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4 janvier 1909. — Elle rentre de nouveau à l'hôpital dans le même état. Après examen, M. Potocki porte définitivement le diagnostic de kyste fœtal contenu dans une corne utérine sans communication avec l'exterieur et fixe la date de l'intervention au 9 janvier. |
9 janvier, 1909 à 10 heures du matin. — Opération par M. Potocki. Après incision de la paroi abdominale,on tombe sur une tumeur volumineuse présentant l’aspect d’un utérus gravide de forme régulière, légèrement ovalaire ; sur le côté gauche de cette tumeur, aboutissent le ligament rond et la trompe avec son-ovaire qui est sessile et semble greffé directement sur la tumeur, On agrandit l’incision primitive pour énucléer cet utérus gravide et on peut voir en arrière et à droite de celui-ci le petitutérus que l’on sentait dans le cul-de-sac latéral droit au cours de l'exploration clinique. Deux clamps sont placés sur le ligament infundibulo-pelvien et sur le ligament large. On sectionne ces deux pédicules en pratiquant la ligature de chacun d'eux par des catguts. La tumeur est enlevée très facilement. L'hémostase est complète. L'utérus, d'apparence normale, est laissé en place. Le ligament large droit est augmenté de volume. La trompe et l'ovaire du même côté sont normaux. On ne draine pas. On fait un surjet au catgut sur le péritoine. Des catguts séparés sont placés sur le muscle droit et des crins de Florence sur la peau. Dans la soirée, on pratique des injections diverses. (Sérum artificiel 500 grammes, caféine, huile camphrée).
9 janvier, 4 heures du soir. — Température, 37°3, pouls, 100. L'opérée très calme n’a eu que deux vomissements pen-
dant la nuit.
10 janvier, 8 heures du matin. — Température 3803, pouls,
120. Dans la journée, la malade boit de l'eau glacée et ne vomit pas. À 4 heures du soir, température 38°3, pouls, 120. Trois vomissements pendant la nuit. Sous l'influence de 2 Piqûres de morphine, l'une à 5 h. 15, l'autre à 10 h. 30 (un quart de seringue de Pravaz (1 cmc.) d’une solution à 2 0/0) la malade dort bien.
11 janvier, matin. — Température 3706, pouls, 100.
L'état général est bon. Les urines sont abondantes. Cependant, on fait un litre de sérum artificiel.
À 4 heures, température, 38 degrés, pouls, 100.
La malade accuse une grande fatigue.
12 janvier, matin. — Température, 375, pouls, 112.
Dans la nuit, elle dort peu, ses urines sont moins abondantes et beaucoup plus rouges. Elle est très abattue.
13 janvier, matin. Température, 37°7, pouls 112.
Les urines sont foncées. La malade présente de la dyspnée avec suffocation. Elle ne souffre pas, mais elle tousse et crache beaucoup. On remarque un subictère très léger. On lui applique sur la poitrine un cataplasme sinapisé et on lui pose des ventouses sèches. On la purge avec de l’eau de Sedlitz. Le soir, vers 5 heures, température 3904, pouls, 152. 48 respirations à la minute. Nouvelle application de ventouses. Le facies de la malade est animé. Les pommettes sont rouges, surtout la droite. Le sommet du poumon droit percuté avec soin présente une légère submatité. À l’auscultation, on constate un affaiblissement du murmure vésiculaire. La présence du pansement empêche la percussion et l'auscultation des bases. On porte le diagnostic de congestion pulmonaire. Pigments biliaires dans
les urines, 14 janvier, matin. — L'état général s'améliore. La respira-