
L'intervention de choix, c’est la /Zaparotomie médiane permettant l’ablation de la tumeur à la façon d’un kyste de l’ovaire, après ligature du pédicule.
Dans le cas que nous avons observé, le pédicule large a pu être lié facilement au niveau du ligament infundibulo-pelvien et au niveau du ligament large par des fils en U. L’hémostase a été complète. La section du pédicule a été faite le plus loin possible de la corne principale de manière à traumatiser le moins possible l’utérus, pouvant devenir le siège de nouvelles grossesses. C’est ce qui explique pourquoi nous n’avons pu obtenir l'examen histologique du
pédicule très court et absolument absenl sur la tumeur enlevée.
L'hémostase n’est pas toujours aussi facile et dans certains cas, l’hémorragie persistant, on a dû pratiquer l’amputation sus-vaginale ou l’hystérectomie totale.
Mais doit-on toujours opérer ? Oui. Si le diagnostic est fait dans les premiers mois, en raison des dangers de la rupture vers le quatrième ou le cinquième mois.
Si l'enfant est âgé de plus de six mois, il faut attendre, surveiller la femme et se tenir prêt à intervenir, il faut suivant l’heureuse expression de Rein au Congrès international d’'Obstétrique et de Gynécologie de Bruxelles « faire de la chirurgie obstétricale absolument conservatrice ».
S'ilexiste des craintes de rupture ou de transformation purulente, l'intervention est indiquée.
Lorsque l’enfant est mort depuis quelques jours seulement, il ne faut point intervenir, l'on exposerait ainsi la mère à tous les dangers de l’hémorragie, il est préférable d'attendre la cessation de la vascularisation placentaire, cessation quiest toujours complète à la fin du deuxième mois après la mort du fœtus.
Le kyste est-il transformé en lithopédion ? Il faut encore intervenir, car cette tumeur peut s’enflammer, suppürer et donner lieu à des complications mortelles.
Dans le cas où le sac fœtal est enclavé dans le
bassin, on préférera lélytrotomie en agissant très prudemment pour ne point blesser l’uretère (comme dans le cas de Schramm).
Souvent la paroi kystique présente des adhérences nombreuses avec les organes voisins. Dans ces cas, il vaut mieux pratiquer la marsupialisation du kyste que l’on enlève en partie et dont l’on suture le bord à la paroi abdominale. L’élimination au placenta se fait du dixième au vingtième jour. La résorption du kyste fœtal est généralement rapide. Enlever tout le kyste est plus chirurgical, mais certainement moins prudent, Pinard.